• Lot 151

    HERGÉ

    Price Realised  

    Estimate

    HERGÉ
    TINTIN
    Illustration originale réalisée pour l’exposition de bande dessinée du pavillon belge lors de l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Signée. Encre de Chine sur papier
    49,2 X 94,3 CM (19,37 X 37,13 IN.)

    En cette fin d’année 1966, et depuis longtemps déjà, la gloire de Tintin est largement assurée sur le plan international. Hergé, son créateur, peaufine ce qui sera la vingt-deuxième aventure de son petit reporter, Vol 714 pour Sydney, récit dont la publication débutera fin septembre dans le Journal de Tintin, permettant au passage à l’hebdomadaire des jeunes de 7 a 77 ans de fêter dignement ses vingt ans d’existence.
    Neuf ans après celle de Bruxelles, une Exposition Universelle et Internationale sera présentée à Montréal du 28 avril au 29 octobre 1967. Elle aura pour thème “Terre des Hommes” et pour ambition celle de montrer le Spectacle du Siècle à l’échelle planétaire. La Belgique y aura naturellement son propre pavillon, agencé sous la devise “Rien d’humain n’est étranger au Belge”. Tout un programme !
    Le hall d’honneur présentera d’importants chefs-d’œuvre du patrimoine artistique belge. À l’étage, une section mettra en valeur le rôle éminent joué par les Belges dans le monde de l’édition, et plus particulièrement dans celui de la Bande Dessinée. Pour éviter tout problème de traduction, les noms des auteurs tiendront lieu d’intitulé, et leurs personnages se présenteront par phylactères interposés, dans leur langue d’origine. Parmi les projets qui ont été soumis au Commissariat, pour rassembler les principaux héros de la BD belge, à quelque école qu’ils appartiennent, c’est celui des Studios Hergé qui a été retenu. Selon cette présentation en sept panneaux de belle taille, la plupart des personnages qui font le succès des magazines, et dont les albums sont traduits dans différentes langues, seront rassemblés. Ceux d’Hergé seront certes mis à l’honneur en se voyant attribuer le panneau central, mais c’est parfaitement légitime, vu leur notoriété et le rôle de “locomotive” qu’on leur prête. Les autres — ceux de Spirou comme ceux de Tintin — se répartiront les six autres panneaux, en une joyeuse et chatoyante galerie.
    Tous ces dessins seront reproduits en sérigraphie, en couleur, sur des plaques de verre de deux centimètres d’épaisseur fabriquées dans la région de Charleroi. Ces éléments seront fixés sur les murs du pavillon, la transparence de leur support et leur écartement par rapport à la paroi devant leur conférer un relief saisissant. Placés au centre de cet ensemble, isolés sur un panneau qui aura plus de deux mètres cinquante de hauteur, les héros sélectionnés par Hergé dans la “famille” qu’il a donnée à son personnage vedette, auront donc pour mission de présenter aux visiteurs les principaux héros de la Bande Dessinée belge, au moyen de phylactères (rédigés et en français et en anglais, comme il se doit au Canada).
    Après avoir mis au point la composition au crayon, en format réduit, et vu la taille imposante à laquelle ses héros seront sérigraphiés, Hergé en a établi la mise au net à l’encre de Chine dans un format propice à l’agrandissement définitif. Une sélection drastique s’est opérée au moment de choisir ceux qui allaient ainsi s’avancer, tout sourire, à la rencontre des visiteurs du pavillon : ni Bianca Castafiore, ni Nestor (pourtant devenus familiers au fil du temps) n’ont trouvé grâce aux yeux de leur auteur. Derrière Tintin et Milou s’avancent un Haddock parfaitement détendu, fumant une bonne pipe, les inséparables Dupond et Dupont, leur melon vissé sur la tête et la canne fixé à l’avant-bras, et le brave Tournesol, tout au fond, tenant son pendule d’une main et son précieux parapluie de l’autre.
    Avec sa tête ronde et sa houppe caractéristique, avec ses pantalons de golf plus intemporels que franchement démodés, Tintin ouvre la marche en adressant au public un geste amical de la main. Les manches retroussées, il incarne comme toujours le dynamisme juvénile. C’est lui qui prononce les mots d’accueil destinés à présenter ses confrères en BD, qu’Hergé ne considère plus depuis longtemps comme des concurrents. Le nom de Tintin est tracé de façon imposante, agissant comme un signal bien mieux que ne l’aurait fait celui d’Hergé si ce dernier s’était conformé à la consigne appliquée aux autres. Milou gambade à côté de son maître, son traditionnel os fixé à la mâchoire.
    Légèrement en retrait, le capitaine Haddock, qu’on a connu plus bougon, les suit dans la tenue fatiguée qu’il affectionne. La démarche souple, une main en poche, il ne dit rien mais son sourire éclatant vaut tous les “tonnerre de Brest”. Comme à son habitude, Dupond a le geste sentencieux en s’adressant à Dupont. Quant au professeur Tournesol, si typé dans sa tenue comme on n’en fait plus, il est rarement tombé aussi juste en proférant son célèbre « Pardon ! Un peu plus a l’ouest » : Montréal est incontestablement à l’ouest de son lieu de naissance !


    Contact Client Service
    • info@christies.com

    • New York +1 212 636 2000

    • London +44 (0)20 7839 9060

    • Hong Kong +852 2760 1766

    • Shanghai +86 21 6355 1766

    Contact the department

    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.