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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 481

    FIGURE EN BOIS FRUITIER D'UN SQUELETTE EN DECOMPOSITION

    ALLEMAGNE DU SUD, CIRCA 1670

    Price Realised  

    FIGURE EN BOIS FRUITIER D'UN SQUELETTE EN DECOMPOSITION
    ALLEMAGNE DU SUD, CIRCA 1670
    Le squelette tenant un arc dans la main gauche, un carquois en bandoulière, reposant sur un socle entièrement sculpté et une base octogonale en ivoire, avec un cartouche armorié et huit pieds tournés en ivoire; petits manques et légères restaurations, le socle en ivoire probablement associé, le carquois remplacé
    Hauteur: 31 cm. (12¼ in.)


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    Le memento mori en buis présenté ici, suscitant à la fois fascination et terreur, s'inscrit dans la longue tradition de l'art européen, selon laquelle le corps humain était représenté en décomposition. Comme Tertullien l'a illustré dans l'Apologeticus (op. cit.), le concept de memento mori, ou 'rappelle-toi que tu es mortel', trouve ses origines dans l'Antiquité. Dans l'Apologeticus, il décrit la façon dont les généraux romains victorieux paradaient dans les rues de Rome, suivis par un esclave répétant dans leur dos 'Respice post te! Hominem te esse memento!' (Regarde derrière toi ! Rappelle-toi que tu es un homme !). Ce thème a perduré pendant tout le Moyen-âge avant d'atteindre son apogée à la Renaissance, avec l'une des images les plus frappantes de l'époque : le squelette monumental en marbre, se tenant debout, exécuté par Ligier Richier vers 1544. Cette tradition de représentation de la mort, ainsi que sa relation avec l'homme perdurent jusqu'au XVIIème siècle, particulièrement en Europe du Nord, où l'on trouve d'innombrables représentations du thème, sous la forme de crânes, de sabliers et de fleurs défraîchies. Ceci peut sans doute s'expliquer par le fait que la Réforme, qui sévissait en Europe du Nord à l'époque, ait accordé une valeur importante à l'idéologie chrétienne, et en conséquence, à la relation de l'homme avec Dieu et la mort. La vue, et par extension la possession d'un memento mori, forçait tout chrétien à réfléchir sur la vanité et sur la fugacité des plaisirs terrestres, et l'invitait à se concentrer sur sa vie dans l'au-delà. La référence qu'on associe souvent à ce concept, est : 'in omnibus operibus tuis memorare novissima tua, et in aeternum non peccabis' ('dans tout acte souviens toi de l'au-delà et tu ne pêcheras pas': Ecclesiasticus 7:40).

    Le squelette en buis présenté ici est un memento mori de cette même veine qui, selon la tradition, donne à celui qui le regarde la conscience de sa mortalité, et le fait également réfléchir à l'universalité de la mort. Ce thème est très bien illustré dans la gravure de 1493 de Michael Wolgemut La Danse Macabre, qui représente cinq squelettes, dans des poses outrancières, dansant sur une tombe, démontrant par là-même, que quelque soit notre origine, la mort est le destin de tous. Même si cette image était à l'époque monnaie courante, il y a de fortes chances pour qu'une gravure de ce type ait influencé la composition du présent lot. Tant d'un point de vue stylistique, que sur le plan de la composition, le squelette présenté ici est pratiquement identique à un autre exemple, en buis, que l'on peut voir dans le memento mori monogrammé AD et daté 1673 du Bayerisches Nationalmuseum, à Munich (Beck, loc. cit.). Bien qu'il reste encore à identifier l'artiste qui a laissé son monogramme sur la version de Munich, la date qui est y gravée fournit une indication précieuse quant à sa réalisation.

    Special Notice

    No VAT will be charged on the hammer price, but VAT payable at 19.6% (5.5% for books) will be added to the buyer’s premium which is invoiced on a VAT inclusive basis


    Provenance

    Sotheby's, Londres, le 12 déc. 1996, lot 141.
    Galerie J. Kugel, Paris.


    Saleroom Notice

    Ce lot a été acquis auprès de la Galerie J. Kugel, Paris.
    This lot was purchased from Galerie J. Kugel, Paris.


    Literature

    LITTERATURE COMPAREE:
    Tertullian, Apologeticus, Cambridge, 1686.
    C. Theodor Müller 'Ein Problem Deutscher Kleinplastik des 16. Jahrhunderts', Zeitschrift des Deutschen Vereins für Kunstwissenschaft, 10, 1943, pp. 255-264.
    Frankfurt am Main, Liebieghaus, Dürers Verwandlung in der Skulptur zwischen Renaissance und Barock, 1 nov. 1981 - 17 jan. 1982, H. Beck ed., pp. 301-4, no. 191A.


    Post Lot Text

    A CARVED FRUITWOOD FIGURE OF A STANDING SKELETON
    SOUTH GERMAN, CIRCA 1670
    The decaying figure holding a bow in his left hand with a quiver on a strap across his shoulder, on an integrally carved base and octagonal ivory plinth with carved armorial cartouche and eight turned ivory feet; minor losses and restorations, the ivory base probably associated, the quiver replaced

    The captivating yet equally terrifying boxwood memento mori offered here follows a long-standing tradition in European art of representing the human body decomposing. As Tertullian illustrated with the Apologeticus (op. cit.) the concept of memento mori, or beware death, had its roots in antiquity. In it, he describes how victorious Roman generals parading through the streets of Rome would have a slave walking behind them repeating the phrase Respice post te! Hominem te esse memento! (Look behind you! Remember that you are a man!). The theme continued throughout the middle ages and during the renaissance culminated with one of the most striking images from the period, Ligier Richier's monumental marble standing skeleton from circa 1544. The tradition of allegorising death, and man's relationship with it, then carried into the 17th century, where particularly in northern Europe countless representations of the theme could be seen in the form of skulls, dying flowers and hourglasses. This was, arguably, driven by the re-evaluation of Christian ideology - and subsequently man's relationship with death and God - due to the Reformation that had swept through northern Europe in the 16th century. To any Christian who saw or, indeed, owned a memento mori, they would have served to emphasise the emptiness and fleetingness of earthly pleasures and were thus an invitation to focus one's thoughts on the prospect of the afterlife. A religious text often associated with this concept is: in omnibus operibus tuis memorare novissima tua, et in aeternum non peccabis (in all your works be mindful of your last end and you will never sin, Ecclesiasticus 7:40).

    The boxwood skeleton offered here is one such memento mori that follows in the tradition of making its onlooker conscious of their mortality, and is also a reflection of a further allegory: the universality of death. This can be best seen in Michael Wolgemut's engraving of La Danse Macabre from 1493 which displays five skeletal figures in exaggerated poses dancing above a grave and demonstrating that, irrespective of one's background, death comes to all. Although the image was a common one, it may have been an engraving such as this that influenced the composition of the present lot. Stylistically and compositionally the skeleton offered here is virtually identical to another boxwood skeletal memento mori in the Bayerisches Nationalmuseum, Munich (Beck, loc. cit.) that is monogrammed AD and dated 1673. Although the artist that monogrammed the Munich figure is yet to be identified, the engraved date provides a context for when the present lot may have been executed.