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    Sale 5481

    Livres Anciens, Livres Modernes et Manuscrits

    20 November 2007, Paris

  • Lot 320

    HUGO, Victor (1802-1885). Importante réunion de 29 lettres et billets autographes, signés, adressés à Louise Jung. Entre 1867 et 1878.

    Price Realised  

    HUGO, Victor (1802-1885). Importante réunion de 29 lettres et billets autographes, signés, adressés à Louise Jung. Entre 1867 et 1878.

    La plupart de format in-12 (environ 180 x 116 mm) sur papier bleu. Écrites de Bruxelles, Hauteville House et Paris, toutes les lettres sont datées, la majorité sans précision d'année. Elles sont signées "Victor Hugo", "V.H.", "V", ou "V. Hugo". Huit lettres sont accompagnées de leur enveloppe. (Fragilités et quelques déchirures sans gravité aux pliures, rousseurs éparses, encre parfois légèrement passée.) Provenance: héritiers de Louise Jung.

    "VOUS CONNAÎTRE, MADEMOISELLE, C'EST VOUS AIMER. IL N'Y A RIEN AU-DELÀ DE CE MOT, ET JE NE DEVRAIS RIEN AJOUTER, MAIS CAUSER AVEC VOUS EST UN TEL CHARME QU'ON NE PEUT NI ABRÉGER L'HEURE NI ÉCOURTER LA PAGE [...]" (27 août 1867).

    --"H.H. 7 mai [1867 ?]". Une page in-12 (204 x 127 mm). "Vous savez, peut-être, mademoiselle par les journaux qu'on reprend mes pièces à Paris. De la pour moi, hélas, la nécessité d'aller à Bruxelles où l'on me dit qu'on viendra les répéter. Quel chagrin si, pendant mon absence, vous passiez à Guernesey; mais quel bonheur si ma bonne étoile vous amenait à Bruxelles quand j'y serai [...]." Victor Hugo fait ici sans doute allusion à la reprise d'Hernani à Paris. Lettre publiée dans L'Écho Hugo, n° 5, 2005.

    --"Hauteville House, 15 juillet [1867]". Avec son enveloppe "Mademoiselle Louise Yung 4, r. Pagerin Paris". Une page in-12 (180 x 110 mm). "[...] J'ai eu ici vos deux lettres exquises. Vous mettez dans ce que vous écrivez une beauté d'âme et une grâce d'esprit qui éblouissent. Vous ne vous contentez pas d'être une femme ravissante. Vous êtes un poète inspiré. Vous êtes une artiste spirituelle [...]."

    --"Bruxelles, 16 août [1867]". Deux pages in-12 (205 x 130 mm). Avec son enveloppe "Mademoiselle Louise Yung 1, Malgrace Place Plymouth". Jolie lettre dans laquelle Hugo la remercie pour ses travaux de traduction. "Je ne saurais Vous dire, mademoiselle, à quel point vos nobles et douces lettres me charment. Je vous remercie de l'article que vous avez bien voulu traduire pour moi." Il poursuit en évoquant l'article de Mario Proth sur Hernani dans La Revue internationale que Louise vient probablement de traduire et qu'elle s'apprête à lui envoyer.

    --"27 août [1867]". Deux pages in-16 (127 x 100 mm). Victor Hugo exprime toute l'admiration qu'il porte à Louise et son empressement à la revoir. "[...] Je vous écris un mot en hâte au coin d'une table d'auberge. Je vais partir avec ma famille pour quelques jours. [...]. Quelle bonté vous avez ! En Vous bonté égale beauté - je viens de lire l'article de Mario Proth, transcrit si obligeamment par vous. Grâce à votre attention délicate, je connais cette page excellente."

    --"H.H. 2 février [1868]". Une page in-12 (200 x 125 mm). "Peut-être, Mademoiselle, avez-vous su par M. Sullivan qu'une compagnie tragique était venue ici et avait passé la mer pour me jouer Hernani. Que n'étiez-vous là ! J'eusse été charmé de votre présence [...]". Victor Hugo indique en effet dans ses carnets, à la date du 27 janvier 1868, la venue d'une troupe de comédiens "pour jouer Hernani à mon intention".

    Pendant les mois et les années qui suivent une série de deuils affecte profondément Hugo. En mars 1868, Georges, son premier petit-enfant meurt, puis Adèle en août suivant, Charles en 1871 et François-Victor en 1873.

    --"H.H. 4 juin [1868]". Une page in-12 (202 x 125 mm). Trois mois après la mort de Georges, Hugo remercie Louise Jung de sa sympathie. "Vous m'avez écrit dans mon deuil, une lettre où respirait votre généreux coeur et votre noble esprit [...]."

    --"H.H. 8 avril [1869 ?]". Une page in-12 (206 x 126 mm). Hugo ne se lasse pas, une fois encore, de lui faire part de son admiration. "Toutes les grâces, votre personne les possède, tous les talents, votre esprit les a. Vous êtes, mademoiselle, un exquis chef-d'oeuvre de cette création où il y a la rose et l'astre. Vous m'envoyez un dessin charmant, vous m'adressez de beaux vers, vous traduisez ma prose en un anglais excellent [...]."

    --"Hauteville house. 25 Xbre 1869". Une page in-12 (180 x 112 mm). "[...] En même temps que cette lettre, arrivera pour M. Latimer et son excellent journal, un numéro du Star de Guernesey contenant mon speech. Je n'ai plus un seul exemplaire de ma photographie avec les Enfants; me voici tout seul. J'ajoute le portrait de Madame Victor Hugo que vous voulez bien désirer. Je me mets à vos pieds."

    --Le 7 avril 1871, brisé par la mort de son fils Charles, il adresse à Louise un très bref billet sur papier de deuil: "merci du fond du coeur et toujours à vos pieds".

    --"1er mars [1874]". Un billet (130 x 105) sur papier de deuil. Quelques mois après la mort de François-Victor, le 26 décembre 1873, Hugo remercie Louise de son amical soutien. "Votre douce lettre m'a vivement ému. Vous me donnez une charmante espérance, Vous allez venir; j'aspire au bonheur de vous voir, chère et gracieuse Louise, et de vous baiser la main."

    --"Dim. 29." S.d. Une page (105 x 70 mm). "Vous avez écrit dans le Western Mercury de nobles choses, bien émues et touchantes, et j'en suis fier et charmé [...]."

    --"Hauteville house. 5 nov." S.d. Une page in-12 (128 x 205 mm). "[...] Je ne puis voir qu'avec plaisir la publication dans le Western Daily Mercury des deux fragments de la Légende des Siècles que M. Latimer a bien voulu traduire. Je suis heureux que M. Latimer me donne cette occasion de vous renouveler mes hommages à votre noble et charmant esprit [...]."

    --"19 février. Paris [1878]". Une page in-12 (103 x 132 mm). Avec enveloppe "Miss Louise Young Lowndes Square 13 Londres". "Je vous écris à travers ce tourbillon qui est ma vie. Je serai charmé d'avoir l'honneur de recevoir l'honorable membre du parlement, votre ami [...] je serais plus charmé encore de vous voir, vous dont j'ai un si gracieux souvenir [...]."

    TOUCHANT TÉMOIGNAGE DE L'AMITIÉ ET DE LA CONFIANCE QUE PORTAIT VICTOR HUGO À LOUISE JUNG.

    [On joint:] --DU MÊME. Lettre autographe signée adressée à Georges Métivier. S.l.n.d. 2 pages in-8 (208 x 127 mm). (Très endommagée, déchirée avec perte de quelques mots.)
    "Je regrette vivement que Mademoiselle Yung et vous soyez venus ce matin dix minutes avant l'heure où je descends de mon perchoir de travail."
    --Georges MÉTIVIER (1790-1881). 5 lettres autographes signées, adressées à Louise Jung. Entre 1867 et 1879. La plupart de format in-12 (environ 178 x 112 mm) de deux à quatres pages chacune. (Rares rousseurs.)
    Poète de Guernesey, Georges Métivier consacra sa vie à la littérature et la philologie. Il s'intéressa au normand insulaire et publia, en 1870, le premier dictionnaire franco-normand.
    Dans une lettre du 16 août 1867, Métivier évoque clairement l'amour que "l'illustre exilé" porte à Louise. Il fait également allusion aux travaux de Louise et aux livres qu'il est en train d'écrire. Plusieurs lettres sont émaillées de poèmes en normand. Le 10 mars 1868, il écrit combien "Hernani a électrisé Guernesey. L'acclamation fut unanime".
    [Avec:] --8 enveloppes à l'adresse de Louise Jung. (35)


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    Pre-Lot Text

    Importante collection de lettres et documents relatifs à Louise Jung et Victor Hugo dont 29 lettres autographes de Hugo.

    On connaît peu de choses de la vie de Louise Jung (morte le 6 janvier 1916) qui, pendant de nombreuses années, entretint avec Hugo une abondante correspondance. Amie et confidente du poète, elle fit pour lui des travaux de traduction et enseigna le français dans un collège de filles.
    Si l'on ignore quelle fut la nature de leur relation, on sait qu'Hugo ne fut pas insensible à Louise dont le nom (qu'il orthographie "Yung") figure à plusieurs reprises dans ses carnets.
    Dans la plupart de ses lettres, Hugo loue le charme et le talent de Louise et Georges Métivier, dans une lettre adressée à celle-ci, fait clairement allusion à l'amour que lui portait le poète.

    Au fil de ces lettres, qui s'échelonnent entre 1867 et 1878, Victor Hugo évoque tour à tour ses travaux, des représentations d'Hernani, les traductions de Louise, ses voyages entre Guernesey, Bruxelles, Paris et Londres ainsi que les deuils qui s'abattent sur sa famille. Répondant au souhait de la jeune femme, Hugo lui envoie régulièrement des photographies de lui et de ses proches, qu'elle a soigneusement réunies dans un album. Son attachement au poète et à sa famille semble ne s'être jamais terni. Après la mort de Hugo, elle continue à correspondre avec Julie Chenay, belle-soeur de Hugo, dont elle était très proche.

    Ces lettres de Victor Hugo sont, pour la plupart, inédites. Seules deux, celles du 7 mai 1867 et du 22 avril 1879, ont été publiées dans L'Écho Hugo. Notons également que la Maison de Victor Hugo, à Paris, conserve quelques lettres de Louise Jung.

    À cet ensemble s'ajoute un précieux album de photographies dans lequel Victor Hugo et sa famille tiennent une large place, des lettres de Métivier à Louise Jung, ainsi que de nombreuses autres qui lui ont été adressées, notamment par des membres de la famille Hugo dont Juliette Drouet et Julie Chenay.

    À la mort de Louise Jung, Auguste Marie Boone, recteur de Sainte-Marie de Chislehurst, hérita cet ensemble qui échut alors successivement à Stanislas Lauwereys (pasteur), à M. & Mme Avoux-Lauwereys, à M. & Mme Van Gorp-Avoux, à M. & Mme Van Gorp-Birlouet et enfin à M. Jan Van Gorp.