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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 38

    Jean Fautrier (1898-1964)

    Tête de partisan

    Price Realised  

    Estimate

    Jean Fautrier (1898-1964)
    Tête de partisan
    signé de l'initiale et daté 'F. 56' (en bas à droite); inscrit 'Sur le front de mes amis j'écris ton nom Liberté' (le long du bord inférieur)
    huile sur papier marouflé sur toile
    27.4 x 22.4 cm.
    Peint en 1956

    signed with the initial and dated 'F. 56' (lower right); inscribed 'Sur le front de mes amis j'écris ton nom Liberté' (along the lower edge)
    oil on paper laid down on canvas
    10 ¾ x 8 ¾ in.
    Painted in 1956


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    Le Comité Jean Fautrier a confirmé l'authenticité de cette oeuvre.
    Cette oeuvre sera reproduite dans le catalogue raisonné actuellement en préparation par Marie-José Lefort.

    « Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom »
    (Liberté, Paul Eluard, Poésie et vérité 1942 recueil clandestin Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit).

    Ces quelques vers sont extraits du poème que Paul Eluard écrivit en 1942 pour apporter son soutien à ceux qui combattaient l’occupation allemande. A la suite de la répression soviétique à Budapest en 1956 Jean Fautrier, en hommage à l’insurrection hongroise, reprend le thème de son ami poète dans sa série Les Partisans. Il peint alors une suite de portraits de petit format sur chacun desquels est inscrit un vers du poème Liberté. Ces profils de résistants morts pour défendre leur liberté constituent un ensemble particulièrement poignant. Il fait écho à une autre série, Les Otages, réalisée entre 1940 et 1945 qui lui avait été inspirée pendant l’occupation par le bruit des exécutions quotidiennes des prisonniers par les allemands.

    La série des Partisans s’inscrit néanmoins dans un registre différent. Ce n’est plus un cycle de protestation mais une ode à la liberté que nous propose Fautrier. La technique utilisée se distingue également de celle des Otages par une matière moins dense et des couleurs légèrement plus claires. L’intensité y est cependant toute aussi forte entre le contraste du sang des partisans illustré par des stries roses violacées qui coulent sur leur profil pâle et les lignes grises et bleues représentant les chars de l’armée Soviétique. Les visages sont à peine esquissés à mi-chemin entre l’abstraction et la figuration. Cet anonymat renforce cette impression de foule et de groupes unis pour la liberté.

    Fautrier exprime son indignation et sa haine face à ces évènements en utilisant une matière et des couleurs, qu’il triture et qu’il laboure pour créer des empâtements qu’il façonne aisément. L’artiste évoque l’importance de ces deux éléments pour exprimer son art: « On ne fait jamais que réinventer ce qui est, restituer en nuances d'émotion la réalité qui s'est incorporée à la matière, à la forme, à la couleur, produits de l'instant, changé en ce qui ne change plus». (in J. Fautrier, À chacun sa réalité, catalogue d'exposition Fautrier, Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris,1989).

    «On any flesh accorded
    On the brow of my friends
    On every hand outstretched
    I write your name ».

    These few lines are from the poem that Paul Eluard wrote in 1942 to show his support for those fighting the German occupation. Following the Soviet repression in Budapest in 1956, and in homage to the Hungarian uprising, Jean Fautrier revisited the theme addressed by his poet friend in his series The Partisans. Thus he painted a series of small portraits, inscribing on each of them one line of the poem Liberté. This set of profiles of Resistance fighters who died to defend their liberty is a particularly poignant one. It echoes another series, Otages, produced between 1940 and 1945. Fautrier’s inspiration for this last work came during the Occupation, from the noise of the daily executions of prisoners by the Germans.

    The Partisans series, however, communicates a different type of message. Here, Fautrier no longer offers us a cycle of protest, but rather, an ode to freedom. The technique used also differs from that used in Otages, with a less dense material and slightly lighter colours. The set is equally intense however, with the contrast between the partisans’ blood, illustrated by purplish pink streaks running down their pale profiles, and the grey and blue lines representing the Soviet army tanks. The faces can only just be made out, being half abstract, half figurative. This anonymity reinforces the impression of a crowd and of groups uniting together for freedom.

    Fautrier expresses his outrage and loathing in the face of these events, using colours and material that he first mixes in order to create thick, multi-coloured impasto as seen in the present work. The artist speaks of the importance of these two elements to express his art: “We only ever reinvent that which is, reproduce in shades of emotion reality, which is built into the material, the form, the colour - produced in an instant, but changed into something that does not change.” (J. Fautrier, To each his own reality, exh. cat. Fautrier, 1898-1964, Paris, , Musée d’art moderne de la ville de Paris, 1989).

    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.


    Provenance

    Galerie Rive droite, Paris.
    Collection particulière, Paris.
    Galerie Rive droite, Paris.
    Galleria Senior, Rome.
    Galleria Break Club, Rome.
    Collection Berardi, Rutigliano.
    Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel, vers 1996.


    Pre-Lot Text

    PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PRIVEE ITALIENNE


    Literature

    P. Bucarelli, Jean Fautrier pittura e materia, Milan, 1960, p. 344, no. 309 (illustré, p. 345).
    Y. Peyre, Fautrier ou les outrages de l'impossible, Paris, 1990, p. 303 (illustré en couleurs).


    Exhibited

    Rome, Galleria Senior, Fautrier, novembre 1966, no. 4 (illustré).
    Rome, Galleria l'Attico-esse arte, Jean Fautrier, octobre-décembre 1980, p. 7 (illustré, p. 64).
    Rome, Break Club, Fautrier, 1987 (illustré en couleurs).
    Paris, Centre Pompidou - Musée national d’art moderne, Les années 50, juin-octobre 1988 (illustré, p. 218).
    Paris, Galerie Di Meo, Fautrier, octobre-décembre 1990, p. 54, no. 12, (illustré en couleurs, p. 55).