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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 595

    COFFRET RECTANGULAIRE EN EMAIL PEINT POLYCHROME PARTIELLEMENT DORE

    VENISE, VERS 1500

    Price Realised  

    COFFRET RECTANGULAIRE EN EMAIL PEINT POLYCHROME PARTIELLEMENT DORE
    VENISE, VERS 1500
    La prise sphérique en cristal de roche surmontant un couvercle à charnière s'ouvrant sur un intérieur en émail noir; le dos du coffret noir rehaussé de points dorés; petits éclats, légère usure à la dorure
    Hauteur: 10 x 6.8 cm. (4 x 2¾ in.)


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    Provenance

    Galerie J. Kugel, Paris.


    Pre-Lot Text

    Bien qu'une grande majorité de verres vénitienne datent de la Renaissance, vestiges et documents anciens permettent d'établir les origines de celle-ci vers le VIIème siècle après. J.-C, sur l'île de Torcello. D'importants incendies détruisirent les fours en 1291, obligeant le sénat de Venise à réimplanter les verreries sur l'île de Murano, où elles se trouvent encore à ce jour. Ces verreries produisaient tout un éventail d'objets, destinés tant à l'usage domestique qu'au marché du luxe, et c'est dans ce contexte que les objets émaillés furent produits aux XVème et XVIème siècles.

    Bien que ces émaux traduisent un goût très européen, on ne peut nier l'influence que les relations établies entre Venise et l'Orient eurent sur ceux-ci. Les courants d'idées, l'iconographie et les motifs décoratifs islamiques se propagèrent dans touts les aspects de la vie vénitienne à la Renaissance, sans exception : l'architecture, la mode, la philosophie, les sciences tout comme les arts, témoignent tous de ces échanges culturels que reflète du moins d'un point de vue purement visuel, ce groupe d'émaux de la collection Yves Saint-Laurent - Pierre Bergé.

    Bien que cet échange culturel entre les deux civilisations fut en place dès le IXème siècle après J.-C, le voyage de Gentile Bellini à Constantinople dès 1479-81 fut-il sans doute déterminant, ré-interprêté comme il le fut par la suite par des peintres tels qu'Andrea Mantegna, de sorte que les motifs orientaux devinrent coutumiers du paysage pictural occidental. Citons, par exemple, le brûle-parfum turc peint par Mantegna dans son Adoration des Mages (J. P. Getty Museum, Los Angeles), ou encore le groupe d'hommes en turban figurant dans l'Arrestation de Saint-Marc par Giovanni Mansueti (Collection Liechtenstein, à Vaduz) ou bien la robe damassée richement brodée portée par le doge Loredan dans le portrait de Giovanni Bellini (National Gallery, London). A chacune de ces nouvelles oeuvres, les décors gagnent en exotisme et en extravagance par rapport aux représentations classiques vénitiennes. Ainsi, conséquence de cet essaimage culturel fertile et réciproque, les artistes vénitiens produisirent à tour de bras de riches tissus, pièces en métal liturgiques et domestiques, cabinets décorés et, surtout, des émaux, dont le groupe présenté ici.

    Les émaux de la collection Saint-Laurent - Pierre Bergé illustrent la richesse de la production vénitienne pour de tels objets raffinés et luxueux. Leur influence orientale est clairement visible. Citons par exemple le motif en arabesque ornant la panse du vase lustré à glaçure bleue datant du XIIIème siècle dans la collection Al-Sabah, (National Museum, au Koweit; Watson, op. cit., no. R.1.). Les arabesques sophistiquées et symétriques, rehaussées de feuilles stylisées, constituent la trame des décors de la plupart des émaux présentés ici. Il en va ainsi du type de décor ornant d'autres céramiques d'origine syrienne datant du XVème siècle, telles que la coupe à motifs rayonnants de la Collection Madina, à New York (Atil, op. cit., nos. 74-5). Celle-ci marie le motif à feuillage classique que l'on retrouve sur tous les émaux vénitiens à celui, moins fréquent, des lobes à point central, que l'on peut retrouver sur le coffret émaillé (lot 613). Le carreau hexagonal syrien, datant de la même époque, décoré de rameaux fleuris, au musée national de Damas (ibid., no. 86) illustre là encore ce motif à feuillage, et offre en outre un point de comparaison particulièrement intéressant, les feuilles présentant des lignes parallèles stylisées virtuellement identiques à celles des lots 598 et 601.

    Si l'on considère la verrerie égyptienne ou syrienne dès le XIIIème siècle, on peut là aussi remarquer ces arabesques à feuilles dorées, mais également le recours à une palette rudimentaire de rouges, bleus et blancs. Citons par exemple la lampe de mosquée du XIVème siècle ou la gourde de la fin du XIIIème siècle conservées toutes deux au British Museum à Londres (Glass of the Sultans, nos. 117 and 123, respectivement). Les similitudes ne se limitent pas au type de décoration. En termes de forme et de configuration, on peut également faire un parallèle, par exemple, avec la cruche médiévale à long col d'Ar-Raqqa conservée au Metropolitan Museum of Art à New York (Jenkins-Madina, op. cit., no. MMA23) ainsi q'avec l'aiguière émaillée offerte dans cette vente (lot 610). Enfin, le motif étoilé ornant la coupe iranienne du XIVème siècle de la collection Al-Sabah, conservée au musée national du Koweit (Watson, op. cit., no. Q.22), pourrait bien avoir été l'une des sources d'inspiration de la Salière émaillée offerte dans cette vente (lot 600).

    De toute évidence, les émailleurs vénitiens furent éminemment inspirés par les prototypes islamiques. Comme nous l'avons dit précédemment, un essaimage culturel fertile et réciproque y est pour beaucoup; le fait que l''Antiquité' ne leur avait pas, contrairement aux Romains ou aux Florentins, légué de patrimoine conséquent les conduisantégalement à puiser leur inspiration dans le patrimoine culturel musulman, auquel ils étaient exposés. D'autres facteurs ont également pu intervenir pour expliquer la profusion d'objets d'inspiration islamique produits à Venise, et la portée de l'influence exercée par les prototypes islamiques. Le début du 15ème siècle marqua le déclin de la domination du monde islamique sur la production verrière. L'invasion de la Syrie par Tamerlan en 1400 conduisit au massacre d'une grande partie de la population à Damas, à l'exception des artisans qui s'exilèrent à Samarcande. Il se peut également que les persécutions que subirent les Chrétiens en Syrie à cette époque aient poussé ces derniers et/ou les artisans verriers syriens à émigrer à Venise, apportant avec eux les techniques de décoration à l'émail et des dorures qu'ils tenaient d'une tradition verrière héritée de l'empire byzantin.


    Although the vast majority of Venetian glass dates from the Renaissance, early archaeological and documentary evidence shows that it was also produced in Venice from as early as the 7th century AD on the island of Torcello. Extensive fire damage to the kilns in 1291, however, forced the Venetian Senate to relocate the glassworks to the island of Murano, where they remain today. These glassworks produced multifarious objects for both domestic use and for the luxury market, and it is within this context that ornate enamelled vessels were produced in the 15th and 16th centuries.

    While these enamels were ultimately European in taste there can be no question that they were heavily influenced by the ties existing between Venice and the East. Islamic ideologies, iconography and decorative motifs were prevalent in Venetian life during the renaissance and no discipline was left uninfluenced: architecture, fashion, philosophy, science, as well as the arts, were all proof of the cultural exchange at hand and, at least visually, evidence of this can be seen in the group of enamels in the Collection Yves Saint Laurent and Pierre Bergé.

    Although the cultural exchange between these two civilisations was present from as early as the 9th century AD it was arguably as a result of Gentile Bellini's momentous journey to Constantinople from 1479-81, and subsequently through painters like Andrea Mantegna, that eastern elements started to become common-place in the western pictorial landscape. Consider, for example, the presence of a Turkish incense burner in Mantegna's Adoration of the Magi (J. Paul Getty Museum, Los Angeles), or the group of turban-wearing men in Giovanni Mansueti's Arrest of St Mark (Liechtenstein collection, Vaduz) or, indeed, the richly patterned damask robe worn in Giovanni Bellini's portrait of Doge Loredan (National Gallery, London). With each of these additions, the respective scenes became significantly more exotic and fantastical than the standard representations in Venetian painting. Thus through this cross-fertilisation of artistic ideas Venetian artists produced vast quantities of ornate textiles, liturgical and domestic metalware, decorated cabinets and, not least, enamels such as the group offered here.

    The enamels in the Collection Yves Saint Laurent and Pierre Bergé demonstrate the breadth of productive output in Venice for such elaborate, luxury items. And their eastern influences are clear to see; consider, for example the foliate scroll-work on the body of the 13th century Syrian luster-painted blue glaze vase in the Al-Sabah Collection, (National Museum, Kuwait; Watson, op. cit., no. R.1.). Here the complex, symmetrical scrolls embellished with stylised leaves are the basis for the decorative form of most of the enamels offered here. The same can be said for the type of decoration found on other 15th century Syrian glazed pottery such as the bowl with radial patterns in the Madina collection, New York (Atil, op. cit., nos. 74-5). Here one can see the combination of the typical foliate motifs seen on all the Venetian enamels, but also the incorporation of the more unusual overlapping lobes with dots to the centre that one can see on the enamelled casket (lot 613). The similarly dated Syrian hexagonal tile with floral sprays in the National Museum, Damascus (ibid., no. 86) is yet another example of the similar foliate motifs, but is a particularly interesting comparison as the painter has rendered the leaves with virtually identical stylised parallel lines as in lots 598 et 601.

    When looking at Egyptian or Syrian glassware from the 13th century onwards one can see again the gilt-foliate scrolls, but also the similar use of the very basic palate of reds, blues and whites; consider, for example the 14th century mosque lamp, or the late 13th century canteen both housed in the British Museum, London (Glass of the Sultans, nos. 117 and 123, respectively). The similarities are not only restricted to the type of decoration. In terms of shape and form one can also find parallels with, for example, the medieval Raqqa tall-neck jug in the Metropolitan Museum of Art, New York (Jenkins-Madina, op. cit., no. MMA23) and the rare enamelled ewer offered here (lot 610). Finally, the star motif on a 14th century Iranian bowl in the Al-Sabah Collection, National Museum, Kuwait (Watson, op. cit., no. Q.22), could easily have been the type of object that influenced the creation of the enamelled salt cellar in this sale (lot 598).

    It is therefore clear that the Venetian enamellers owed an enormous debt to Islamic prototypes. As discussed above, this is primarily due to the cross-fertilisation of cultural ideas but also, in part, to the fact that the Venetians did not have as significant an 'antique' heritage as, for example, the Romans or Florentines. This led to Venetians seeking inspiration from the cultural legacy of the Muslim world to which they were so widely exposed. A combination of other factors might also explain the quantity of Islamic-inspired objects produced in Venice and the depth of influence the Islamic prototypes had on them; the early 15th century witnessed a weakening of the Islamic world's domination of the glass market. Timur Lenk's invasion of Syria in 1400 resulted in the massacre of many of Damascus' inhabitants and the exiling of all its artisans to Samarkand. Concurrently, the persecution of Christian communities in Syria may have also resulted in refugee Christian and/or Syrian glassmakers migrating to Venice, and bringing with them the techniques of enamel decoration and gilding they inherited from the glassmaking tradition of the Eastern Roman Empire.


    Post Lot Text

    A PARCEL-GILT POLYCHROME ENAMEL AND ROCK CRYSTAL RECTANGULAR CASKET
    VENETIAN, CIRCA 1500
    With a spherical rock crystal finial on a hinged lid opening to reveal a black enamel interior, the reverse of the casket also of black embellished with gold spots; very minor chips, minor wear to gilding