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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 683

    TAPISSERIE FEUILLE DE CHOUX

    FLANDRES - MILIEU DU XVIEME SIECLE

    Price Realised  

    TAPISSERIE FEUILLE DE CHOUX
    FLANDRES - MILIEU DU XVIEME SIECLE
    En laine, à sujet d'un perroquet perché sur une branche, entouré de branchages fleuris, bordure de fleurs et fruits décorée de personnages aux angles, légèrement réduite en taille
    Hauteur : 273 cm. (107½ in.), Largeur : 228 cm. (89¾ in.)


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    ORIGINES
    Les tapisseries dites feuilles de chou, qui tirent leur nom de la présence exubérante de feuillages proches des feuilles des crucifères, figurent parmi les plus remarquables et mystérieuses des tapisseries. Le dynamisme visuel du dessin -procuré par la profusion de feuillages sauvages semblant sortir de l'obscurité- semble parfois à la limite de l'abstraction pour l'oeil moderne.
    Si les origines de ces puissantes images sont quelque peu floues, leur impact n'en est pas moins fort.
    Les plus anciennes des tapisseries comportent un arrière-plan à décor de fleurs et de feuillages plutôt classique et ordonné. On en trouve ainsi dès 1430 dans un inventaire de Philippe le Bon dans lequel une tapisserie est ainsi décrite : 'de fil d'Arras, à plusieurs herbages et fleurettes, ouvré au mylieu de deux personnages, assavoir d'un chevalier et d'une dame, et de six personnages d'enfants'.

    Plus sauvages et presque surréalistes, les tapisseries feuilles de choux apparaissent au milieu de la première moitié du XVIème siècle et dérivent probablement des tapisseries millefleurs. Alors que ces dernières conservaient une paix et un ordre apparent et étaient dessinées sans aucune perspective, les tapisseries feuilles de choux, avec leurs larges feuilles montrant une nature imaginaire riche et spontanée, défiant la forme et la raison, sont résolument tridimensionnelles.

    Ces tapisseries sont connues sous le nom de feuilles de choux ou feuilles d'aristoloche bien que le nom feuille de choux soit incorrect car il s'agit plutôt de feuilles d'acanthe.
    La tapisserie de verdure à larges feuilles a introduit un aspect non seulement tridimensionnel mais aussi naturaliste. Cet aspect est renforcé par l'introduction d'oiseaux et occasionnellement d'animaux mythologiques mais plus rarement de figures humaines. La vision prédominante est celle d'une nature indomptée que l'homme n'a pas encore perturbée ; une image à la fois fascinante mais aussi menaçante et sans doute emblématique du Jardin d'Eden.

    Les précurseurs de ce genre sont constitués de trois exemples : une dans la Collection Burrel, à Glasgow, une autre dans le Danske Kunstindustriemuseum de Copenhage et une dans le Palais Jacques-Coeur à Bourges, elles représentent de larges chardons couvrant toute la surface. Il est possible que ce soient celles qui ont été commandées par Pierre II, duc de Bourbon (mort en 1503) (G. Delmarcel, Flemish Tapestry, Tielt, 1999, p. 34) mais elles peuvent aussi être celles que Charles Quint acheta à Pieter van Aelst en 1518 (A. Cavallo, Medieval Tapestries in The Metropolitan Museum of Art, New York, 1993, p. 605). Mis à part ce groupe, les autres
    productions à arrière-plan de larges feuilles qui nous sont parvenues sont deux tapisseries d'Enghien armoriées pour Marguerite d'Autriche offertes par Henri van Lacke en 1528 et qui sont désormais au Musée des Arts Décoratifs de Budapest (G. Delmarcel, Tapisseries Anciennes d'Enghien, catalogue d'exposition, Mons, 1980, cat. 1+2, pp. 14-17). Les feuilles, dans cet exemplaire, servent à encadrer et à supporter des armoiries.

    SYMBOLIQUE
    Bien que la plupart des centres de tissage flamands aient adopté ce répertoire décoratif, leurs origines symboliques et leur soudaine popularité restent inexpliquées. Il semblerait que ces bosquets indomptés représentent la peur du chaos chez l'homme médiéval, la folie et l'impiété -bien qu'il soit possible qu'il n'ait en fait aucune signification symbolique-. Ils semblent certainement présenter une image plus sombre de la nature que celle que l'on retrouvait un peu plus tôt dans les tapisseries millefleurs.

    ATTRIBUTIONS
    Il est certain que des centres tels qu'Enghien, Grammont et Audenarde aient produit des tapisseries feuilles de choux mais il est probable que d'autres centres tels que le comté de la Marche en France en aient tissé. L'identification des différents centres de tissage est rendue difficile par la rareté des marques des villes de production sur les tapisseries et l'insuffisance des descriptions de tapisseries dans les documents du XVIème siècle.

    Special Notice

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    Provenance

    Galerie Perpitch, Paris.


    Post Lot Text

    A FLEMISH FEUILLES DE CHOUX TAPESTRY
    MID-16TH CENTURY
    Woven in wool, depicting a parrot on a branch among foliage and flowerheads, within a border decorated with fruits and flowerheads and with figures to the corners, minor reweavings, cuts to the borders


    ORIGINS
    'Feuilles de choux' tapestries, so-called because of the mass of huge cabbage-like leaves dominating their fields, are among the most striking and mysterious of all tapestries. Their design borders on the abstract, a profusion of wild foliage seemingly emerging from darkness with a visual dynamism particularly in tune with the modern eye. While the origins of these powerful images are unclear, their impact remains undimmed.

    Tapestries dominated by a background of flowers and foliage but in a more ordered, classical framework are recorded as early as 1430 in an inventory for Philippe le Bon where one tapestry is described 'de fil d'Arras, à plusieurs herbages et fleurettes, ouvré au mylieu de deux personnages, assavoir d'un chevalier et d'une dame, et de six personnages d'enfants'.


    The wilder, more untamed nature of the foliage of 'Feuille de choux' tapestries, almost surrealistic in its imagery, first appeared at the beginning of the second quarter of the 16th Century and probably evolved from these millefleurs tapestries. While the millefleurs tapestries retained a peaceful and ordered appearance and were drawn in a flat manner, these large leaf verdures display a rich and spontaneous fantasy, defy form and reason and are extremely three-dimensional. These tapestries are known as feuilles de choux or feuilles d'aristoloche although the name 'cabbage leaf verdure' is incorrect as they are usually meant to represent monumental acanthus or bearsbreech. Large leaf verdure tapestries introduced a three-dimensional and naturalistic appearance that was reinforced by the inclusion of naturalistic birds and occasionally mythological animals and rarely by human figures. The predominant vision was of untamed nature uninterrupted by man, an image at once fascinating and even possibly emblematic of an innocent, prelapsarian state, but also threatening because of its seemingly uncontrolled nature.

    Very early precursors to this group are three examples (one in the Burrell Collection, Glasgow, another in the Danske Kunstindustriemuseum, Copenhagen and one in the Palais Jacques-Coeur, Bourges) depicting large thistles that cover the entire tapestry. It is possible that these works are the ones that were commissioned by Duke Peter II of Burbon (d. 1503) (G. Delmarcel, Flemish Tapestry, Tielt, 1999, p. 34) while they may also be those bought by Charles V from Pieter van Aelst in 1518 (A. Cavallo, Medieval Tapestries in The Metropolitan Museum of Art, New York, 1993, p. 605). Apart from that group, the first surviving examples with a predominant large leaf foliate background are two armorial tapestries that were woven for Margaret of Austria by Henri van Lacke of Enghien in 1528 and that are now in the Musée des Arts Décoratifs in Budapest (G. Delmarcel, Tapisseries Anciennes d'Enghien, exhibition catalogue, Mons, 1980, cat. 1+2, pp. 14-17). The leaves in that example still serve the specific purpose of framing and supporting a coat-of-arms.


    SYMBOLISM
    Although most Flemish weaving centres adopted this genre of tapestry into their repertoire, their symbolic origins and sudden and widespread popularity remain unexplained. It appears that these untamed thickets, seemingly beyond the control of man, possibly represented the preeminent fears of medieval society of chaos, insanity and ungodliness although they may have no specific symbolic meaning. They certainly seem to present a darker image of nature than the ordered, more courtly of the slightly earlier millefleurs tapestries.

    ATTRIBUTIONS

    It is certain that centres such as Enghien, Grammont and Audenarde manufactured large leaf verdure tapestries but it is probable that other cities also made similar works. It is believed that most weaving centres in southern Flanders were actually involved in the production of these tapestries and that possibly even towns of the Marche district in France may have woven examples. The identification of specific weaving centres for these tapestries is greatly hindered by the rarity of town marks on the tapestries and insufficient descriptions of the tapestries in 16th Century records.