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    Sale 5570

    Important Mobilier, Sculpture et Objets d'Art, Céramiques Européennes et Orfèvrerie

    24 June 2009, Paris

  • Lot 471

    BOUGEOIR D'EPOQUE GEORGE III

    VERS 1765, D'APRES UN DESSIN DE SIR WILLIAM CHAMBERS ET PROBABLEMENT DE DIEDERICH NICOLAUS ANDERSON

    Price Realised  

    BOUGEOIR D'EPOQUE GEORGE III
    VERS 1765, D'APRES UN DESSIN DE SIR WILLIAM CHAMBERS ET PROBABLEMENT DE DIEDERICH NICOLAUS ANDERSON
    En bronze ciselé et doré, en forme de griffon aux ailes déployées, surmonté par un bras de lumière à frise d'entrelacs, base quadrangulaire ornée d'une frise de grecques, avec un numéro d'inventaire inscrit à l'encre 49
    Hauteur: 31.5 cm. (12½ in.), Largeur: 14 cm. (5½ in.), Profondeur: 6.5 cm. (2½ in.)


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    Ce très beau modèle fut pendant longtemps attribué à Sir William Chambers (1726-1796), architecte de George III. Son dessin est publié dans la troisième édition de son Treatise on the Decorative Parts of Civil Architecture de 1791. Chambers y décrit les dessins de cette planche comme "incluant des ustensils, dessinés pour le Earl of Charlemont, pour Lord Melbourne et pour quelques décorations de ma propre maison". Un très beau dessin de présentation de John Yenn (mort en 1821), qui fut élève puis assistant de Chambers de 1764 à 1771, montre une version plus ancienne avec de légères variations plus particulièrement sur la plinthe.
    Les éléments décoratifs présents sur ces flambeaux réaparaissent dans l'oeuvre de Chambers très marquée par les productions française et italienne de son temps. Par exemple, le pied fuselé à décor cannelé en spirale de la chaise du Président à la Royal Society of Arts, dessinée par Chambers en 1759-60, anticipe le décor cannelé qu'on trouve sur la base de la bobèche du flambeau au griffon. La guirlande portée autour du cou du griffon est comparable avec celle des dessins de Chambers pour la paire de vases bougeoirs du roi composant la Garniture Royale, exécutée par Mattew Boulton en 1770-71 et maintenant conservée au Château de Windsor. Il est probable que Chambers ait adapté l'idée d'un sphinx assis avec des lignes fortes qu'il avait vu sur un sarcophage romain antique pendant son Grand Tour de Rome entre 1750 et 1754.

    Une excellente comparaison avec le présent bougeoir peut être faite avec une autre paire du Blenheim Palace, Oxfordshire. En examinant leur qualité et le savoir-faire propre à la manufacture, Sir Nicholas Goodison a démontré que la paire du Blenheim a été exécutée par le bronzier préféré de Chambers, Diederich Nicolaus Anderson (qui a travaillé pour lui jusqu'à sa mort en 1767). Un examen de la correspondance privée de Chambers révèle que l'atelier de Anderson était en charge de la production des ornements de bronze doré de qualité importante des commandes de Chambers. Par exemple, le large médaillon du cabinet commandé à Chambers (dessiné par lui) pour le Comte de Charlemont en 1767-68 (vendu par le Comte de Iveagh, Elveden Hall, 22 mai 1989, lot 843 et à la Somerset House de Londres) a son intérieur embelli de bronze doré fabriqué par l'atelier d'Anderson. Après la mort d'Anderson, certains de ces ornements sont restés inachevés, mais Chambers a écrit le 2 octobre 1767 qu'ils avaient du être " cast and his man will finish them as well as he could have done himself ". (N. Goodison, William Chamber's Furniture, op. cit., p. 75).

    Le célèbre bronzier Matthew Boulton a exécuté des griffons similaires sur d'autres objets. Chambers nota un petit-déjeuner avec Boulton en mars 1770 au cours duquel il donna à Boulton certains " valuable, usefull and acceptable modells". On peut présumer qu'un modèle ou dessin de flambeaux au griffon était un de ceux donnés à Boulton. En outre, en mars 1773, Chambers a écrit à Boulton pour lui demander de lui retourner un modèle de griffon ainsi que d'autres pièces. Boulton exécuta un certain nombre de brûle-parfum ayant des griffons assis pour base. Huit de ces vases avec des supports de griffon faits par Boulton ont été vendus à Christie's et Ansell's en 1771 à Lady Godolphin ou encore au Colonel William (N. Goodison, Ormolu : The Work of Mattew Boulton, Londres, 1974, pp. 157-158). On connaît un exemple de griffon stylisé, de taille importante, reposant sur une base tripartite, exécuté vers 1770-71 (illustré dans l'ouvrage de J. Harris et M. Snodin, op. cit., p. 162, fig. 242), un autre exemple plus petit repose sur une base en forme de tambour, probablement vers 1771 (illustré N. Goodison, Ormolu, fig. 90) et un troisième dans une plus petite version qui est dans la collection Gerstenfeld (illustré dans E. Lennox-Boyd, ed., Masterpieces of English Furniture : The Gerstenfeld Collection, Londres, 1998, cat. no. 119, planche couleur 125). Alors que la position et la décoration de ces griffons semblent assez proches du dessin de Chambers, ils diffèrent cependant du présent modèle par leurs ailes abaissées ainsi que par le degré et la qualité de finition.

    Chambers prêtait ses modèles de griffons à d'autres ateliers londoniens importants de l'époque. Un modèle en bois de poirier (maintenant conservé aux Archives de Wedgwood Archives à Barlaston) a probablement servi comme prototype pour les versions en Wedgwood, en jaspe et basalte qui ont commencé à apparaître en 1771. A ces faits, s'ajoutent les commentaires de Wedgwood faits à Bentley pendant cette même année. Il est alors probable que les dessins et/ou modèles soient passés directement de Chambers à Wedgwood (Harris et Snodin, ibid, pp. 159-160). Il est plus intéressant de noter que la paire de flambeaux au griffon en ivoire a été fabriquée au Murshidabad en Inde, à la fin du XVIIIe siècle (aujourd'hui dans la collection Gerstenfeld) a aussi le modèle de Chambers (voir E. Lennox-Boyd, op. Cit., cat. no. 60, planche couleur 106).

    Enfin quatre autres paires de flambeaux au griffon sont connues : une paire a été vendue anonymement chez Christie's, Londres, 12 novembre 1998, lot 5 (155 500 GBP) ; la paire de Blenheim déjà mentionnée ci-dessus ; une troisième paire avec des bases en porphyre d'Egypte avec la National Trust, Hinton Ampner House, Hampshire (illustrée dans J. Harris and M. Snodin, ibid, p. 162, fig. 242) ; et une paire vendue chez Sotheby's, Florence, les 6 et 7 avril 1987, lot 590. Chacune de ces paires est remarquablement similaire à la présente paire avec quelques différences mineures. Chacun des flambeaux des autres paires retient son médaillon suspendu à une guirlande. Alors que la bobèche et le binet de chaque autre paire varient dans les détails et dans le dessin, la présente paire est la seule à suivre de près le dessin de Chambers, notamment dans la proportion de la base où l'on compte six motifs de grecques en profondeur et quatre en largeur. Les bases des autres paires sont plus longues et plus étroites (ayant chacune sept motifs de grecques sur la profondeur et trois sur la largueur) et étant pourvues d'une base en marbre ou en porphyre. La paire du Blenheim a été montée plus tardivement d'une base en marbre blanc par Benjamin Vulliamy et a été redorée en 1787. Cependant ni le dessin de Chambers ni le dessin de Yenn ne représentent une telle base ; ce qui pourrait alors peut-être signifier que les flambeaux n'étaient pas prévus pour être montés à l'origine.

    Special Notice

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    Literature

    Littérature comparée:
    N. Goodison, 'William Chambers's Furniture',Furniture History, 1990, vol. XXVI, p. 67-89.
    N. Goodison, Ormolu: The Work of Matthew Boulton, London, 1974, p. 157-58.
    J. Harris and M. Snodin, eds., Sir William Chambers: Architect to George III, New Haven, 1996, p. 160-62.


    Post Lot Text

    A GEORGE III ORMOLU CANDLESTICK, AFTER A DESIGN BY SIR WILLIAM CHAMBERSAND PROBABLY DIEDRICH NICOLAUS ANDERSON, CIRCA 1765