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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 79

    JEAN-AUGUSTE-DOMINIQUE INGRES (MONTAUBAN 1780-1867 PARIS)

    André-Benoît Barreau, dit Taurel

    Price Realised  

    JEAN-AUGUSTE-DOMINIQUE INGRES (MONTAUBAN 1780-1867 PARIS)
    André-Benoît Barreau, dit Taurel
    Signé, daté, localisé et dédicacé 'Ingres à Madame Taurel rome 1819.'
    mine de plomb
    288 x 204 mm. (11¾ x 8 in.)


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    Comme le suggère l'inscription de la main d'Ingres, 'Dédié à Madame Taurel', ce dessin fut réalisé par Ingres pour être offert en cadeau de mariage à l'épouse du modèle, Henriette-Ursule. Il fut inclus, tout comme le portrait de cette dernière réalisé trois ans plus tôt par Ingres (fig. 4; aujourd'hui au Gemeentemuseum, La Haye, H. Naef, 1977-80, op. cit., no. 191), dans un album donné aux jeunes mariés par les amis du couple, pour la plupart de jeunes artistes français pensionnaires à l'Académie de France à Rome (dont Jean Alaux, lui-même portraituré par Ingres dans un autre dessin de la collection Yves Saint Laurent Pierre Bergé, lot 81), qui l'avaient truffé de leurs propres dessins.


    André-Benoît Barreau, dit Taurel, d'origine modeste, naît à Paris le 9 septembre 1794. Elève de Pierre-Narcisse Guérin puis du graveur Charles-Clément Bervic, il remporte, en 1818, le prix de Rome de gravure. Il n'est à Rome que depuis quelques mois lorsqu'il se marie avec Henriette-Ursule Le Claire (fig. 4), la fille adoptive du directeur de l'Académie de France à Rome, le peintre Charles Thévenin (1764-1838) qui avait remplacé Guillon-Lethière à la tête de la prestigieuse institution en 1817. Les Taurel retournent à Paris en 1823, mais s'installent cinq ans plus tard à Amsterdam où l'artiste a été nommé professeur de l'Académie des Beaux-Arts afin d'y fonder la chaire de gravure. Le couple n'allait plus quitter la Hollande. Henriette-Ursule décède en 1836 laissant à Taurel quatre fils et filles. Dix ans plus tard, l'artiste se remarie et quatre enfants naissent. Il meurt en 1859.

    Bien que leur aîné de plus de quinze ans, Ingres lia avec le couple Taurel une amitié sincère qui ne se démentit pas après leur départ de Rome. Quand Ingres, après son long séjour en Italie, revient à Paris en 1824, il demeure d'abord chez les Taurel, passage Sainte-Marie, rue du Bac. Vers 1825, il dessine ainsi un émouvant portrait du premier enfant du couple, Charlotte-Madeleine, née en 1820 (fig. 3), dont la marraine n'était autre que Madame Ingres (Paris, musée du Louvre, Naef, op. cit., no. 294). Ingres, lui-même, fut le parrain du troisième enfant Taurel, Marie-André-Auguste, qui fut, plus tard, un modeste lithographe. En 1830 encore, Ingres envoyait à Amsterdam, en le dédicaçant 'A ses bons amis Taurel' le portrait de sa femme (fig. 2) sur la gauche duquel il avait esquissé son propre visage (New York, collection particulière, Naef, op. cit, no. 328). Le dessin fut vite ajouté au précieux album offert au mariage du couple.


    En 1819, au moment où il trace le présent portrait, Ingres n'est plus pensionnaire à l'Académie de France depuis déjà près de dix ans. Arrivé à Rome en 1806, il quitte en effet la Villa Médicis en 1810, mais choisit de rester en Italie. Il demeure profondément lié à l'institution, tout d'abord en raison de ses liens profonds avec Guillon-Lethière, qui l'avait protégé alors qu'il était pensionnaire et qui continua à oeuvrer pour lui trouver des commandes tout au long de son directorat. Mais, lorsque Charles Thévenin prend la direction de la Villa, la situation professionnelle et financière d'Ingres n'est guère brillante. La chute de l'Empire, en plus de l'abandon de toute commande officielle, a entraîné le départ de Rome de la majeure partie de ses mécènes qui travaillaient, pour la plupart, pour l'administration impériale en Italie. Thévenin, grand admirateur d'Ingres, va s'attacher à promouvoir le talent du peintre auprès de la nouvelle administration royale française et usa de son influence pour que le nouvel ambassadeur de France à Rome confie au peintre la commande d'un tableau pour l'Eglise de la Trinité-des-Monts, Christ donnant les clefs à Saint Pierre, aujourd'hui au musée Ingres de Montauban. L'affection d'Ingres pour Taurel avait sans aucun doute été facilitée par la gratitude qu'il nourrissait envers le père adoptif de son épouse, dont il fit deux magnifiques portraits dessinés. L'un de ceux-ci, aujourd'hui au musée Bonnat à Bayonne (Naef, op. cit., no. 191) fut offert par Thévenin à sa fille et ornait également l'album offert au couple pour leur mariage.


    Ingres a représenté Taurel posant élégamment sur la terrasse du Bosco de la Villa Médicis dont on aperçoit, sur la droite, la façade sur jardin ornée des reliefs de l'Ara Pacis. A gauche, est esquissée une vue des toits de Rome que domine le dôme de l'église San't Agnese in Agone. Résidence des Médicis à Rome depuis 1576, la Villa fut acquise par l'Etat français en 1803, par échange, pour y rétablir l'Académie de France dans la métropole . Elle avait été supprimée en 1793 à la suite du saccage de son siège durant l'Ancien Régime, le palais Mancini. C'est donc dans un lieu hautement symbolique qu'Ingres a choisi de fixer le portrait du jeune graveur. C'est à la Villa Médicis qu'Ingres avait vécu ses premières années à Rome, là que Taurel résidait alors en tant que pensionnaire de l'Académie, là également qu'il avait rencontré sa future épouse à qui était destiné ce dessin et qui n'était autre que la fille adoptive de l'actuel directeur de l'institution...


    Alors que Hans Naef répertorie plus de 450 portraits dessinés par Ingres, ceux tracés sur un fond de paysage sont étonnamment rares. G. Tinterow et A. E. Miller (op. cit., pp. 84-89) n'en recensent que 34 (il est à noter que la Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé possède un autre portrait en extérieur, celui de l'architecte Baltard, lot 80!). A partir de 1810, Ingres se sert, le plus souvent, pour les vues qui servent de fond aux portraits, de dessins qu'il a auparavant réalisés et conservés, voire même d'oeuvres d'autres artistes. Ainsi, la vue de la Villa Médicis sur le présent dessin reprend une feuille (fig. 1) aujourd'hui au musée de Montauban (inv. 867.4415) que G. Vigne attribue à Taurel lui-même (op. cit., no. 3113).

    David Hockney, dans son ouvrage controversé, Secret Knowledge. Rediscovering the lost techniques of the Old Masters, a tenté de montrer que Ingres s'aida, pour la réalisation de ses portraits dessinés, d'une chambre claire ou camera lucida. Il s'agit d'un prisme qui permet une superposition optique du sujet à dessiner et de la surface où doit être reporté le dessin. L'artiste utilise cette superposition pour placer des points clés à reproduire, ou même ses grandes lignes. La perspective est reproduite de façon parfaite, sans construction. Hockney reproduit dans son livre un détail du présent dessin en contrepoint de l'une de ses propres oeuvres exécutées à l'aide de ce dispositif (op. cit., Londres, 2001, pp. 29-30).


    Après être resté dans la descendance du modèle jusqu'au moins 1885 (date où elle fut gravée par le petit-fils de Taurel), la présente feuille passa dans la collection du peintre espagnol, spécialisé dans le portrait de la société mondaine parisienne, Raimundo de Madrazo y Garreta (1841-1920). Le dessin compta ensuite parmi les innombrables trésors amassés par la Comtesse Martine-Marie-Paule de Béhague (1869-1939), dans son hôtel particulier de la rue Saint-Dominique - l'actuelle ambassade de Roumanie - que Robert de Montesquiou qualifiait de 'Byzance du Septième [arrondissement]'. Après être passé à la vente d'une partie des possessions de la comtesse, en 1926, le dessin est acquis, l'année suivante, chez Knoedler and Co. à New York, par John Nicholas Brown (1900-1979). Celui-ci réunit dans sa résidence de Providence dans le Rhode Island l'une des plus belles collections américaines de la première moitié du XXème siècle de dessins anciens. Il possédait ainsi un Cavalier dessiné par Léonard de Vinci à la pointe d'argent sur papier préparé, passé en vente chez Christie's, Londres, le 10 juillet 2001, et qui demeure à ce jour le dessin ancien le plus cher jamais vendu aux enchères.


    Les portraits dessinés d'Ingres, qui avait survécu entre 1815 et 1819 en dessinant les riches anglais de passage à Rome durant leur Grand Tour, sont des témoins biographiques uniques en leur genre. Ils ne sont jamais autant émouvants et psychologiquement vrais que lorsqu'ils tracent l'effigie des proches de l'artiste, en particulier de ses compagnons artistes, pensionnaires à la Villa Médicis. Ces oeuvres, qui portent uniquement la marque de l'amitié, sont de remarquables documents sur la vie de l'Académie de France à Rome au début du XIXème siècle et illustrent les liens forts noués entre eux par les pensionnaires, des liens qui ne se desserreraient pas après avoir quitté le cocon magique et enchanteur de la Villa Médicis. Le magnifique portrait de Taurel, par la personnalité du modèle et le lieu où Ingres a choisi de le représenter, est un des exemples les plus parfaits de cette 'comédie humaine' de la société française à Rome.

    Special Notice

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    Provenance

    Donné par Ingres à l'épouse du modèle, Henriette-Ursule Claire (circa 1794-1836); passe à sa mort à André-Benoît Taurel, Amsterdam; resté dans la descendance jusqu'au moins 1885.
    Raimundo de Madrazo y Garreta (1841-1920), Versailles.
    Comtesse de Béhague; Sotheby's, Londres, 29 juin 1926, lot 101 (310 livres sterling à Colnaghi).
    Colnaghi, Londres.
    M. Knoedler and Co., New York, d'où acquis en 1927 par
    John Nicholas Brown, Providence, Rhode Island.
    David Tunick, New York.
    Galerie Alain Tarica, Paris, d'où acquis en 1981 par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.


    Literature

    C.E. Taurel, L'Album T., Amsterdam et La Haye, 1885, pp. 2, 15, ill. opp. p. 3 (la gravure).
    H. Lapauze, Les dessins de J.-A.D. Ingres du Musée de Montauban, Paris, 1901, p. 268.
    H. Lapauze, Ingres: Sa Vie et Son Oeuvre (1780-1867), d'après des documents inédits, Paris, 1911, ill. p. 178 (la gravure).
    H. Lapauze, 'Jean Briant, paysagiste (1760-1799): Maîtres de Ingres, et le paysage dans l'oeuvre de Ingres', in La revue de l'art ancien et moderne, février-avril 1911, p. 48.
    M.D. Zable, 'Ingres in America', in Arts, XVI, février 1930, p. 381.
    E. S. Siple, 'Art in America: Exhibitions of French Art in New York and Springfield', in The Burlington Magazine, LXXV, décembre 1939, p. 249.
    J. Alazard, Ingres et l'ingrisme, Paris, 1950, pp. 37, 144, note 4. H.E. van Gelder, 'Ingres en de familie Taurel', in Maandblad voor beeldende Kunsten, XXVI, janvier 1950, pp. 2-10, fig. 4 (la gravure).
    H. Naef, Rome vue par Ingres, Lausanne, 1960, pp. 22, 27, sous no. 24, fig. 7.
    H. Naef, 'Ingres und die Familien Thévenin und Taurel', in Nederlands kunshistorisch jaarboek', XVI, 1965, pp. 138-142, 154-155, no. 4, fig. 4.
    R. Jullian, 'Ingres et le paysage' (colloque Ingres, Paris, 1967), Paris, 1969, p. 89.
    A. Mongan, 'Ingres as a Great Portrait Draughtsman' (colloque Ingres, Paris, 1967), Paris, 1969, pp. 146, 156, fig. 24.
    P. Hattis, 'Ingres in Rome', in Art News, LXX, no. 3, mai 1971, p. 29, ill.
    H. Naef, Die Bildniszeichnungen von J.-A.D. Ingres, Berne, 1977-1980, II, pp. 216-222 et IV, pp. 450-451, no. 241, ill.
    G. Vigne, Dessins d'Ingres. Catalogue raisonné des dessins du musée de Montauban, Paris, 1995, p. 560, sous no. 3113.
    D. Hockney, Secret Knowledge. Rediscovering the lost techniques of the Old Masters, Londres, 2001, ill. p. 28 (détail).
    L.-A. Prat, Ingres (Louvre. Cabinet des dessins, 4), Paris, Milan, 2004, p. 83, sous no. 24.
    G. Tinterow et A.E. Miller, 'Ingres paysagiste', dans Ingres, cat. expo. Paris, Musée du Louvre, 2006, p. 88, fig. 59.


    Exhibited

    Cambridge (Mass.), Fogg Art Museum, Exhibition of French Painting of the Nineteenth and Twentieth Centuries, 1929, no. 85.
    Springfield, Museum of Fine Arts and New York, M. Knoedler and Co., David and Ingres: Paintings and Drawings, 1939-40, no. 28, ill.
    New York, Paul Rosenberg and Co., Ingres in American Collections, 1961, no. 28, ill.
    Cambridge (Mass.), Fogg Art Museum, Forty Master Drawings from the Collection of John Nicholas Brown, 1962, no. 17, ill.
    Cambridge (Mass.), Fogg Art Museum, Ingres Centennial Exhibition, 1867-1967: Drawings, Watercolors and Oil Sketches from American Collections, 1967, no. 49, ill.
    Paris, Petit Palais, Ingres, 1967-8, no. 113, ill.
    Washington, National Gallery of Art et autres lieux, Ingres in Rome: A Loan Exhibition from the Musée Ingres, Montauban, and American Collections, 1971, no. 148, ill.
    Londres, The National Gallery et autres lieux, Portraits by Ingres. Image of an Epoch, 1999-2000, no. 84, ill.
    Rome, Villa Médicis, Maestà di Roma da Napoleone all'unità d'Italia. Da Ingres a Degas, Artisti francesci a Roma, 2003, no. 39, ill.


    Post Lot Text

    PORTRAIT OF ANDRÉ BENOÎT BARREAU, CALLED TAUREL, SIGNED BY JEAN-DOMINIQUE INGRES AND DATED '1819'
    PENCIL


    As suggested by Ingres' handwritten inscription, 'Dedicated to Madame Taurel', this drawing was given by the artist as a wedding gift to the model's wife, Henriette-Ursule. It was included, alongside the portrait of the latter produced three years earlier (now in the Gemeentemuseum, The Hague, H. Naef, 1977-1980, op. cit., no. 191), in an album given to the young couple by their friends, the majority of whom were young French artists in residence at the French Academy in Rome (including Jean Alaux, himself the subject of a portrait by Ingres also featuring in this sale, lot 81), who filled it with their own drawings.

    André-Benoît Barreau, known as Taurel, came from a humble background and was born in Paris on 9th September 1794. A student of Pierre-Narcisse Guérin and subsequently the engraver Charles-Clément Bervic, he won the Rome prize for engraving in 1818. He had only been in the city for a few months when he married Henriette-Ursule Le Claire (fig. 4), the adopted daughter of the Director of the French Academy in Rome, the painter Charles Thévenin (1764-1838) who had replaced Guillon-Lethière at the head of the prestigious institution in 1817. The Taurels returned to Paris in 1823, moving to Amsterdam five years later where the artist had been appointed as a professor at the Fine Arts Academy, with the intention of founding a chair of engraving. The couple would spend the rest of their lives in Holland. Henriette-Ursule died in 1836 leaving Taurel with their four children. Ten years later, the artist remarried and had another four children. He died in 1859.

    Although he was almost fifteen years their senior, Ingres formed a close friendship with the Taurels, which continued after their departure from Rome. When Ingres returned to Paris in 1824, after his long stay in Italy, he initially lived with the Taurels at their home in passage Sainte-Marie, rue du Bac. In around 1825, he also drew a touching portrait of the couple's first child, Charlotte-Madeleine, born in 1820 (fig. 3), whose godmother was none other than Madame Ingres (Paris, Musée du Louvre, Naef, op. cit., no. 294). Ingres was himself a godfather to the Taurel's third child, Marie-André-Auguste, who would later become a modest lithographer. In 1830, Ingres sent the portrait of his wife (fig. 2), on the left of which he had sketched his own face (New York, private collection, Naef, op. cit., no. 328), to Amsterdam with a dedication 'To his good friends the Taurels'. The drawing was soon added to the album given to the couple as a wedding gift.

    In 1819, at the time when this portrait was drawn, Ingres had not been a resident at the French Academy for almost ten years. Having arrived in Rome in 1806, he later left the Villa Medici in 1810, but chose to stay in Italy. He remained deeply loyal to the institution, initially thanks to his close ties with Guillon-Lethière, who had looked after him as a resident and who kept on trying to find him commissions throughout his lengthy tenure as Director. However, when Charles Thévenin took over as the Director at the Villa, Ingres' professional and financial position was far from secure. The fall of the empire, in addition to the cessation of all official commissions, had forced a large number of his patrons, the majority of whom worked for the imperial government in Italy, to leave Rome. Thévenin a great admirer of Ingres, devoted himself to making the new French Royal authorities aware of the painter's talent and used all his influence to ensure that the new French ambassador to Rome commissioned from Ingres a painting for the Church of Trinità dei Monti in Rome, Christ giving the keys to Saint Peter, (now Ingres Museum, Montauban). Ingres' affection for Taurel was doubtless facilitated by the gratitude he felt towards his wife's adopted father, of whom he drew two magnificent portraits. One of these, now in the Bonnat Museum in Bayonne (Naef, op. cit., no. 191) was given by Thévenin to his daughter and was also incorporated into the album given to the couple as a wedding gift.

    In the present drawing, Ingres has depicted Taurel posing elegantly on the Bosco terrace of the Villa Medici, the facade of which can be seen on the right, overlooking the garden decorated with the reliefs of the Ara Pacis. On the left is a sketched view of the roofs of Rome, dominated by the dome of the Basilica of Sant'Agnese in Agone. The Villa had been the residence of the Medici in Rome since 1576 and was acquired by the French state in 1803 as part of an exchange, becoming the new home of the French Academy in the city (fig. 1). In the year 1793, the French institution had closed down following a riot at its previous location, Palazzo Mancini. The setting chosen by Ingres for the portrait of the young engraver is therefore highly symbolic. It was at the Villa Medici that Ingres had spent his first years in Rome, it was there that Taurel had stayed as a resident of the Academy and there too that he had met his future wife, for whom this drawing was intended, and who was none other than the adopted daughter of the current Director of the institution...


    Although 450 drawn portraits are included in Hans Naef's excellent catalogue raisonné, the rather modest number of these with a landscape background may come as a surprise. G. Tinterow and A.E. Miller (op. cit., pp. 84-89) list only 34 drawings in total (the Yves Saint Laurent and Pierre Bergé collection includes another outdoor portrait, that of the architect Baltard, lot 80). From 1810 onwards, Ingres most frequently used his own earlier drawings, or even works by other artists, for the backgrounds of his portraits. In this instance, the view of the Villa Medici in this picture re-uses a drawing currently housed in the museum in Montauban (inv. 867.4415) which Georges Vigne attributes to Taurel himself (op. cit., no. 3113).

    In the controversial work by David Hockney, Secret Knowledge: Rediscovering the lost techniques of the Old Masters, the author attempted to demonstrate that Ingres had made use of a drawing aid or camera lucida when creating his portraits. This device consists of a prism which superimposes the subject to be drawn onto the background against which it should be placed. The artist uses this superimposed image to locate the key points of the subject to be reproduced and to even sketch its main features. The perspective is reproduced perfectly, without any construction. In his book, Hockney reproduces a detail of this drawing in counterpoint to one of his own works produced using this device (op. cit., London, 2001, pp. 29-30).


    Having remained in the possession of the model's descendents until at least 1885 (when it was engraved by Taurel's grandson), this drawing passed into the collection of a Spanish painter who specialised in portraits of the mondaine society in Paris, Raimundo de Madrazo y Garreta (1841-1920), who produced numerous salon paintings. The drawing then became one of the innumerable treasures collected by the Countess Martine-Marie Paule de Béhague (1869-1939), in her private residence on the rue Saint-Dominique - now the Romanian Embassy - which Robert de Montesquiou described as the 'Byzantium of the Seventh dictrict'. Having been auctioned along with other of the Countess' possessions in 1926, the drawing was acquired the following year from Knoedler & Co. in New York by John Nicholas Brown (1900-1979), who created one of the greatest American collections of old master drawings in the first half of the 20th century at his home in Providence, Rhode Island. He also owned a Horse rider drawn in silverpoint on prepared paper by Leonardo da Vinci, which was auctioned at Christie's in London on 10th July 2001, and which is still the most expensive drawing by an old master ever sold at auction.


    Surviving portraits drawn by Ingres between 1815 and 1819, depicting wealthy Englishmen visiting Rome on the Grand Tour, provide a unique biographical record in their own right, but they are never as touching and psychologically accurate as when they present a picture of the artist's friends and family, in particular of his fellow artists in residence at the Villa Medici. These works, which alone bear the stamp of friendship, provide a remarkable record of the life of the French Academy in Rome at the beginning of the 19th century and illustrate the strong bonds along its residents, which would not be broken after they had left the magical and enchanting world of the Villa. This magnificent portrait of Taurel, with the model's personality and the setting in which Ingres chose to draw him, is one of the most perfect examples of the Comédie humaine of the French society in Rome.