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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 52

    ANDRE DERAIN (1880-1954)

    Nature morte à la table

    Price Realised  

    ANDRE DERAIN (1880-1954)
    Nature morte à la table
    signé et daté 'a. derain 1904' (en bas à droite)
    huile sur toile
    115 x 161.9 cm. (45¼ x 63¾ in.)
    Peint en 1904


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    Les premiers paysages fauves d'André Derain, à l'instar des Péniches au Pecq (Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris), révèlent son inclination pour un expressionnisme par la couleur pure encore inédit et jugé provocateur. Fasciné par l'art primitif africain, la peinture de Paul Cézanne et de Vincent Van Gogh, Derain n'en reniait pas pour autant la peinture des maîtres. Il arpentait assidûment les couloirs du Musée du Louvre et visita probablement la grande exposition des Arts Primitifs au Pavillon de Marsan en 1904.

    Peintre au talent à la fois classique et novateur, Derain fut, avec Henri Matisse, un des précurseurs du Fauvisme. C'est en 1904, année de la réalisation de Nature morte à la table, que Derain se consacre définitivement à la peinture et cette oeuvre magistrale annonce par sa palette la période fauve de l'artiste. La toile témoigne du désir d'inscrire son art tout à la fois dans la tradition classique et la modernité. En effet, à travers cette oeuvre, l'artiste livre un brillant hommage à la peinture de Cézanne, la composition réunissant dans un décor rustique un ensemble de cruches, de plats portant des fruits, de soupière et de bouteilles peints dans des gammes de couleurs et de contrastes chères au maître d'Aix. Mais, loin du pastiche, Derain se distingue de son prédécesseur en donnant la primeur à l'organisation des masses colorées sur le rendu des volumes. Sans sécheresse, il choisit en effet délibérément de travailler les fruits en réduisant les effets de modelage au profit des aplats de couleurs, à la manière de Paul Gauguin qu'il admirait également.

    D'autre part, le contraste entre la simplicité des objets et la complexité du traitement de la nappe révèle la connaissance intime de Derain des grands maîtres classiques étudiés dans ses années de formation. L'orchestration savante des plis met en valeur la blancheur immaculée de la surface et les ombres travaillées en bleu. Cette harmonie subtile, qui n'a rien à envier aux toiles impressionnistes, démontre la grande maîtrise de Derain des complémentarités chromatiques. Oeuvre importante, rare et ambitieuse par le choix du sujet associé au grand format, Nature morte à la table contient en germe toutes les audacieuses qualités qui feront de ce grand artiste indépendant l'un des talents les plus féconds de la peinture française du XXe siècle.

    Special Notice

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    Provenance

    Ambroise Vollard, Paris.
    Pierre Colle, Paris.
    Galerie Renou et Colle, Paris.
    Carmen Baron, Paris (par descendance).
    Acquis auprès des descendants de celle-ci par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, janvier 1994.


    Literature

    Verve, no. 1, décembre 1937 (illustré en couleur).
    J. Leymarie, Le Fauvisme, Genève, 1959, p. 54.
    D. Sutton, André Derain, Londres, 1959, p. 146, no. 7 (illustré en couleur).
    G. Hilaire, Derain, Genève, 1959, p. 189, pl. 10 (illustré).
    G. Jedlicka, Der Fauvismus, Zurich, 1961.
    G. Diehl, Derain, Paris, 1964, p. 21.
    N. Kalitina, André Derain, Léningrad, 1976, p. 7 (illustré). in Le Petit Journal des Grandes Expositions, no. 42, p. 1
    (illustré).
    J. Lee, Derain, Londres, 1990, p. 15, no. 7 (illustré en couleur).
    S. Whitfield, Fauvism, Londres, 1991, p. 208, no. 23 (illustré, p. 37).
    M. Kellermann, André Derain, catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Paris, 1992, vol. I, p. 163, no. 270 (illustré).
    N. Kalitina, A. Barskaïa et E. Gheorghievskaïa, André Derain: Le peintre à l'épreuve du feu, Bournemouth, 1995, p. 10 (illustré, p. 11).


    Exhibited

    Paris, Musée National d'Art Moderne, Derain, décembre 1954-janvier 1955, p. 16, no. 10.
    Marseille, Musée Cantini, Derain, juin-septembre 1964, no. 6 (illustré).
    Paris, Musée National d'Art Moderne et Munich, Haus der Kunst, Le Fauvisme français et les débuts de l'Expressionnisme allemand, janvier-mai 1966, p. 56, no. 19 (illustré, p. 60).
    Londres, The Royal Academy, Derain, septembre-novembre 1967, p. 14, no. 4 (illustré).
    New York, The Museum of Modern Art; San Francisco, Museum of Modern Art et Fort Worth, The Kimbell Art Museum, The "Wild Beasts": Fauvism and Its Affinities, mars-octobre 1976, p. 9 (illustré).
    Rome, Villa Médicis, Derain, novembre 1976-janvier 1977, no. 1 (illustré en couleur).
    Paris, Galeries Nationales du Grand Palais, André Derain, février-avril 1977, p. 44, no. 1 (illustré en couleur).


    Post Lot Text

    'STILL-LIFE WITH A TABLE'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT; OIL ON CANVAS.


    André Derain's early Fauve landscapes, similar in style to Péniches au Pecq (Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris), reveal an inclination towards expressionism through the unprecedented use of pure colours, considered highly provocative at the time. Although he was fascinated by African primitive art and the paintings of Paul Cézanne and Vincent Van Gogh, Derain did not renounce the influence of the Old Masters. With great assiduity, he would walk through the halls of the Louvre and probably attended the great exhibition of Primitive Art at the Pavillon de Marsan in 1904.

    Working alongside Henri Matisse at the birth of Fauvism, André Derain was a classic, yet innovative painter of great talent. In 1904, the year he painted Nature morte à la table, Derain chose to devote himself definitively to painting. This major work announces the artist's fauvist influence which is evident in the color palette.

    In the present work, Derain pays hommage to the work of Paul Cézanne, who was honoured with a retrospective exhibition at the Salon d'Automne at the end of the same year. The composition brings together a set of jugs, plates with fruit, bottles and a soup bowl against a rustic backdrop, seen from a bird's eye perspective with a range of colours and contrasts of which Cézanne was so fond. However, this was in no way an imitative work as, unlike his predecessor, Derain gives precedence to the relationships between colour masses over the rendering of volume. He deliberately chooses to paint the fruit with a greater emphasis on areas of flat colour than the effects of modelling, in the manner of Paul Gauguin, an artist whom he also greatly admired.

    On the other hand, the contrast between the simplicity of the objects and the complex treatment of the tablecloth reveals an intimate knowledge of the great classical masters, whose work he studied during his years in training. The skilled orchestration of the folds highlights the immaculate whiteness of the surface against the blue-tinged shadows. This subtle harmony, comparable to the work of the Impressionists, demonstrates Derain's total mastery of chromatic relationships. A significant work that is rare and ambitious in both subject matter and large-scale format, Nature morte à la table contains the beginnings of all the bold qualities that would make this independent artist one of the most influential talents of French painting in the early 20th century.