CONSTANTIN BRANCUSI (1876-1957)
Madame L.R. (Portrait de Mme L.R.)
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- €29,185,000 (Set Currency)
- ($37,623,104)
Estimate
- €15,000,000 - €20,000,000
- ($19,165,202 - $25,553,602)
Sale Information
- Sale 1209 —
- Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé
- 23 - 25 February 2009
- Paris
Special Features
Lot Description
CONSTANTIN BRANCUSI (1876-1957)
Madame L.R. (Portrait de M
bois de chêne sculpté
Hauteur: 117.1 cm. (46 1/8 in.)
Exécuté vers 1914-17
Special Notice
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Provenance
Fernand Léger, Paris (échange avec l'artiste).
Nadia Léger, Biot (par descendance).
Galerie Tarica, Paris (acquis auprès de celle-ci).
Acquis auprès de celle-ci par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, vers 1970.
Pre-Lot Text
Constantin Brancusi doit son exceptionnelle notoriété principalement à ses sculptures en pierre et en bronze qui, taillées ou moulées, lisses et polies à la perfection, représentent des formes idéalisées et transcendantes. Le grand public connaît peu ses oeuvres en bois, beaucoup moins nombreuses et qui, au début, furent assez mal reçues, au point d'être rejetées par les collectionneurs privés qui les trouvaient atypiques par rapport à celles aux lignes épurées qui faisait la célébrité du sculpteur.
Madame L.R (Portrait de M
Il est difficile d'évaluer exactement le nombre de sculptures en bois réalisées par Brancusi, car certaines ont été démantelées, recomposées ou détruites, mais on estime aujourd'hui qu'il subsisterait une trentaine de sculptures ou fragments de sculpture. La plupart d'entre elles ont été exécutées entre 1913 et 1925, période durant laquelle Brancusi réalise également des socles en chêne pour y poser ses oeuvres en marbre ou en bronze. Bien qu'il ait produit quelques grandes sculptures en bois après les années 1920 et continué de faire des socles, ce sont les oeuvres des premières années qui demeurent les plus étonnantes. Commencées à une époque où le sculpteur avait déjà élaboré son vocabulaire de formes idéalisées en marbre - rappelons que La muse endormie I (fig. 2) date de 1909-10, la première Maïastra, de 1910-1912 (The Museum of Modern Art, New York), et la première Mademoiselle Pogany de 1912 (Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris), les sculptures en bois révèlent un retour inattendu à une esthétique primitive, que l'on remarque plus tôt dans son oeuvre et notamment dans Le Baiser (Bach, no. 79), et à une facture plus brute et moins aboutie
Parmi les premières sculptures en chêne qui subsistent de nos jours, il convient de citer la Tête d'enfant (Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris) - tête qui provient d'une première oeuvre initialement intitulée Le premier pas, de 1913 -, L'enfant prodigue (1914-1915; Philadelphia Museum of Art), Madame L.R. (Portrait de M
Malgré les apparences, les oeuvres en bois ont généralement été taillées dans un unique bloc de bois. Toutefois, utilisant comme matière première des poutres en chêne récupérées, Brancusi pouvait difficilement y reproduire la continuité des lignes et la perfection du modelé poli de ses oeuvres en pierre. Telle n'était d'ailleurs pas son intention, car son inspiration obéissait, semble-t-il, à d'autres impératifs. Brancusi a toujours défendu l'idée que la nature du matériau dictait les formes de ses sculptures, et le bois ne faisait pas exception à la règle. Il lui a permis en tout cas de créer un nouveau répertoire d'images et de forces spirituelles inspiré par sa connaissance de l'art africain.
Madame L.R. (Portrait de M
Si Constantin Brancusi a pu émettre des réserves quant à l'influence de l'art africain sur ses créations, il n'en reste pas moins que Madame L.R. (Portrait de M
Les modèles africains proposaient aux sculpteurs occidentaux de nouveaux canons de représentation. De ce point de vue, il convient de noter aussi que Brancusi préfère le bois naturel au bois peint, choix qui, pour lui, correspond probablement à sa doctrine de "fidélité au matériau", ainsi qu'aux exemples africains. Même si d'autres sculpteurs européens comme par exemple Amedeo Modigliani, Jacques Lipschitz, Jacob Epstein et les expressionnistes allemands Ernst Ludwig Kirchner (fig. 5) et Karl Schmidt-Rottluff se sont intéressés à l'art africain, ils restaient fidèles aux traditions européennes en matière d'art religieux et populaire peignant généralement leurs sculptures en bois. En outre, l'anatomie de leurs figures est restée assez européenne et naturaliste alors que, pour ce qui est de Brancusi, et en particulier des deux sculptures dont nous parlons, l'absence de bras, la stylisation des coiffures et des traits du visage, les procédés rythmiques qui gonflent, amincissent ou creusent les silhouettes, les proportions distendues et les appendices marqués, striés ou en balustrade sont autant de caractéristiques qui renvoient de façon assez probante à l'art africain (fig. 6).
Plus précisément, la tête et le cou de Madame L.R. (Portrait de M
Brancusi a rarement divulgué ses sources, et cela vaut aussi pour ses relations avec l'art africain. Néanmoins, il était certainement confronté à cet art très en vogue à Paris à l'époque, et dont il pouvait voir des exemples dans des musées ou chez certains collectionneurs. Ses commentaires, rares mais pertinents, montrent en effet sa familiarité avec la sculpture africaine et son respect pour ses techniques, ainsi que pour "l'instinct et la foi" des cultures d'Afrique. Il a d'ailleurs exprimé, à l'occasion, son affinité pour toutes les formes de "primitivisme" artistique, y compris celles des "Noirs"
Il semble donc paradoxal que Brancusi décide de qualifier cette sculpture de "portrait" d'une connaissance. Certes, ses portraits n'ont jamais été des portraits au sens strict du terme mais bien plutôt des représentations sublimées ou "épurées", parfois à partir d'une étude réaliste d'une personne existante, mais c'étaient le plus souvent des inventions issues de son imagination. Parmi les portraits de femmes connues, on citera sa Muse endormie de 1909-1910, qui fut d'abord un portrait de la baronne Renée Irana Frachon, et Mademoiselle Pogany, commencée en 1912 sous la forme d'un portrait de Margit Pogany, jeune Hongroise étudiante en beaux-arts. Ces premiers portraits ont toujours gardé quelques traits distinctifs du modèle de départ, comme le long visage fin et le nez aquilin de Renée Frachon, ou les grands yeux et le chignon en spirale de Margit Pogany.
Dans les portraits plus tardifs, les traits s'estompent, de même que les références au modèle, mais ils demeurent néanmoins présents. Des photographies de l'époque montrent, par exemple, le large visage oval d'Eileen Lane (Portrait de M
Brancusi a rencontré Léonie Ricou (1875-1928), qu'on pense habituellement être la "L.R." du titre de notre sculpture, vers 1908-1910 (fig. 8). Parisienne cultivée divorcée, pleine d'entrain, Ricou a tenu salon au coeur de Montparnasse, au 270 boulevard Raspail, entre 1908 environ et le début de la Première Guerre Mondiale. Elle y recevait des poètes et des écrivains, parmi lesquels figuraient Guillaume Apollinaire, Alexandre Mercereau, Paul Fort, Giuseppe Ungaretti, et divers artistes dont Pablo Picasso, Gino Severini, Umberto Boccioni, Julio González, Amedeo Modigliani, Constantin Brancusi et beaucoup d'autres. Selon des témoins oculaires, elle possédait une remarquable collection qui fut vendue après sa mort. Composée d'oeuvres offertes ou achetées, celle-ci comprenait probablement plusieurs sculptures par Brancusi et un portrait à la gouache.
Les lettres de Ricou à Brancusi, conservées dans les archives Brancusi à la bibliothèque Kandinsky - Centre Georges Pompidou, Paris (cent soixante-quinze lettres, cartes postales, cartes de visite, en majorité non datées, mais toutes écrites entre 1914 et 1921), laissent penser que leur relation n'a jamais dépassé le stade de l'amitié cordiale fondée sur l'admiration infinie que Ricou portait à l'homme et à son oeuvre. Elles montrent aussi que Ricou résida peu à Paris durant la période concernée, étant "en exil", comme elle le dit elle-même, à cause de la guerre. Elle fait bien quelques allusions à des oeuvres qu'elle a vues ou qui pouvaient être en sa possession, mais elle ne mentionne jamais Madame L.R. (Portrait de M
Madame L.R. (Portrait de M
Relativement peu nombreuses et peu visibles, les sculptures en bois de Brancusi ont eu un destin critique très différent de celui du reste de son oeuvre. Les premiers collectionneurs, en majorité américains, préféraient - nous l'avons dit - ses sculptures en marbre. En décembre 1917, Brancusi propose Madame L.R. (Portrait de M
Il est clair que les oeuvres en bois ont été éclipsées par celles en marbre poli et en bronze, parce qu'elles sont plus difficiles d'accès, mystérieuses et même inquiétantes dans le contexte général de l'oeuvre du sculpteur. C'est peut-être la raison pour laquelle leur public a été plus restreint, se limitant aux artistes, aux intellectuels et aux vrais connaisseurs. En dehors de l'exemple d'Henri-Pierre Roché et de Quinn, Marcel Duchamp, de son côté, a persuadé le couple Louise et Walter Arensberg, ainsi que Katherine Dreier
Ce petit rappel historique explique que la majorité des sculptures en bois de Brancusi se trouvent aujourd'hui dans des institutions publiques, ayant été soit léguées à des musées américains (ou achetés par eux), soit (pour celles restées dans son atelier), léguées à la France où elles sont aujourd'hui conservées au Musée National d'Art Moderne - Centre Georges Pompidou, à Paris. En un sens, grâce à Fernand Léger, Madame L.R. (Portrait de M
Les oeuvres en bois complètent et enrichissent l'ensemble de la production de Brancusi en lui apportant une complexité supplémentaire. Par opposition aux images sublimées de ses sculptures en marbre qui évoquent les rêves et les désirs humains inaccessibles, l'iconographie de ses sculptures en bois s'appuie sur d'autres mythes et d'autres réalités. Leurs titres, d'ailleurs - comme Chimère (1915-1918; The Philadelphia Museum of Art), Socrate (1921-1922; The Museum of Modern Art, New York), ou Le Roi des Rois (également connu sous le nom de L'Esprit du Bouddha, 1938[?]; fig. 10) - semblent faire écho à des "figures ancestrales" venues d'autres lieux et d'autres temps.
Finalement, par leur liberté, leur invention et même leur facture grossière, ces oeuvres en bois sont essentielles pour bien comprendre Brancusi. D'un point de vue formel et même métaphysique, elles font contrepoint à son style transcendant. Elles aident aussi à comprendre l'impérieuse nécessité des socles en chêne grossièrement taillés, qu'il commence à produire à la même époque et qui créent une tension par la contradiction qu'ils introduisent avec les oeuvres en marbre et en bronze qu'ils portent. Tandis que les oiseaux dans l'espace incarnent l'idéal humain de l'envol en apesanteur, de la pure spiritualité et de la lumière radieuse, les sculptures et les socles en chêne expriment d'autres forces vitales inhérentes à la nature humaine: Les mystères obscurs de l'instinct et de l'imagination, et la sagesse de la terre.
Par Margit Rowell, novembre 2008.
Ce texte a été traduit de l'anglais.
Notes :
Literature
I. Jianou, Brancusi, Paris, 1963, p. 100 (daté '1916').
S. Geist, Brancusi. A Study of the Sculpture, Londres, 1968, p. 221, no. 93 (illustré, p. 53; daté '1916').
K.J. Michaelsen, "Brancusi and African Art", in Art Forum, no. 3, vol. X, novembre 1971, no. 11.
S. Geist, Brancusi: The Sculpture and Drawings, New York, 1975, no. 93 (illustré, p. 72; dimensions erronées).
Paris-New York, catalogue d'exposition, Paris, Centre Georges Pompidou, 1977, pl. 16 (illustré).
I. Jianou, Brancusi, Paris, 1982, p. 105, no. 106 (daté '1915').
R. Varia, Brancusi, New York, 1986, p. 195 (illustré en couleur, pp. 193-194; daté '1914-18').
P. Hulten, N. Dumitresco et A. Istrati, Brancusi, Paris, 1986, p. 288, no. 81 (photographie d'atelier illustrée, pp. 99 et 288).
F.T. Bach, Constantin Brancusi, Metamorphosen Plastischer Form, Cologne, 1987, p. 448, no. 134 (photographie d'atelier illustrée, pl. 173).
A.-F. Penders, Brancusi: L'oeuvre photographique, les débuts-les influences-l'atelier, thèse de doctorat, Bruxelles, 1989-1990, pp. 92 et 93.
"Brancusi", in Beaux Arts Magazine, h.s., no. 111, 1995 (illustré en couleur).
"Collections de couturiers", in L'Oeil, no. 478, janvier-février 1996, p. 78 (illustré en couleur).
L'Ecole de Paris 1904-1929, la part de l'autre, catalogue d'exposition, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 2000, p. 328, no. 172 (illustré en couleur, p. 172).
D. Lemny, La dation Brancusi, catalogue d'exposition, Paris, Centre Georges Pompidou, 2003, p. 211.
J. Coignard, "Chez Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, in Connaissance des Arts, no. 634, janvier 2006, p. 49 (illustré en couleur).
Exhibited
Munich, Haus der Kunst, Weltkulturen und moderne Kunst. Die Begegnung der europäischen Kunst und Musik im 19. und 20. Jahrhundert mit Asien, Afrika, Ozeanien, Afro-und Indo-Amerika, juin-septembre 1972 (h.c.).
New York, The Museum of Modern Art; Detroit Institute of Arts et Dallas Museum of Art, "Primitivism" in 20th Century Art: Affinity of the Tribal and the Modern, septembre 1984-septembre 1985, p. 351, no. 9 (illustré en couleur, p. 353).
Paris, Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou et Philadelphia Museum of Art, Constantin Brancusi 1876-1957, avril-décembre 1995, p. 146, no. 40 (illustré en couleur; photographies d'atelier illustrées, pp. 147 et 170).
Paris, Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent, Yves Saint Laurent, dialogue avec l'art, mars-octobre 2004, p. 51 (illustré en couleur, p. 50).
Post-Lot Text
'MRS L.R. (PORTRAIT OF MRS L.R.)'; CARVED OAK.
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The unique reputation of Constantin Brancusi is built primarily on his works in stone and bronze. These sculptures, carved or cast, smooth and polished to perfection, represent idealized, transcendent forms. Less known to the general public is the much smaller corpus of works in wood. In fact, the misperceptions concerning the wood sculptures were such, in the early years, that Brancusi's private collectors shunned them, finding them uncharacteristic in relation to his more famous streamlined style.
Madame L.R. (Portrait of Mme L.R.) is a magnificent example of Brancusi's earliest sculptures in wood, which present a material and a carving technique, an iconography and an intention that are indeed far removed from his more typical production. Whereas, to take for example, his most famous motif, L'oiseau dans l'espace (fig. 1), is soaring, spiritual, and almost immaterial, the wood sculptures are solid, grounded and mysteriously enigmatic. They are no less essential to the appreciation and understanding of his oeuvre.
It is difficult to say how many works in wood Brancusi produced in that some were dismantled, remodeled, or destroyed. But it is safe to suggest that there are about thirty sculptures or fragments of sculptures extant today. The major portion of these works was realized between 1913 and 1925, a period during which Brancusi also began carving oak bases for his pieces in marble or bronze. Although he executed a few large wooden sculptures after the 1920s and continued to make bases, it is the works from the early years that are the most surprising. Initiated at a time by which Brancusi had already begun to develop his vocabulary of idealized forms in marble (we recall that La Muse endormie I is dated 1909-10 (fig. 2), the first Maïastra (1910-12; Museum of Modern Art, New York), and the earliest Mademoiselle Pogany dates from 1912; Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris), the wood sculptures show an unexpected return to a primitive aesthetic, such as seen earlier in works like Le Baiser, and a cruder and less finished carving style
The earliest sculptures in carved oak that are extant today include the head remaining from Brancusi's earliest piece, Le premier pas of 1913, now known as Tête d'enfant (Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris) L'enfant prodigue (1914/15; Philadelphia Museum of Art), Madame L.R. (Portrait de M
Despite appearances, the wood pieces were generally carved from a single piece of wood. Since the raw material was salvaged oak beams, it would have been difficult for Brancusi to achieve the continuous lines and polished perfection of his stone works, nor was this his intention. It seems that he was obeying other inspirational imperatives. Brancusi always claimed that his forms were dictated by the nature of his material, and wood was no exception. It would inspire a renewed repertory of images and spiritual forces, familiar to him through his knowledge of African art.
Madame L.R. (Portrait de M
Although there is some controversy as to whether Brancusi was genuinely interested in African art, many aspects of Madame L.R. (Portrait de M
African models proposed new canons of representation for Western sculptors. Brancusi's use of natural as opposed to painted wood is also worth noting in this context. For Brancusi, it probably corresponded to his "truth to materials" doctrine, but was reinforced by African examples. Although other European sculptors also looked toward African art, among them Amedeo Modigliani, Jacques Lipchitz, Jacob Epstein and the German Expressionists Ernst Ludwig Kirchner (fig. 5) and Karl Schmidt-Rottluff for example, in many cases their European background and religious or folk art traditions encouraged them to paint their wooden sculptures. Also, the anatomy of their figures remained relatively European and naturalistic. Whereas in Brancusi's case, and in particular in the two figures under discussion, the absence of arms, the stylized coiffures and facial features, the rhythmic processes of swelling, thinning or hollowing the silhouettes, the distended proportions and scored, striated or "beaded" appendages, all these details emit a more forceful echo of African art (fig. 6).
More specifically, the head and neck of Madame L.R. (Portrait de M
Brancusi rarely divulged his sources, and this is also true as concerns his relation to African art. His exposure to it seems inevitable, due to the fascination for this art in Paris during these decades, the collectors he knew, and the museums he visited. His rare but pertinent comments manifest his familiarity with African sculpture and his respect for African carving techniques, as well as for the "instinct and faith" of African cultures. He further expressed on occasion his affinities for all forms of artistic "primitivisms" including that of "the blacks"
It therefore appears paradoxical that Brancusi would designate this sculpture as a "portrait" of an acquaintance. Yet Brancusi's portraits were never portraits in the strict sense of the term. Instead they were sublimated representations, sometimes distilled from a more realistic portrait study of a real person, but often an invention of his imagination. Among those that began as portraits of women he knew are his Muse endormie of 1909-10, started as a portrait of the Baroness René Irana Frachon, and Mademoiselle Pogany, begun in 1912 as a portrait of a young Hungarian art student, Margit Pogany. These early portraits always retained some distinguishing features of the model: the long thin face and aquiline nose of Rene Frachon, and the large eyes and bun-like chignon of Margit Pogany provide excellent examples.
As time went by, in later portraits, the features were smoothed and the reference as well, but they remained present nonetheless. Photographs from the period show Eileen Lane's wide oval face (Portrait de M
Léonie Ricou (1875-1928) who is usually identified as the "L.R." in the title of our sculpture, was a woman Brancusi met in approximately 1908-10 (fig. 8). A cultivated Parisian and lively divorcée, Ricou had a salon in the heart of Montparnasse, at 270 boulevard Raspail, from around 1908 to the outbreak of World War I. Here she entertained poets and writers, among them Guillaume Apollinaire, Alexandre Mercereau, Paul Fort, Giuseppe Ungaretti, and artists including Pablo Picasso, Gino Severini, Umberto Boccioni, Julio Gonzalez, Amedeo Modigliani, Brancusi and many more. According to eyewitness reports she had a remarkable collection that was sold after her death. Consisting of gifts and purchases, it presumably included several sculptures by Brancusi and a gouache portrait.
Ricou's letters to Brancusi in the Brancusi Archives at the Bibliotheque Kandinsky/Centre Georges Pompidou (175 letters, postcards, visiting cards, mostly undated, but situated between 1914 and 1921) suggest that their relationship was never more than a warm friendship based on her infinite admiration for the man and his art. They also indicate that Ricou was away from Paris during much of that period, "in exile" as she put it, due to World War I. Although there are some allusions to works she has seen or might own, there is no reference to Madame L.R. (Portrait de M
Mrs. Ricou never owned Madame L.R. (Portrait de M
In view of the relatively small body of work and its limited visibility, the critical destiny of Brancusi's wood sculptures is very different from that of the rest of his oeuvre. As already mentioned, his early collectors, most of them American, preferred the marble sculptures. In December 1917, Brancusi proposed Madame L.R. (Portrait de M
Clearly the works in wood were overshadowed by the works in polished marble and bronze. The wood sculptures were more difficult, mysterious and even disquieting in the context of the total oeuvre. It is perhaps for this reason that their audience was more circumscribed, consisting of artists, intellectuals, and real connoisseurs. Aside from Henri-Pierre Roch, who worked with Quinn, Marcel Duchamp persuaded both the Walter Arensbergs and Katherine Dreier
As a result of this history of collecting, most of Brancusi's wood sculptures are in public institutions today: either bequeathed to or purchased by American museums, or, for those that remained in Brancusi's studio, bequeathed by the artist to the French State (now in the Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris). In one sense, Fernand Léger saved Madame L.R. from a similar destiny. In fact, it is one of two wooden sculptures still in private hands, and it is the earlier and more important of the two.
Brancusi's works in wood complete and enrich his oeuvre, rendering it infinitely more complex as an ensemble. In contrast to the sublime images of his marble sculptures that correspond to inaccessible human dreams and desires, the iconography of the wood sculptures draws on other myths and realities. Indeed, titles such as La Chimère (1915/18; The Philadelphia Museum of Art), Socrate (1921/22; The Museum of Modern Art, New York), or Le Roi des Rois (also known as L'esprit de Bouddha, 1938[?]; fig. 10) resonate as though referring to "ancestor figures" from other places and times.
Finally, the freedom and invention and even the crudeness of these works in wood are essential to an understanding of Brancusi. Formally, and metaphysically, they exist as a counterpoint to his transcendent style. This helps to explain the imperious necessity in his eyes for the roughly carved oak bases that he started making at approximately the same time, and that create a tension through contradiction with the works in marble and bronze. Whereas the birds in space incarnate the human ideal of soaring weightlessness, pure spirituality, and radiant light, the carved oak sculptures, and the bases, embody other vital forces that are inherent to human nature: The obscure mysteries of the instinct and imagination, and the wisdom of the earth.
Margit Rowell, November 2008.
Notes:
(fig. 1) Constantin Brancusi, L'oiseau dans l'espace, 1925.
National Gallery of Art, Washington, D.C.
(fig. 2) Constantin Brancusi, Muse Endormie I, vers 1909-10.
Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, Washington, D.C.
(fig. 3) Constantin Brancusi, Petite fille française, Le premier pas, vers 1914-18.
The Solomon R. Guggenheim Museum, New York.
(fig. 4) Constantin Brancusi, Vue d'atelier avec La colonne sans fin, Platon, Madame L.R. (Portrait de M
Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
(fig. 5) Casque Kponyugu, Senufo, Côte d'Ivoire, début du XX
Musée Rietberg, Zurich.
(fig. 6) Ernst Ludwig Kirchner, Karyatide, vers 1909-10.
Collection particulière.
(fig. 7) Reliquaire Mahongwe, Gabon.
Collection particulière, Paris.
(fig. 8) Portrait photographique de Léonie Ricou.
(fig. 9) Fernand Léger dans l'atelier de Constantin Brancusi, vers 1920.
(fig. 10) Constantin Brancusi, Le Roi des Rois: L'Esprit de Bouddha, 1938[?].
The Solomon R. Guggenheim Museum, New York.
