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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 10

    Alexander Calder (1898-1976)

    Sans titre

    Price Realised  

    Estimate

    Alexander Calder (1898-1976)
    Sans titre
    stabile – feuilles de métal, fil de fer et peinture
    115 x 140 x 35 cm.
    Exécuté en 1955

    hanging mobile – sheet metal, wire and paint
    45 ¼ x 55 ½ x 13 ¾ in.
    Executed in 1955


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    Cette œuvre est enregistrée dans les archives de la Fondation Calder, New York, sous le no. A05114.

    La rencontre a eu lieu en 1952 : Agnès Varda est alors âgée d’à peine vingt-quatre ans et Alexander Calder est de trente ans son ainé. L’artiste jouit déjà d’une renommée internationale, il a fait partie des plus grandes expositions et côtoyé certains des artistes les plus influents du XXème siècle. La jeune photographe fait ses premiers pas dans l’univers du théâtre. Jean Vilar, qu’elle a connu lors de son adolescence à Sète, lui propose en 1948 de venir faire des photographies du Festival qu’il vient de créer en Avignon.

    Il la prend rapidement sous son aile, charmé par son énergie et son œil. Elle va rencontrer des peintres, des musiciens. « Depuis très jeune, les peintres que j'admirais, Picasso, Fautrier, Music, m'ont fait comprendre la création comme une réinvention de la réalité avec des formes proposant du plaisir et de l'émotion. Ensuite, ce sont les peintres de toutes époques, puis les artistes contemporains et leurs installations qui m'ont procuré des surprises et des plaisirs. » dit-elle.

    En 1952, deux amis du peintre Gschia, Calder et Henri Pichette qui a écrit une pièce, Nucléa, la proposent à Jean Vilar devenu directeur du TNP, le Théâtre National Populaire. Vilar fera la mise en scène, Calder les décors et accessoires de la pièce qui sera interprétée par Jeanne Moreau et Gérard Philipe. Calder et Vilar se lient rapidement d’amitié et une complicité naît entre les deux hommes, le sculpteur fera même cadeau d’un de ses mobiles à ce dernier.

    Agnès Varda photographie pour le TNP le décor nu, les répétitions et le spectacle. Calder se prend d’affection pour la jeune femme. Il viendra souvent chez elle rue Daguerre manger dans la courette.
    Cette année-là, Calder représente les Etats-Unis à la Biennale de Venise et reçoit – reconnaissance suprême – le Grand Prix de sculpture. Il expose également ses mobiles à la galerie Maeght à Paris. Depuis 1926, il séjourne en effet régulièrement à Paris et garde avec la France une attache très particulière. Il acquiert d’ailleurs, en 1953, une maison à Saché, près de Tours, où il installe un atelier et sa famille plusieurs mois par an. Quand il séjourne à Paris, il travaille régulièrement dans un atelier près de Montparnasse, rue Daguerre proche de l’atelier d’Agnès Varda. Elle fera des portraits de « Sandy » et de sa famille. En 1954, elle tourne son premier film « La Pointe Courte ».

    En 1955, Calder demande à Agnès de photographier ses mobiles à la galerie Maeght et elle propose aussi de sortir les mobiles du dépôt situé dans une rue du 14ème. Calder choisit les mobiles et elle fait les images de cette série qui restent aujourd’hui indissociables de l’image du sculpteur.
    Ce dernier en est d’ailleurs très satisfait comme en témoigne la très belle lettre qu’il écrit à celle qu’il surnomme affectueusement « Popet(te) » : « je te remercie des photos reçu aujourd’hui j’aimerais toute une flopée ». Il souhaite surtout lui faire cadeau d’un de ses mobiles, soulignant la tendre complicité qui les lie alors. Il propose même dans cette lettre de lui en faire un sur mesure si elle ne trouve pas son bonheur dans le dépôt de Foinet. C’est en mai 1955 qu’elle choisit son mobile.

    Trait d’union entre ces deux artistes, Sans titre s’étire dans l’espace, déclinant avec élégance tout le vocabulaire plastique de Calder, des éléments géométriques, cercles et triangles, aux formes végétales dont cette feuille ou fleur rouge en est le point d’exclamation, le point focal. A l’image de certains tableaux de Miró – un artiste avec qui Calder entretient une grande amitié– il met l’accent sur cette tache carmin décentrée qui capte le regard, écho lointain au Horse, pipe and red flower de l’artiste espagnol. « Je me suis principalement limité à n’utiliser que du blanc et du noir comme étant les couleurs les plus contrastées. Le rouge est la couleur la plus opposée à ces deux dernières. » rappelle-t-il. Mis en mouvement, Sans titre dégage une poésie à part, lorsque ses feuilles noires entrent dans une danse avec cette fleur rouge, et « laisse un sillage invisible derrière lui, ou plutôt chaque élément laisse son propre sillage derrière sa propre entité ». La sculpture prend ici vie sous le regard du spectateur ainsi que l’écrit André Breton : « l’objet de Calder, réduit à quelques lignes simples découpant les couleurs élémentaires, par la seule vertu du mouvement – du mouvement non plus figuré mais réel -, est miraculeusement rappelé à la vie la plus concrète et nous restitue les évolutions des corps célestes et le frémissement des feuillages aussi bien que le souvenir des caresses ».

    Image mobile d’une nature magnifiée par Calder, Sans titre a fait le bonheur d’Agnès Varda, de Jacques Demy et leurs enfants.

    Agnès Varda and Alexander Calder met in 1952: she had only just turned twenty-four and he was thirty years older. The artist was already internationally renowned. He had taken part in the largest exhibitions and rubbed shoulders with some of the most influential artists of the twentieth century. The young photographer was stepping out in the world of theatre. The actor and producer Jean Vilar, who Agnès Varda had first met during her adolescence in Sète, invited her, in 1948, to take pictures of the Festival that he had just created in Avignon. Vilar quickly took her under his wing, charmed by her energy and keen eye. In Avignon she thus meets the artists and musicians. "When I was very young, the artists I admired - Picasso, Fautrier, Music - helped me to understand that the process of creation is like reinventing reality with forms that provide pleasure and emotion. Later, I found pleasure and surprise from the work of artists from all periods, and then from contemporary artists and their installations," she says.

    In 1952, two friends of the artist Gschia, Alexander Calder and Henri Pichette, author of the play Nucléa, propose to stage it to Jean Vilar, the newly-elected director of the Théâtre National Populaire. Vilar would adapt in for the theatre, while Calder will oversee the design of the scenery and costumes of this play, which will be interpreted by Jeanne Moreau and Gérard Philippe. Calder and Vilar quickly became friends and a complicity grew between the two men. The sculptor even made a gift of one of his mobiles to Vilar. Behind the scenes, Agnès Varda photographed the decor, rehearsals and the play itself. The artist took a shine to the young woman with such a keen eye and would often visit her at her place rue Daguerre.

    That year, Calder represented the United States at the Venice Biennale and was awarded the highest form of recognition, the Grand Prize for Sculpture. He also exhibited his mobiles at the Maeght Gallery in Paris. Indeed, since 1926, he regularly stayed in Paris, remaining particularly attached to France. In 1953, he also purchased a house in Saché, near Tours, where he set up a studio and brought his family to stay for several months a year. When staying in Paris, he often worked in a studio in Rue Daguerre, near Montparnasse. Close to the studio of Agnès Varda. It is therefore not surprising that in 1954, while directing her first film La Pointe Courte, she also produced a series of portraits of the artist and his family.

    In 1955, Calder asked Agnès to photograph his mobiles at the Galerie Maeght and she suggested him to show the mobiles that were conserved in the deposit located in the 14th arrondissement. Calder chose some mobile and she made pictures of this group, which are today inseparable from the image of the sculptor. Calder was very pleased with the photos, as demonstrated by the beautiful letter he wrote to the woman whom he affectionately nicknamed 'Popet(te): "Thank you for the pictures received today. I'd like a whole bunch". He especially wants to present one of his mobiles to her, as a sign of the tender complicity between them. He even proposes in this letter to create one for her, if the existing one does not find his happiness in her place. It is in May 1955 that she makes the choice of the mobile.

    Untitled represents the link between these two artists. Stretching out in space, gracefully displaying all of Calder's visual vocabulary, the geometric elements, the circles, triangles, and plant forms, the exclamation mark of the piece - the focal point - is the red leaf or flower. Just as in some of Miro's paintings - an artist with whom Calder maintained a close friendship- he placed emphasis on that crimson off-centre mark that grabs the viewer's attention. One is vaguely reminded of the Spanish artist's Horse, pipe and red flower. "I mainly restricted myself to using only black and white, being the most contrasting colours. Red is the colour that most opposes these two colours," he recalls. Set in motion, Untitled exudes a poetry apart, when its black leaves start dancing with this red flower. It "leaves an invisible trail behind it, or rather, each element leaves its own trail behind its own entity." The sculpture comes to life under the gaze of the viewer, as described by André Breton: "Calder's creation, reduced to a few simple lines carving out the elementary colours by virtue of movement alone - and no longer by a figurative motion but by an actual movement - , is miraculously brought back to very real life, reproducing for us the changing nature of celestial bodies and the rustling of leaves, as well as recalling caresses past. ».

    The moving image of nature magnified by Calder, Untitled brought joy to Agnès Varda, Jacques Demy and their children.

    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.


    Provenance

    Collection Agnès Varda, Paris.
    Don de celle-ci au propriétaire actuel.


    Saleroom Notice

    Veuillez noter que cette œuvre est enregistrée dans les archives de la Fondation Calder, New York, sous le no. A05114.

    Please note that this work is registered in the archives of the Calder Foundation, New York, under no. A05114.


    Pre-Lot Text

    PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION AGNÈS VARDA


    Exhibited

    Paris, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, Calder, juillet-octobre 1965, p. 34, no. 167.