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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 32

    Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968)

    Le rêve (Hommage à La Fontaine)

    Price Realised  

    Estimate

    Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968)
    Le rêve (Hommage à La Fontaine)
    signé, daté, situé ‘Foujita 1949 nyc’ (en bas à gauche), signé et daté de nouveau ‘FOUJITA 1949’ (en haut à droite); signé, daté de nouveau et titré ‘LA RÊVE [sic] 1949 Foujita’ (au revers)
    huile et encre de Chine sur toile
    76.7 x 63.6 cm.
    Peint à New York en 1949

    signed, dated, located ‘Foujita 1949 nyc’ (lower left), signed and dated again ‘FOUJITA 1949’ (upper right); signed, dated again and titled ‘LA RÊVE [sic] 1949 Foujita’ (on the reverse)
    oil and India ink on canvas
    30º x 25 in.
    Painted in New York in 1949


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    Sylvie Buisson a confirmé l'authenticité de cette œuvre.

    Entre mars 1949 et février 1950, avant d’obtenir son visa pour la France, Léonard Tsuguharu Foujita vit à New York après avoir définitivement quitté le Japon, sain et sauf, grâce à Douglas MacArthur et Frank Sherman. New York, et sa vie moderne, lui redonnent goût à la vie et le désir de peindre. À soixante-trois ans, plus que jamais virtuose, à force d’avoir peint pendant la guerre des mètres et des mètres carrés de peinture pour l’armée japonaise – travail qu’il a détesté mais qui lui a sacrément exercé la main – Foujita rêve de Paris et de paix, avec sa jeune femme Kimiyo.
    C’est ainsi que durant l’année 1949, il travaille assidûment à une série de chefs-d’œuvre, mû par une véritable rage de peindre, d’envie de rattraper le temps perdu et de reconnaissance. Il puise ses sujets dans cette tradition française qui lui a tant manquée, il met savamment en scène le répertoire animalier des fables de La Fontaine; fables qui n’existent que dans son imaginaire mais que La Fontaine n’aurait pas reniées!
    Après avoir été contraint pendant cinq ans de glorifier le Japon et d’abandonner ses sujets préférés, notamment les animaux, Foujita aspire à l’excellence qu’il avait atteinte dans les années 1930. Il y met tant d’acharnement qu’il se surpasse, et New York devient non seulement le terrain de sa remise en forme mais celui, inattendu, où se produit la quintessence de son art.
    Jamais Foujita n’atteindra mieux cette limpidité qui le caractérise, tout en multipliant la complexité des thèmes et des techniques que dans cette courte période de New York.
    Avant de retrouver Paris et d’espérer s’y laver des miasmes de l’expansionnisme du Japon sur la sphère de coprospérité de la grande Asie Orientale, Foujita se penche ici, comme une fée, sur le berceau de quatre bébés renardeaux, leurs bonnets de coton multicolores, l’attendrissement d’une mère gracieuse et le sommeil d’un père auprès d’elle, le sommeil du juste… Foujita aspire aussi à la paix, au calme et à la sérénité: une quète insatiable. Jusqu’au bout, les enfants, les animaux, les femmes et les madones peupleront son univers. Les animaux surtout, qu’il chargera des travers et attendrissements de la comédie humaine, un humour et une ironie dont il n’est pas dénué.
    Le travail des glacis déposés en fines couches successives sur la toile lisse rappelle celui des laques et des porcelaines du Japon, la couleur noire du fond servant non seulement d’écrin final à la composition centrale de couleur claire mais également de contour (on l’aperçoit dans la délimitation du pelage du cou de Maman Renard). Les faciès sont décrits à l’aide de pinceaux aussi fins que ceux qu’utilisent les calligraphes, le volume étant exprimé par des brosses douces déposant en nuages de la peinture presque sèche, une technique mise au point dans les années 1920 pour le Nu où se mêlent eau et huile, encre et essence.
    L’univers du couvre-lit regorge de saynètes charmantes empruntées au répertoire de Foujita bien plus qu’à celui de la classique toile de Jouy ; Foujita ne se prive pas non plus de réinterpréter librement un fameux paysage de Jean-François Millet, et de l’accrocher chez Monsieur et Madame Renard, représentation idéale du bonheur d’une famille française, rêvée par Foujita. D’ailleurs, ne place-t-il pas en premier plan les couleurs du drapeau français sur la tête des renardeaux?

    Sylvie Buisson, Spécialiste de Léonard Foujita à l’Union française des experts, septembre 2016.


    Between March 1949 and February 1950, prior to obtaining his visa for France, Foujita lived in New York, having definitively left Japan safe and sound thanks to Douglas MacArthur and Frank Sherman. The modern life of New York restored his will to live and his desire to paint. At the age of 63, more inspired than ever after being obliged to paint acres of works for the Japanese army during the war (he loathed the work but it exercised his hand prodigiously), Foujita and his young wife Kimiyo dreamed of Paris and peace. Throughout 1949, he thus worked assiduously on a series of masterpieces in what can only be described as a painting frenzy, desperate to make up for the time and recognition he had lost. He drew his subject matter from the French tradition he had so sorely missed, cleverly presenting the cast of creatures from the fables of La Fontaine. They existed only in his imagination but La Fontaine himself would not have rejected them!
    Having been forced to glorify Japan for five years and abandon his favourite subjects, animals in particular, Foujita sought to regain the excellence he had achieved in the 1930s. So great were his endeavors that he surpassed himself and New York became not only the place where he recovered his vigor but also, unexpectedly, the place where he produced the quintessence of his art.
    Never again did Foujita attain the limpidity so typical of his work than during that brief time in New York, while also increasing the complexity of his subjects and techniques. Before returning to Paris in the hope of washing away the fog of “Japan’s expansionism in the co-prosperity of great East Asia”, in this picture, like a fairy, he watches over the cradle of four baby fox cubs wearing multicoloured cotton nightcaps, the tenderness of a gracious mother and the father beside her, sleeping the sleep of the just.
    Foujita also aspired to achieve peace, calm and serenity: an insatiable quest. Until the end of his life, children, animals, women and madonnas peopled his world, especially animals, which he burdened with the travails and joys of the human comedy, imbuing them with the humour and irony he had in such abundance.
    The numerous fine layers of glaze he painted on the smooth canvas are reminiscent of Japanese porcelain and lacquer work, the black background serving not only as a final frame for the pale central composition but also as a contour. This technique can be seen in the way the fur is delineated on the neck of Mother Fox. The features are depicted with paintbrushes as fine as those used by calligraphers, the volume being expressed with soft brushes applying clouds of almost dry paint, a technique developed during the 1920s for his Nu, using a mixture of water, oil, ink and petrol.
    The bedspread abounds with charming little scenes borrowed from Foujita’s own repertoire rather than that of the traditional toile de Jouy. Moreover, he had no hesitation in freely reinterpreting a famous landscape by Jean-François Millet and hanging it in the den of Mr and Mrs Fox - an ideal representation of the happiness of a French family, as Foujita imagined it. And notice how, in the foreground, he puts the colours of the French flag on the fox cubs’ heads.

    Sylvie Buisson, Léonard Foujita Specialistat l’Union française des experts, September 2016.


    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.


    Provenance

    Acquis auprès de l’artiste par la famille du propriétaire actuel, en 1951.


    Pre-Lot Text

    Provenant d'une collection particulière espagnole


    Exhibited

    Madrid, Círculo de Bellas Artes, Exposición Foujita, novembre 1951, no. 5 (illustré).