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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 410

    FIGURE REPRESENTANT UN BOURREAU

    D'APRES GIAMBOLOGNA (1529-1608), ITALIE, SECOND MOITIE DU XVIIEME SIECLE

    Price Realised  

    Estimate

    FIGURE REPRESENTANT UN BOURREAU
    D'APRES GIAMBOLOGNA (1529-1608), ITALIE, SECOND MOITIE DU XVIIEME SIECLE
    En bronze, s'avançant à grandes enjambées, tenant la tête de Saint Jean Baptiste dans sa main gauche; sur un socle carré d'époque postérieure en bois noirci; patine brune à rehauts brun clair; épée manquante
    Hauteur : 37.4 cm. (14 in.), Hauteur totale : 48.8 cm. (19 in.)


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    La statuette représente un personnage masculin nu, d'âge mûr, s'avançant, le pied droit en avant, et tenant une épée de sa main droite, le bras gauche en avant formant un angle. Les doigts de sa main se mêlent aux cheveux d'une tête coupée. A cet égard, cet exemple diffère du personnage de Giambologna, habituellement intitulé Mars ou Gladiateur, sa main étant vide et ses doigts artificiellement distendus, comme lors d'un spasme d'anxiété.

    La tête barbue est nettement tournée vers la gauche, alors que son corps musclé est représenté dans un mouvement montant en diagonale. Le personnage adopte une attitude minutieusement calculée et complexe, une figura serpentina, décrit dans les théories d'art vers la fin de la Renaissance. De par le mouvement pivotant du haut du corps, la gestuelle et la démarche, le personnage est conçu pour être admiré de tout côté et pour dominer psychologiquement l'espace qui l'entoure.

    Pour sa composition de Mars, Giambologna semble avoir été inspiré par une statuette en bronze (perdue) d'Antonio Pollaiuolo datant de la seconde moitié du XVème siècle, et illustrée dans deux dessins, représentant un personnage similaire, partiellement, sous divers angles. Cette statuette est à rapprocher de l'oeuvre de Giambologna quant - à la posture, la démarche et le mouvement des bras. Cependant, cette "fusion" exemplaire entre la force et l'élégance du personnage ne peut avoir été concue que par un artiste de la fin de la Renaissance comme Giambologna. Il est également possible que ce dernier ait eu connaissance d'impressionnants croquis à la plûme réalises par Léonard de Vinci, représentant un guerrier-bourreau nu et musclé, presque écorché, sans-doute réalisé dans le cadre d'un tableau représentant le Massacre des Innocents.

    Mars est un des modèles de Giambologna le plus souvent reproduit, mais, curieusement, il n'est mentionné ni dans la liste de Marcus Zeh (1611) ni dans le registre de Baldinucci (1688). Dans son modèle portant les initiales .I.B. (pour Iohannes Bologna, nom latin de Giambologna), aujourd'hui conservé dans une collection privée au Canada, même les détails les plus infimes étaient soigneusement moulés avec un style dans un moule en cire (???) : une qualité sculpturale incontestable - qui, dans d'autres exemples apparemment de la main d'Antonio Susini - s'efface au profit de la virtuosité du ciselage.

    Les plus belles statuettes exécutées par Giambologna - représentatives de son oeuvre, voire sa signature - illustrent tout comme dans le présent modèle, le dieu s'avançant à grande enjambée, son talon gauche soulevé du sol, conférant à la composition une impression d'énergie latente. Ce trait fut aussi modifié par la suite par Antonio Susini afin de faciliter une production en série.

    Special Notice

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    Literature

    LITTERATURE COMPAREE:
    S. Meller, 'Dr. Wittmann Ernö Kizplaszikai gyüjtemenye', Magyar Müveszet, X, 1934, p. 240.
    E. Dhanens, Jean Boulogne, Giovanni Bologna Fiammingo, Bruxelles, 1956, XXXVI, pp. 198-99.
    Edimbourg, Londres et Vienne, Royal Scottish Museum, Victoria and Albert Museum et Kunsthistorisches Museum, Giambologna (1529-1608) - Sculptor to the Medici, C. Avery and A. Radcliffe eds., 1978, pp. 93-98, nos. 42-46.
    J. Montagu, 'The Giambologna Exhibition', en Burlington Magazine, CXX, 1978, pp. 690-93.
    C. Avery, Giambologna - The Complete Sculpture, Oxford, 1987, pp. 28, 137, 261, no. 69, pl. II, 137, 303.


    Post Lot Text

    A BRONZE FIGURE OF AN EXECUTIONER
    AFTER GIAMBOLOGNA (1529-1608), ITALIAN, SECOND HALF 17TH CENTURY
    Depicted striding forward and holding the head of a man in his left hand; on a later square ebonised wood base; medium brown patina with lighter high points; the sword lacking

    The statuette depicts a nude mature male figure striding forward with his right foot and holding a sword at the ready in his hand while the left arm is held forward at an angle. In its hand, the fingers are enmeshed in the hair of a severed head. In this respect this example differs from Giambologna's figure that is normally called Mars or a Gladiator, for that has the hand empty and with its fingers artificially distended, as though in a spasm of anxiety. The bearded head is sharply turned to his left, while his muscular body is shown in a diagonally upward rising movement. The figure stands in a carefully calculated complex posture, a figura serpentina, as prescribed in late Renaissance art theory. Through the turning of the upper body, the movement of the arms and the striding motion the figure is designed to be seen from all round, and psychologically to dominate the surrounding space.

    For his composition of Mars, Giambologna seems to have been inspired by a lost bronze statuette by Antonio Pollaiuolo from the second half of the 15th century, which is documented by a couple of drawings, showing a similar figure partially from different angles. In posture, stride and movement of the arms that statuette was similar to Giambologna's work. However, the exemplary fusion of strength and elegance in the present figure could only be achieved by a late Renaissance artist like Giambologna. He may also have known some vibrant pen sketches by Leonardo da Vinci of a muscular - almost a flayed - nude warrior-executioner, made perhaps in connection with a painting of the Massacre of the Innocents.

    The Mars is one of Giambologna's most frequently reproduced models but, strangely enough, is mentioned neither in the list of Marcus Zeh (1611) nor in the register of Baldinucci (1688). In the prime example, initialled .I.B. (standing for the Latin version of Giambologna's name Iohannes Bologna, now in a private collection, Canada), even the smallest details were painstakingly modelled with a stylus in the wax casting model. They have a fully sculptural quality which, in other examples, seemingly produced by Antonio Susini, is lessened by the overly zealous chasing.

    Furthermore, the best - possibly therefore autograph - statuettes show the god striding with a springy step, and with his left heel raised off the ground, which gives an impression of latent energy. This feature was also subsequently modified by Antonio Susini to permit easier serial production.