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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 710

    SUITE DE DIX-HUIT CHAISES D'EPOQUE ROCOCO

    ITALIE, MILIEU DU XVIIIEME SIECLE

    Price Realised  

    Estimate

    SUITE DE DIX-HUIT CHAISES D'EPOQUE ROCOCO
    ITALIE, MILIEU DU XVIIIEME SIECLE
    En bois mouluré, sculpté et redoré, le dossier sculpté aux épaulements de joncs rubanés et décoré de masques d'animaux fantastiques et de feuilles d'acanthe, la ceinture décorée au centre d'une tête de femme, les pieds galbés terminés par des pieds griffe, le dossier à châssis, garniture de damas de soie bronze à motif floral
    Hauteur : 113 cm. (44½ in.), Largeur : 53 cm. (20¾ in.), Profondeur : 53 cm. (20¾ in.) (18)


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    Provenance

    Palais Carrega-Cataldi, Gênes.
    Acquises à la fin du XIXème siècle par Stanford White.
    Collection de William Collins Whitney.
    Collection Patino.
    Galerie Didier Aaron, Paris.


    Pre-Lot Text

    Ce devait être fin 1987 ou début 1988, jeune étudiant en Sorbonne, je venais de publier mon premier livre "L'art du siège au XVIIIème siècle en France" et d'intégrer l'équipe parisienne de la célèbre galerie Didier Aaron. Ce jour là, le non moins célèbre Pierre Bergé entra, en grand habitué, chez l'antiquaire du faubourg Saint-Honoré. Il recherchait un ensemble de chaises de salle à manger du plus bel effet pour Yves Saint-Laurent et lui-même.

    Les belles chaises du XVIIIème siècle français qu'il pût voir ne semblèrent pas retenir son intérêt, Didier Aaron lui parla alors d'une suite de 18 chaises qu'il avait acquises il y plusieurs années chez les Patino au Portugal et qu'il conservait dans ses réserves, non restaurées. Le coup de foudre fut immédiat mais Pierre Bergé, avant toute discussion, voulait impérativement connaître l'origine géographique de ces sièges ; "Bill Pallot va vous trouver ça !" lui rétorqua Didier Aaron et de là date ma première rencontre avec Pierre Bergé.

    J'hésitai longuement entre l'Italie du Nord et l'Allemagne du Sud, pour finalement me rallier à cette dernière hypothèse après avoir retrouvé des gravures de dessins, vers 1745, de l'ornemaniste d'Augsburg Franz-Xaver Habermann, montrant des chaises stylistiquement très proches. Pierre Bergé fut satisfait de la recherche et c'est donc comme allemandes qu'elles intégrèrent les collections Bergé-Saint-Laurent !

    Quelques années passèrent, les études sur le mobilier italien s'étoffèrent notamment grâce aux recherches de Monsieur Alvar Gonzales-Palacios, et je pus transmettre enfin à Pierre Bergé l'origine exacte de ses chaises : elles avaient été exécutées à Gênes (Ligurie, Italie) vers 1740, pour la Galerie dorée du palais Carrega-Cataldi, propriété des Carrega, probablement d'après des dessins de Lorenzo de Ferrari. On pouvait les rattacher à tout un ensemble d'oeuvres de même provenance, soit une paire de consoles conservée au Toledo Museum of Art (USA), deux paires de portes sculptées (collection privée, Newport, Rhode Island, USA), deux autres paires de portes (Metropolitan Museum of Art, New York) et une suite de quatre canapés des collections du comte Volpi di Misurata (sa vente, Sotheby's, Londres, 16 décembre 1998, n. 45 et 46).

    Garnies de "soie verte" au palais Carrega-Cataldi, nos dix-huit chaises furent achetées sur place à la fin du XIX siècle par l'architecte Stanford White qui les revendit quelque temps plus tard pour la résidence new-yorkaise de l'homme d'affaire et politicien William Collins Whitney. Elles restèrent chez son fils et furent vendues à la fin des années 30 par sa femme, Gertrude Vanderbilt Whitney, probablement à la famille Patino où les acquit Didier Aaron.

    Seuls quelques rares initiés avaient connaissance d'une photographie de nos chaises en noir et blanc prise au début du siècle. C'est donc la première fois ici qu'elles apparaissent au grand jour.
    Ces chaises sont remarquables à plus d'un titre. Leur nombre, bien-sûr (dix-huit), et la convergence de deux influences qui pourraient paraître contradictoires: baroque romain et classicisme français qui se réunissent ici pour constituer l'un des deux ou trois chefs-d'oeuvre de la menuiserie en sièges du XVIIIe siècle.

    Bill GB. Pallot
    Septembre 2008



    It must have been at the end of 1987 or early 1988, when, as a young student at the Sorbonne, I had just published my first book, "L'art du siège au XVIIIe siècle en France". I had just joined the Parisian team of the famous Didier Aaron gallery and on that same day Pierre Bergé, a regular at the Faubourg Saint-Honor gallery, came in. He was looking for a set of dining room chairs of the utmost quality for Yves Saint Laurent and himself.

    When the beautiful 18th century French chairs on view did not seem to capture his imagination, Didier Aaron mentioned a set of 18 chairs that he had acquired a while ago from the Patino family in Portugal. These chairs were untouched in his warehouse and when Pierre Bergé saw them it was love at first sight. But before any further discussion he was adamant on knowing which country they came from; "Bill Pallot will find out for you!" responded Didier Aaron..and that was my first encounter with Pierre Bergé.

    I hesitated for a long time between a Northern Italian and a Southern German production. Eventually, having found engravings dated around 1745, by the Augsburg designer Franz-Xaver Habermann, showing chairs of a very similar style, I came round to the latter hypothesis. Pierre Bergé was satisfied with the research, thus they entered the Bergé - Saint Laurent collection as German.

    As the years went by, research on Italian furniture advanced, thanks in particular to the work of Mr. Alvar Gonzales-Palacio, and I was finally able to inform Pierre Bergé on the exact origin of the chairs: they were made in Genoa (Liguaria, Italy), in the 1740's, for the Golden Gallery at the Carrega-Cataldi Palazzio, owned by the Carrega family, and were probably executed based on drawings by Lorenzo de Ferrari. They could be linked to a whole group of works with the same provenance, such as a pair of console tables now kept at the Toledo Museum of Art, two pairs of sculpted doors (private collection, Newport, Rhode Island, USA), two other pairs of doors (Metropolitan Museum, New York) as well as a suite of four canapés from the collections of Comte Volpi di Misurata, (sold at Sotheby's London, December 16, 1998, n.45 and 46).

    The eighteen chairs were covered with green silk upholstery at the Carrega-Cataldi Palazzio, where they were bought in-situ at the end of the 19th century by the architect Stanford White, who resold them a few years later to the politician William Collins Whitney, for his New York residence. They remained with his son and were then sold by his wife, Gertrude Vanderbilt Whitney, at the end of the 1930s, most probably to the Patino family, from whom they were acquired by Didier Aaron.

    Only very few had seen black and white photographs of these chairs, taken at the beginning of the century. It is therefore the first time they appear to the light of day.
    These chairs are exceptional in many ways. Of course their quantity, but also the fusion of two seemingly paradoxical influences: Roman Baroque and French Classicism, which are brought together here to constitute probably one of the two or three masterpieces of the 18th century seat furniture.

    Bill GB. Pallot
    September 2008


    Post Lot Text

    A SET OF EIGHTEEN GILTWOOD ROCOCO CHAIRS
    ITALIAN, MID-18TH CENTURY
    Each with a shaped back upholstered à châssis decorated with fantastical beasts' masks and acanthus, the frieze centred by a female mask, on cabriole legs with paw feet, upholstered in bronze floral-patterned silk, regilt