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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 26

    František Kupka (1871-1957)

    Formes allongées

    Price Realised  

    Estimate

    František Kupka (1871-1957)
    Formes allongées
    signé 'Kupka' (en bas à gauche)
    huile sur toile
    65.2 x 71 cm.
    Peint vers 1912-14

    signed 'Kupka' (lower left)
    oil on canvas
    25 5/8 x 28 in.
    Painted circa 1912-14


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    Pierre Brullé a confirmé l'authenticité de cette œuvre.

    Un an avant de peindre la présente œuvre, l’artiste tchèque František Kupka décida d’innover en réalisant un cycle de peintures sans sujet prédéfini. Composée d’une série de formes verticales aux nuances sombres de rouge et de violet, des œuvres telles qu’Étude pour Ordonnance sur verticales (1910-11) ou Plans verticaux I (1912, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris) ont provoqué l’indignation lors de leur première exposition au Salon d’Automne de 1912. L’abstraction lyrique était née. Formes allongées est l’une des premières toiles de cette époque charnière de la carrière de Kupka à être proposée en vente publique. Depuis son acquisition directement auprès de l’artiste par la famille du propriétaire actuel, cette œuvre n’a jamais été vendue.
    Kupka était un immigré bohémien profondément indépendant, qui arriva à Paris au début de l’année 1894. En 1906, il s’installa à Puteaux, une commune boisée de la banlieue ouest de Paris où ses voisins, les frères Duchamp – Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon et Marcel Duchamp – s’affairaient à la mise en place d’un des groupes les plus avant-gardistes qui soit : La Section d’or. Ce groupe, dont faisait aussi partie Francis Picabia, organisait des réunions hebdomadaires pour débattre d’art, de science et de théories émergentes telles que le concept de la quatrième dimension. La Section d’or était unanimement opposée au cubisme, qui jouissait d’un succès considérable, en affirmant que l’art de Picasso et Braque n’était rien d’autre qu’une interprétation de la réalité, et n’avait donc rien de révolutionnaire. Kupka exprimait avec véhémence son rejet du «réalisme» cubiste. La peinture à l’état pur, telle que la pratiquait Kupka et que le critique contemporain Guillaume Apollinaire qualifiait d’«orphisme», n’était en rien descriptive ou anecdotique. La grande passion de Kupka était l’analyse du phénomène de la vision. Comme bon nombre d’artistes de sa génération ayant suivi avec intérêt les progrès des technologies cinématographiques tels que le zootrope, le praxinoscope ou la chromophotographie (pour ne citer que quelques inventions), Kupka était fasciné par le fonctionnement de l’optique. Ses expériences dans le domaine de la perception étaient axées sur la façon dont une image brève pouvait susciter une émotion consciente. Selon lui, le vertical était l’authentique colonne vertébrale de la vie, l’axe central de toute construction. «N’avez-vous jamais ressenti la sensation d’un vertical faisant intrusion dans votre champ de vision contre votre gré ? Il s’agirait peut-être de l’ombre d’un cil tombant sur la surface externe de votre œil. La chute d’un vertical sur le bord d’un horizontal est un événement marquant» (l’artiste cité in S. Faucherau, Kupka, Barcelone, 1989, p. 16).
    Partant du thème de la verticalité, les toiles de Kupka de la série réalisée entre 1910 et 1913 s’efforcent de défaire systématiquement la nature précise de la force expressive de la ligne géométrique. Ces images n’ont pas pour seul objectif la recherche scientifique. En effet, elles sont aussi destinées à permettre l’expression du vécu psychologique occasionné par un événement visuel en particulier. Dans ses écrits sur le monde rectiligne, Kupka évoque les notions d’abstraction et d’immatérialisme. Il affirme qu’«un ordre rectiligne semble être l’ordre le plus dynamique, abstrait, élégant et absolu.» Il ajoute qu’«un plan vertical, à la fois profond et silencieux, contribue à l’émergence du concept d’espace dans son intégrité» (cité in ibid., p. 188). Avec sa palette subtile composée avec soin, et ses verticales qui semblent vibrer, Formes allongées est l’un des exemples les plus représentatifs des analyses picturales de Kupka, à la fois mystiques et visionnaires. Il témoigne également de la légitimité de l’artiste au rang des pionniers que sont Piet Mondrian et Vassily Kandinsky.


    A year before he painted the present work, the Czech artist František Kupka broke new ground with the execution of a series of paintings with no definitive subject. Consisting of a series of vertical shapes depicted in a symphony of somber red and violet tones, works such as Étude pour Ordonnance sur verticales (1910-11) or Plans verticaux II (1912) caused an outcry when first exhibited at the Salon d’Automne in 1912. Lyrical abstraction had arrived. Formes allongées, acquired directly from the artist by the family of the present owner, is one of the earliest paintings from this key period in Kupka’s career to appear on the public market.
    A fiercely independent Bohemian emigré, Kupka arrived in Paris in early 1894. By 1906 he had settled in Puteaux, a leafy suburb west of Paris where his neighbors the Duchamp brothers - Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon and Marcel Duchamp – were busy establishing one of the more theoretical Avant-Garde groups, la Section d’Or. The group, which also included Francis Picabia, met once a week to debate on art, science and emerging theoretical subjects such as the idea of a fourth dimension. Collectively, La Section d’Or was opposed to the prevailing vogue for cubism, arguing that Picasso and Braque’s art was simply an alternative interpretation of reality, and therefore not truly revolutionary. Kupka was especially vocal in his rejection of the ‘realism’ he felt cubism represented; pure painting – or ‘orphism’ as the contemporary critic Guillaume Apollinaire would name it – as practiced by Kupka was to be neither descriptive nor anecdotal.
    Kupka’s driving passion was to investigate the phenomena of vision. Like many of that generation who eagerly followed the development of cinematic technologies - the zoetrope, the praxinoscope or chromophotography to name three inventions amongst many - Kupka was fascinated with the mechanics of optics. Kupka’s experiments in the field of perception centered around how a fleeting image could nevertheless create a sense of emotion within the consciousness:
    “The vertical is the solemn spinal column of life, the central axis of all constructions. Have you ever experienced the sensation of a vertical intruding into your field of vision against your will? It might be the shadow of an eyelash falling upon the outer surface of the eye. When a vertical falls from above onto the edge of a horizontal, this is a true event.” (quoted in S. Fauchereau, Kupka, Barcelone, 1981, p. 16).
    Building on the theme of verticality, Kupka’s series of paintings executed between 1910 and 1913 endeavored to systematically deconstruct the precise nature of the expressive force of a geometric line. Beyond their motive of scientific investigation, these images were also intended to express the personal psychological experience of a particular visual event. In his writings on the subject of the rectilinear word, Kupka evoked notions of abstraction and immaterialism: “A rectilinear order appears as the most energetic, abstract, elegant, absolute order...Profound and silent, a vertical plane helps the whole concept of space to emerge.” (quoted in ibid, p. 188).
    With its carefully synthesiced palette resonating across the undulating surface of verticals, Formes allongées constitutes a prime example of Kupka’s mystical, visionary pictorial investigations and illustrates why the artist is considered one of the forefathers of abstraction alongside Piet Mondrian and Vassily Kandinsky.


    Provenance

    Collection particulière, Luxembourg (acquis auprès de l’artiste, le 14 novembre 1956).
    Puis par descendance au propriétaire actuel.


    Pre-Lot Text

    COLLECTION PRIVÉE EUROPÉENNE


    Exhibited

    Verviers, Musée des Beaux-Arts, Les collections privées d’art contemporain du Grand Duché de Luxembourg: exposition du dixième anniversaire des Amis du Musée, octobre-novembre 1965, p. 26, no. 91 (illustré).