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    Sale 12701

    Paris Avant-Garde

    20 October 2016, Paris

  • Lot 14

    Jean Dubuffet (1901-1985)

    L'Aléatoire

    Price Realised  

    Estimate

    Jean Dubuffet (1901-1985)
    L'Aléatoire
    signé des initiales et daté 'J.D. 68' (sur le bord droit)
    transfert sur résine sur polyester
    99 x 59 x 33.5 cm.
    Exécuté le 21 août 1967

    signed with the initials and dated 'J.D. 68' (on the right side edge)
    transfer on polyester resin
    39 x 23 ¼ x 13 ¼ in.
    Executed on the 21st of August 1967


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    « C’est l’irréel maintenant, écrit Dubuffet, qui m’enchante; j’ai un appétit de non-vrai, de fausse vie, d’antimonde; mes travaux sont lancés sur la voie de l’irréalisme. (J. Dubuffet, « Cité fantoche », in Prospectus et tous écrits suivants, volume II, Paris 1967, pp. 188-189). L’Aléatoire offre un exemple emblématique de ces recherches qui culminent avec le cycle de l’Hourloupe. En 1967, cinq ans après la naissance de ses premiers travaux uni par un langage cellulaire bleu-blanc-rouge, Dubuffet se lance dans un nouveau projet, celui de faire sortir la peinture de la dimension traditionnelle de la toile, de lui donner du corps, de la transposer en trois dimensions. Pour ce faire, il utilise le polyester, un matériau tendre et malléable qui permet une rapidité d’exécution et offre un aspect à mi-chemin du réel et de l’irréel. « La notion de l’espace en trois dimensions me paraît pas correspondre à la réelle appréhension immédiate de l’espace par l’esprit, celle-ci comporte des « dimensions » bien plus nombreuses. » (Dubuffet cité in Jean Dubuffet, catalogue d’exposition, Centre Georges Pompidou, Paris, 2001.)

    Avec L’Aléatoire, Dubuffet continue son bouleversement du genre du portrait dans l’histoire de l’art, entamé dans sa célèbre série Plus beaux qu'ils croient (1947). Les traits du personnage au nez fort et au grand front semblent presques autobiographiques au premier abord, mais se décomposent dès que le regard s’arrête sur eux au profit d’une image plus généraliste, pourvu d’une individualité distincte. Choisi pour figurer sur la couverture du fascicule dédié aux sculptures peintes, L’Aléatoire incarne l’homme de L’Hourloupe, habité d’un logos hasardeux. Par sa taille imposante, il annonce déjà les futurs personnages monumentaux et les projets architecturaux de l’univers de L’Hourloupe en expansion permanente, qui trouvera sa culmination finale dans le "tableau vivant” du Coucou Bazar en 1971.

    "It is unreal that enchants me now, writes Dubuffet; I have an appetite for the non-true, a false life, an anti-world; my works are now on the path to the unreal” (J. Dubuffet, « Cité fantoche », in Prospectus et tous écrits suivants, Vol. II, Paris, 1967, pp. 188-189). L’Aléatoire brilliantly illustrates this direction of Dubuffet’s artistic research which found the culmination in the celebrated cycle L’Hourloupe. In 1967, five years after the birth of his first charismatic works made of red and blue cells, Dubuffet embarks on a new project – bringing his art beyond the traditional bounds, breathing life into it, to transpose it in three dimensions. The organic, natural materials, he explored in the 1950s, do not satisfy him anymore, he seeks for a new substance and polyester, soft and malleable, seems to match his demands. It allows for the speed of execution and endows sculptures with an appearance halfway between the real and the unreal. "The notion of three dimensional space does not correspond to the actual immediate perception of space in one’s mind that has in fact many more other "dimensions" (Dubuffet quoted in Jean Dubuffet, exh. cat., Centre Georges Pompidou, Paris, 2001).

    With L’Aléatoire Dubuffet continues to challenge the conventional portrait genre in the history of art, which he has first disrupted in the famous Plus beaux qu'ils croient series from 1947. The character’s facial traits with a strong nose and a high forehead may appear autobiographical at first, but at a closer examination they seem to dissolve, making a more general image stand out, ripped of any individuality. Chosen by Max Loreau as the cover of Dubuffet’s catalogue raisonné booklet dedicated to painted sculptures, L’Aléatoire embodies the man of L’Hourloupe. With its sheer size, this bust also foreshadows Dubuffet’s future monumental figures and architectural projects belonging to the constantly expanding universe of L’Hourloupe, the pinnacle of which would be the Coucou Bazar ballet in 1971.

    Special Notice

    Artist''s Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist''s Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist''s collection agent.
    ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds)


    Provenance

    Ignacio Carles-Tolrà, Espagne.
    Collection particulière, Genève.
    Collection particulière, Suède.
    Vente, Christie's, New York, 1er novembre 1984, lot 19.
    Acquis au cours de cette vente par le propriétaire actuel.


    Pre-Lot Text

    PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIERE AMÉRICAINE


    Literature

    M. Loreau, Jean Dubuffet: délits, déportements, lieux de haut jeu, Paris, 1971 (illustré, p. 532).
    M. Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet - Fascicule XXIII: Sculptures peintes, Lausanne, 1972, no. 73 (illustré en couleurs, sur la couverture et p. 93).
    G. Picon, Le travail de Jean Dubuffet, Genève, 1973 (illustré, p. 146).
    A. Franzke, Dubuffet, New York, 1981 (illustré, p. 182).


    Exhibited

    Paris, Galerie Jeanne Bucher, Jean Dubuffet: peintures monumentées, décembre 1968-février 1969.
    Montréal, Musée des Beaux-Arts, L'Homme du commun: travaux de Jean Dubuffet, décembre 1969-janvier 1970, no. 83 (illustré, p. 60).
    Dublin, Royal Dublin Society, Rosc'71: the poetry of vision: an international exhibition of modern art from outside Ireland and Viking Age Art, octobre-décembre 1971.