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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 1

    Joan Miró (1893-1983)

    Sans titre

    Price Realised  

    Estimate

    Joan Miró (1893-1983)
    Sans titre
    signé 'Miró' (en bas à droite)
    gouache sur papier
    41.7 x 52.8 cm.
    Exécuté vers 1950-54

    signed 'Miró' (lower right)
    gouache on paper
    16 ½ x 20 ¾ in.
    Executed circa 1950-54


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    L'ADOM a confirmé l'authenticité de cette œuvre.

    Pierre Matisse compta parmi les pionniers de l’art contemporain aux États-Unis, et fut le seul à promouvoir outre-Atlantique de jeunes artistes euro-péens. Des talents encore inconnus tels que Joan Miró, Balthus, Alberto Giacometti et Jean Dubuffet se virent ainsi proposer des expositions dans sa galerie new-yorkaise à partir des années 1930.
    Lancé dès 1932, Miró demeura durant plus de cinquante ans fidèle à son marchand, dont le soutien indéfectible scella entre les deux hommes une amitié solide. Pour preuve de celle-ci, le peintre accepta de devenir parrain de la fille de Pierre Matisse, Jacqueline, perpétuant les liens sur une nouvelle génération.
    Les années 1949 et 1950 furent celles d’un renouveau dans l’oeuvre de Miró, et de l’exécution de deux séries diamétralement opposées. Le biographe du peintre, Jacques Dupin, distingue ainsi les peintures «élaborées» d’une part, des peintures «spontanées» d’autre part (Miró, Paris, 1961, p. 374). La vaste majorité des oeuvres sur papier réalisées à cette époque et dans les années qui suivirent se rattache au second groupe, dont «l’exécution rapide, brutale, improvisée» (Ibid., p. 379) convient parfaitement au travail sur papier. À l’inverse, la présente oeuvre s’apparente aux peintures dites «lentes», «d’une précision incroyable», où «personnages, oiseaux, animaux, astres et signes jouent et se combinent avec une élégance, une infaillibilité dans l’acrobatie, une désinvolture dans la révélation mystérieuse, une allégresse dans l’évocation nostalgique d’un monde primitif qui confondent l’imagination» (Ibid., p. 374 et 378).
    Cette gouache, rarissime dans le corpus de l’artiste et à ce jour inédite, fut offerte par Miró à sa filleule à l’occasion de son mariage avec Bernard Monnier, en décembre 1954. La finesse absolue de son exécution n’a d’égal que l’exceptionnelle fraîcheur de ses couleurs, merveilleusement préservées depuis plus d’un demi-siècle.

    Pierre Matisse was one of the earliest pioneers of contemporary art in the United States, and notably was the first person to promote young European artists on the other side of the Atlantic. Talents still unknown such as Joan Miró, Balthus, Alberto Giacometti and Jean Dubuffet thus saw themselves offered exhibitions at his New York gallery from the 1930s. Beginning in 1932, Miró remained loyal to his dealer for more than fifty years, whose unfailing support sealed a firm friendship between the two men. Testament to this bond, Pierre Matisse asked Miró to act as godfather to his daughter, Jacqueline, perpetuating the link for a new generation.
    The years 1949 and 1950 saw a renewal in Miró’s work, and the creation of two diametrically opposed series. The painter’s biographer, Jacques Dupin, distinguishes the “developed” paintings on one hand, from the “spontaneous” paintings on the other (Miró, Paris, 1961, p. 374). The vast majority of works on paper made at this time and in the years that followed fall into the second group, whose “fast, rough and improvised execution” (Ibid., p. 379) was perfectly suited to working on paper. Conversely, this work is one of the paintings referred to as “slow”, “of incredible precision”, in which “figures, birds, animals, stars and signs interplay and are combined with an elegance, an infallibility in the act of making art, a casualness in the mysterious revelation, a lightness in the nostalgic evocation of a primitive world that defies imagination» (Ibid., p. 374 and 378).
    The present gouache, a rarity in the artist’s oeuvre and hitherto unseen in public, was given by Miró to his goddaughter on the occasion of her marriage to Bernard Monnier, in December 1954. The utter delicacy of its execution is equalled only by the freshness of its colours, beautifully preserved for more than half a century.

    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.


    Provenance

    Bernard et Jacqueline Monnier, Paris (don de l'artiste, en décembre 1954).
    Puis par succession au propriétaire actuel.


    Pre-Lot Text

    De la collection Bernard Monnier

    Bernard Monnier est issu d’une famille de notables ardéchois, les André, calviniste et établie à Nîmes (1600-1800) où elle réussit dans le négoce. Elle ouvre une filiale à Gênes (1669-1800) où elle double cette activité de celle de banquier (1728), en liaison professionnelle et matrimoniale avec les grandes familles de Genève (Necker, Girardot, etc.).
    Dominique André poursuit ses activités à Paris en 1800 et y réussit tout aussi bien.
    Bernard Monnier représente la quatorzième (et dernière) génération de ces merchant bankers (négociants-banquiers), présents de Londres à Naples avant la Révolution.
    La famille André aimait l’art. À Nîmes, on voyait, entre autres, un Titien, deux Holbein et une fresque de Corrège. À Paris, Édouard André constitua, avec son épouse Nélie, une collection aujourd’hui exposée au Musée Jacquemart-André.
    Par son mariage avec Jackie Matisse, petite-fille du peintre Henri Matisse et fille de Pierre Matisse, célèbre marchand new-yorkais, Bernard Monnier fit la connaissance d'artistes tels que Giacometti, Max Ernst, Brancusi, Dubuffet, Miró (parrain de Jackie), Riopelle, Calder. Il fut également proche de Marcel Duchamp, devenu le beau-père de Jackie après le divorce de ses parents. Enfin il se lia d'amitié avec Jean Tinguely, sa première épouse le sculpteur Eva Aeppli, sa seconde femme Niki de Saint-Phalle - amie de Jackie -, Daniel Spoerri, Jean-Pierre Raynaud, Martial Raysse, François-Xavier et Claude Lalanne, ainsi que Jasper Johns, John Cage, Merce Cunningham…
    En 2008, après un second mariage avec Virginie Lehideux-Vernimmen, historienne de l’art et historienne, une fondation fut créée (1): Bernard souhaitait y pérenniser la tradition philanthropique de sa famille, Virginie dépouiller ses archives et mettre en forme l’histoire de la saga dont il était issu (2).
    Ainsi se survivent plus de cinq siècles.

    Virginie Monnier, septembre 2016

    (1) Fondation Bernard et Virginie Monnier.
    (2) V. Monnier, Édouard André. Une famille, un homme, une collection…, Nîmes, 2014.



    Bernard Monnier was born into a prominent Ardèche family, the Andrés, Calvinists who settled in Nîmes (1600-1800) where they were successful traders. The family opened a subsidiary in Genoa (1669-1800) where it combined this activity with banking (1728) in professional and matrimonial partnership with the great Geneva families (Necker, Girardot, etc.).
    In 1800, Dominique André continued his business activities in Paris and was just as successful there.
    Bernard Monnier represented the fourteenth (and last) generation of these merchant bankers, present from London to Naples before the Revolution.
    The André family loved art. On view in Nîmes were, amongst others, a Titian, two Holbeins and a fresco by da Corregio. In Paris, Édouard André and his wife Nélie built a collection now exhibited at the Musée Jacquemart-André.
    Through his marriage to Jackie Matisse, granddaughter of the painter Henri Matisse and daughter of Pierre Matisse, the famous New York art dealer, Bernard Monnier knew artists such as Giacometti, Max Ernst, Brancusi, Dubuffet, Miró (Jackie's godfather), Riopelle, Calder. He was also close to Marcel Duchamp, who had become Jackie’s step-father after the divorce of her parents. Additionally he became friends with Jean Tinguely, his first wife the sculptor Eva Aeppli, his second wife Niki de Saint-Phalle – whom Jackie had befriended –, Daniel Spoerri, Jean-Pierre Raynaud, Martial Raysse, François-Xavier and Claude Lalanne, as well as Jasper Johns, John Cage, Merce Cunningham and others.
    In 2008, after a second marriage to Virginie Lehideux-Vernimmen, an art historian and historian, a foundation was created (1): Bernard wished to perpetuate the philanthropic tradition of his family so Virginie scoured the family archives and put together the history of the adventure from which it emerged (2).
    Thus it has survived for more than five centuries.

    Virginie Monnier, September 2016

    (1) Fondation Bernard et Virginie Monnier.
    (2) V. Monnier, Édouard André. Une famille, un homme, une collection…, Nîmes, 2014.