• Six Chefs-d'Oeuvre d'Art Afric auction at Christies

    Sale 5618

    Six Chefs-d'Oeuvre d'Art Africain de la Collection Kahane

    1 December 2010, Paris

  • Lot 2

    MATERNITE DOGON N'DULERI

    RÉGION DE BANDIAGARA, MALI

    Price Realised  

    MATERNITE DOGON N'DULERI
    Région de Bandiagara, Mali
    Représentée debout et portant son enfant dans le dos, les bras le long du corps et les mains repliées sous le nombril saillant, les seins coniques soutenant un collier pectoral au lien retombant entre les omoplates, le long cou cylindrique soutenant un petit visage aux traits stylisés, le nez en pointe de flèche, une oreille avec un pendentif en métal se terminant par deux spirales, la coiffure composée de quatre chignons, l'enfant aux bras et aux jambes écartés, les traits du visage à peine esquisés. Belle patine sombre et brillante.
    Hauteur: 83 cm. (32¾ in.)


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    Au XVIe siècle, les Djennenké fuirent les difficiles conditions de vie de l'ouest du plateau de Bandiagara, soumis aux sécheresses et aux intempéries, pour s'installer à l'est de ce dernier. Ils y trouvèrent un environnement propice à leur développement ; une plaine baignée par la rivière Yame
    N'dule. Cette nouvelle situation leur permit de s'organiser en une civilisation plus structurée, basée sur l'agriculture. Sous les sollicitations d'une émergente classe aisée, les sculpteurs se virent confier de nouvelles commandes. Le style N'duleri émergea, caractérisé par le réalisme et la force de la statuaire de Tintam, au nord du plateau, combinés à une souplesse et une élégance que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. De superbe qualité d'exécution, les oeuvres représentent de grands et minces personnages. Les coiffures font l'objet d'une attention toute particulière, les figures se parent d'ornements tels que des boucles d'oreilles en double spirale. Certaines réminiscences du style Djennenké se notent dans la représentation de vtement et de scarification.
    Le XVIIIe siècle semble marquer l'apogée du style N'duleri.
    Il ne subsiste malheureusement que très peu d'uvres témoignant de ce que fut l'art dogon à cette époque. Le temps eut raison de la plupart des objets. La fécondité d'une femme est d'une importance primordiale quant à sa place dans la société dogon. Le premier enfant témoignera de son nouveau rang. La représentation de la maternité prend alors tout son sens. Le corps de la femme fertile est magnifié, le sculpteur valorise la forte poitrine en la plaant
    en hauteur. La minceur du buste est soulignée par des bras interminablement longs et fins. Ceux-ci se rejoignent au niveau du ventre, le lieu originel. La cambrure des reins est volontairement accentuée. L'enfant, agrippé au dos de sa mère, est disproportionnellement petit, probable métaphore de cette société africaine attachée aux valeurs de ses anctres créateurs. L'art dogon ne fut reconnu que tardivement. En effet, l'inaccessibilité du territoire ainsi que son manque de richesses minérale et forestière ont isolé les terres dogon pendant longtemps. Peu d'occidentaux en revenaient chargés de souvenirs sculptés. De plus les chefs de villages, dissimulaient leur patrimoine artistique aux étrangers. À partir des années 1950, parmi les premiers pionniers à s'aventurer au coeur du territoire dogon citons Pierre Langlois, Hélène et Henri Kamer ainsi qu'Emil Storrer. Ces derniers ont découvert des terres quasi-inexplorées. Dès 1954, ils ont ainsi pu révéler au grand public un art méconnu qui deviendra par la suite un des archétypes des arts traditionnels de l'Afrique Noire. Au mme moment, l'engouement pour l'art primitif prit un véritable essor aux États-Unis. L'intért manifesté par un personnage aussi important que Nelson Rockefeller y contribua énormément. John J. Klejman était un marchand new-yorkais d'origine polonaise spécialisé dans la porcelaine et l'argenterie. Celui-ci s'intéressa rapidement à l'art Africain et devint l'un des marchands les plus important
    de la cte ouest. De fréquents voyages en Europe lui permettaient de s'approvisionner régulièrement.
    Cette maternité dogon N'duleri provient très probablement d'une de ces premières collectes. D'un style absolument fidèle aux canons de l'époque, elle nous est parvenu dans un parfait état de conservation. Acquise auprès de John J. Klejman en 1958, cette oeuvre témoigne de la clairvoyance d'Isidor Kahane quant à la reconnaissance de cet art frachement révélé. En 1960, le pays, devenu indépendant, développa ses réseaux de transports et s'ouvrit à l'Islam, ce qui entrana une fuite inexorable et définitive de la production artistique des anciens dogons.
    Pour une oeuvre similaire voir Leloup, Hélène, Statuaire Dogon, Strasbourg, Editions Danièle Amez, 1994, fig.113.

    Bibliographie :
    Leloup, Hélène, Statuaire Dogon, Strasbourg, Editions Danièle Amez, 1994
    Falgayrettes-Leveau, Christiane, Femmes dans les arts d'Afrique, Musée Dapper, Paris, 2008

    Special Notice

    " f " : In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 7% (i.e. 7.49% inclusive of VAT for books, 8.372% inclusive of VAT for the other lots) of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit.(Please refer to section VAT refunds)


    Provenance

    John J. Klejman, New York
    Isidor Kahane, New York, acquise auprès de celui-ci, 1958
    Adolph Leuthold, New York, acquise auprès de celui-ci, dans les années 1960
    Isidor Kahane, New York, acquise auprès de celui-ci, 1971


    Saleroom Notice

    Des frais additionnels de 5.5T seront prélevés en sus des frais habituels à la charge de l'acheteur. Ces frais seront remboursés sur présentation d'une preuve d'exportation du lot hors de l'Union européenne dans les délais légaux.

    In addition to the regular Buyers premium, a commission of 5.5T will be charged to the Buyer. It will be refunded upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit.


    Literature

    Homberger L., Die Kunst der Dogon, Musée Rietberg, Zürich, 1995, p.52, n.9


    Exhibited

    Zürich, Die Kunst der Dogon, Musée Rietberg, 7 mai-3 septembre 1995


    Post Lot Text

    DOGON MATERNITY FIGURE

    standing, with elongated arms curving alongside the body, the hands placed under the prominent nave, the carved necklace resting on the conical breasts, the long and cylindrical neck supporting the small bearded face with abbreviated features and a sagittate nose, the proper right ear pierced with a metal earring in a spiral motif, the neatly styled coiffure with cross-hatch motifs, the straight back with a child in high relief in a splayed formation with lightly etched features; aged, weathered surface of the dense wood, very slightly resinous in areas.


    During the 16th century, the Djennenke fled the western Bandiagara Plateau. Subject to floods and rains, the difficult conditions prompted an eastward migration to the more amiable environment of the Yame NDule river plane. This new location allowed for greater organization into a more structured civilization, based on agriculture. At the request of an emerging wealthy class, the sculptors were given new commissions. The NDuleri style appeared, combining the realism and the strength of the northern statuary tradition together with a new fluidity and elegance. Superbly executed, the works are characterized especially by the elongation of the form. Special attention is given to the finesse of the coiffure; the figures are adorned with ornaments as iron double-spiral earrings. Some traces from the Djennenk style are seen through the presence of clothing and scarification. The 18th century seems to be the apogee of the Nduleri style. Unfortunately, only a small corpus of figures still exist from this period to from which to consider how important Dogon art was at that period.

    However, through their art and oral history and tradition, a framework for Dogon culture is documented. Maternity figures are a frequent theme in that a womans fertility has primordial implications regarding her position in Dogon society. The birth of her first child elevates her societal rank. The representation of maternity imagery is therefore highly symbolic and multivalent. The fertile woman body is glorified, the sculptor valorizes the strong and life-giving breasts by placing them high on the chest. The slimness of the body is emphasized by the endlessly long and thin arms which are joined at the stomach, the place of origin. The small of the back is deliberately accentuated. The child, clinging to his mothers back, is disproportionately small, and probably here serves as a metaphor for the value Dogon society attached to its ancestors.

    Dogon art was recognized rather late. Indeed, the inaccessibility of the land along with the lack of mineral and forestry resources isolated Dogon territory for a long time. Furthermore, once foreigners did reach the region the villages chiefs, pretending to be Muslims, were hid their artistic patrimony from these explorers. From the 1950s, in the years leading up to Malian Islamization and independence, among the first pioneers venturing into this region were Pierre Langlois, Hlne and Henri Kamer along with Emil Storrer. They discovered uncharted territories. Since 1954, they revealed to a new audience this previously unknown art which would become one of the African sculptural archetypes.
    At the same time, there was a growing passion for African and Oceanic art in the United States, and the interest of important figures, such as Nelson Rockefeller, contributed greatly to this development.

    John J. Klejman was a dealer of antiques active concurrently in New York. His interest galvanized toward African art and he became one of the most important dealers in this field with frequent travel to Europe allowing him to maintain his inventory.

    The Kahane Nduleri Maternity most likely hails from one of these early expeditions. Faithful to the aesthetic of the period, it has reached us today in perfect condition. Acquired in 1958, this masterpiece is a testament to Kahanes perceptiveness in the face of an art form only newly revealed.