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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 16

    EDOUARD VUILLARD (1868-1940)

    Vuillard au col blanc

    Price Realised  

    Estimate

    EDOUARD VUILLARD (1868-1940)
    Vuillard au col blanc
    avec le cachet de l'atelier 'E Vuillard' (en bas à droite; Lugt 2497a)
    huile sur toile
    39.5 x 31 cm. (15½ x 12 1/8 in.)
    Peint en 1888


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    Peint en 1888, ce très bel autoportrait d'Edouard Vuillard est l'expression annonciatrice du talent intimiste qui singularisa le peintre nabi parmi ses contemporains. Jeune élève de François Flameng à l'Académie Julian, l'artiste livre ici un portrait naturaliste qui révèle son admiration d'alors pour les grandes figures du Salon officiel, notamment Jules Bastien-Lepage ou Jean André Rixens, célèbre portraitiste dont Vuillard admirait le "côté nature et la parfaite réalisation de ses tableaux"1, et son goût pour les maîtres anciens, tels que Chardin ou Fantin-Latour, qu'il étudie au Musée du Louvre. Dès ses débuts, Vuillard s'inspire de son propre visage. Il exécute plusieurs autoportraits entre 1888 et 1890 caractérisés par une certaine forme d'académisme imprégné à la fois de discrétion et de franchise.

    Dans Vuillard au col blanc, l'artiste se représente en buste, la barbe rousse naissante et disciplinée, émergeant avec réalisme d'une profonde pénombre. Malgré la fraîcheur et l'éclat du teint, son visage dévoile un regard d'une vibrante intensité, témoignant d'un caractère paradoxalement à la fois anxieux et plein d'assurance, un regard qui n'est plus celui d'un jeune homme de vingt ans. "Tout ce feu, il ne pouvait le taire comme ses sentiments, qui brûlait peut-être davantage mais secrètement,"2 dira joliment de lui son ami et collectionneur Thadée Natanson, fondateur de La Revue Blanche.

    Vuillard s'inscrit ici dans la tradition française du portrait et fait usage d'une technique toute particulière. Ayant probablement travaillé la carnation du visage au doigt,3 il parvint à faire naître un modelé d'une grande et intense subtilité qui annonce déjà ses dons de coloriste. Attachante autant que singulière, cette oeuvre fait honneur à sa réputation de peintre intimiste.


    Notes :

    1 J. Salomon, Vuillard, Paris, 1945, p. 19.
    2 T. Natanson, Peints à leur tour, Paris, 1948, cité in J. Salomon, Vuillard, Paris, 1968, p. 101.
    3 A. Salomon et G. Cogeval, Vuillard, le regard innombrable: Catalogue critique des peintures et pastels, Paris, 2003, vol. I, p. 46.

    Special Notice

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    Provenance

    Atelier de l'artiste.
    Jacques Salomon, Paris (par descendance).
    Arnold Askin, New York (acquis en 1966).
    Vente, Sotheby's, New York, 14 novembre 1990, lot 372.
    Marguerite et Aimé Maeght, Paris; vente, Me Loudmer, Paris, 28 novembre 1994, lot 71.
    Galerie Bérès, Paris.
    Acquis auprès de celle-ci par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.


    Literature

    A. Salomon et G. Cogeval, Vuillard, le regard innombrable: Catalogue critique des peintures et pastels, Paris, 2003, vol. I, p. 46, no. I-76 (illustré en couleur).


    Exhibited

    The Cleveland Museum of Art et New York, The Museum of Modern Art, Edouard Vuillard, janvier-juin 1954.
    Londres, William Beadleston Gallery et New York, Coe-Kerr Gallery, The Askin Collection: Paintings, Sculpture, Pastels and Watercolors from the Estate of Mr. and Mrs. Arnold Askin, mars-mai 1989 (illustré en couleur; titré 'Auto-portrait'; daté 'circa 1889-90').
    Houston, The Museum of Fine Arts; Washington D.C., The Phillips Collection et The Brooklyn Museum, The Intimate Interiors of Edouard Vuillard, novembre 1989-juillet 1990 (h.c.).


    Post Lot Text

    'SELF-PORTRAIT WITH WHITE COLLAR'; WITH THE ATELIER STAMP LOWER RIGHT; OIL ON CANVAS.


    This beautiful 1888 self-portrait of Edouard Vuillard is a prescient expression of the Nabi painter's intimist talent that would set him apart from his contemporaries. This naturalist portrait, painted while Vuillard studied under Franois Flameng at the Académie Julian, reveals the admiration he held at the time for the great figures of the Salon Officiel, most importantly Jules Bastien-Lepage and Jean André Rixens, the famous portraitist whom Vuillard admired for "his natural side and the perfect execution of his paintings"1 and for his love of the Old Masters, such as Jean Siméon Chardin and Henri Fantin-Latour, whose works he studied at the Louvre. From his early days as a painter, Vuillard often depicted his own likeness. He made several self-portraits between 1888 and 1890, all characterised by a certain academism imbued with both discretion and candour.

    In Vuillard au col blanc, the artist portrays a bust of himself, wearing a neat, youthful red beard while emerging from a deep shadow. Despite the freshness and radiance of his face, it betrays a vibrantly intense gaze that testifies to a character that is, paradoxically, both anxious and self-confident -- not the look of a twenty-year-old. "That fire, which he could not quiet as with his feelings, burned with a stronger flame perhaps, but in secret2," as Vuillard's friend and collector Thadée Natanson, founder of La Revue Blanche, so beautifully said of the artist. In this accomplished early portrait, he already proves his gifts as a colourist skilled in shading.

    With this painting, Vuillard solidly claims his stake in the French portrait tradition and uses a very unusual technique. Most likely by working the tone of the complexion with his fingers3, he was able to create great, intense subtlety, a telling first hint at his talents as a colourist. This touching and singular work honours his reputation as an intimist painter.


    Notes (English):

    1 J. Salomon, Vuillard, Paris, 1945, p. 19.
    2 T. Natanson, Peints à leur tour, Paris, 1948, quoted in J. Salomon, Vuillard, Paris, 1968, p. 101.
    3 A. Salomon and G. Cogeval, Vuillard, le regard innombrable: Catalogue critique des peintures et pastels, Paris, 2003, vol. I, p. 46.