• Art Africain et Océanien auction at Christies

    Sale 5584

    Art Africain et Océanien

    4 December 2009, Paris

  • Lot 83

    MAGNIFIQUE TABOURET DE PRESTIGE SONGYE

    RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

    Price Realised  

    Estimate

    MAGNIFIQUE TABOURET DE PRESTIGE SONGYE
    République Démocratique du Congo
    Le support représentant un homme et une femme dos à dos, chacun avec un long cou annelé, les mains levées soutenant le plateau, la femme avec une bande de scarifications verticales sur le torse et un triangle de pointillés de chaque côté du nombril saillant. Patine sombre et brillante.
    Hauteur: 64 cm. (25¼ in.)


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    Ce magnifique tabouret, avec des personnages aux éléments cubistes et stylisés, fait parti d'un ensemble de seize tabourets analogues où seulement deux présentent un homme et une femme. Le voisinage des Luba poussa très certainement les Songye à adopter la tradition des tabourets figuratifs ainsi que leur iconographie. Alors qu'on peut dater ce type de tabouret loin dans le XIXe siècle, cet ensemble a été réalisé à la fin du XIXe siècle ou dans le premier quart du XXe siècle. Il provient de la région de Kisengwa et Kabalo au sud du territoire Songye bordant le nord de l'empire Luba.Frans Olbrechts fut le premier à appeler ce style hybride le style Luba-Songye. Il semble certain que la fonction symbolique ait été adoptée en même temps que l'iconographie. Les tabourets sont les symboles les plus importants de la royauté Luba, utilisés principalement lors des rites d'investiture. Les tabourets servent également de métaphore dans la représentation de la hiérarchie au sein de la société. Pendant les rites d'initiation des Mbudye, l'association secrète des dignitaires royaux, le rang et le titre sont indiqués par l'accession progressive à des sièges de plus en plus prestigieux, le tabouret en bois sculpté étant le rang le plus élevé réservé aux rois et aux devins. Ils étaient gardés par un personnage officiel et n'étaient utilisés qu'en de rares occasions et servaient plus de réceptacle à l'esprit du roi que de tabouret.
    Tous les tabourets ayant une date de collecte auraient été rapportés avant 1925. Parmi eux, un tabouret à représentation féminine est conservé à l'Institut des Arts de Détroit, rapporté par F. W. Snow entre 1914 et 1922 (Penny, D. et al., African Masterworks in the Detroit Institute of Arts, Washington D. C., 1995, p. 153, no.78); un autre du même style rapporté par M. Libert en 1916, plus tard dans la collection de Philippe Guimiot; un autre vendu par Sotheby's à New York le 22 novembre 1998, lot 313, rapporté du Congo par Emile Deladrier entre 1910 et 1912; un tabouret à représentation masculine se trouve aujourd'hui à l'Institut d'Art de Chicago, vendu par Christie's à Londres le 3 décembre 1991 et rapporté par Monsieur et Madame Schepens du Lusambo en 1924.

    Les seuls deux autres tabourets avec un support représentant un homme et une femme sont d'une hauteur de 52 cm, donc plus petits que celui-ci. L'un est dans la collection Laura et James Ross (voir La Gamma, A., Echoing Images, Couples in African Sculpture, New York, 2004, p.38, pl.26) et fut trouvé au marché aux puces de Bruxelles en 2003, l'autre est maintenant conservé au Minneapolis Institute of Art (voir Sieber, R., African Art in the Cycle of Life, Washington D.C., 1987, p.110, no.61). Ce dernier est identique au nôtre de par sa taille, son profil allongé et étroit et ses scarifications sur l'abdomen de la femme, ils sont sans aucun doute l'oeuvre du même sculpteur.


    Special Notice

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    Provenance

    Robert Reisdorff, Bruxelles, directeur général au Ministère des Colonies Belges


    Literature

    Olbrechts, F.M., Les Arts Plastiques du Congo Belge, Anvers, 1946, pl.XXXIV, nos.161-162
    Bastin, M.-L., Introduction aux Arts de l'Afrique Noire, Arnouville, 1984, p.355, no.379
    De Heusch, L., Utotombo: l'Art d'Afrique noire dans les collections privées belges, Bruxelles, 1988, p.106, Pl.XXXVIII


    Exhibited

    Bruxelles, Utotombo: l'Art d'Afrique noire dans les collections privées belges,1988, Pl.XXXVIII


    Post Lot Text

    SUPERB SONGYE PRESTIGE STOOL

    This magnificent stool, with its bold and dramatic stylization of the human form conceived as cubistic elements is one of a corpus of sixteen in the same style of which only two others are supported on a male and female couple.

    The Songye almost certainly adopted the tradition of figurative stools from the neighboring Luba whose close proximity resulted in a fusion of their iconography and formal imagery. Although the Luba tradition of caryatid stools, sometimes with an addorsed male and female couple, dates back well into the nineteenth century, this group of Songye stools seems to have been carved at the end of the nineteenth century or first quarter of the twentieth century and to have originated in the southern Songye territory bordering the north of the vast Luba empire in the area of Kisengwa and Kabalo. Frans Olbrechts was the first to define this hybrid style as the Luba-Songye substyle. It seems certain that the symbolic function would have been adopted by the Songye along with the visual formal imagery. Stools are the most important symbol of Luba kingship, featuring prominently in investiture rites and the stool serves as a metaphor for the various levels of hierarchy within the society. During the initiation rites of the Mbudye, the secret association of the royal officeholders, rank and title are indicated by the progressive accession to more prestigious forms of seating, the sculpted wooden stool being the highest level and the prerogative of only kings and spirit mediums. They were guarded by an appointed official and brought out on only very rare occasions to serve as a receptacle for the king's spirit rather than as a functional object.

    Of the Songye stools with recorded collection data all seem to have been collected prior to 1925. These are a stool on female figure support now in the Detroit Institute of Arts collected by F.W Snow between 1914 and 1922 (Penney,D. et al., African Masterworks in the Detroit Institute of Arts, Washington D.C., 1995, p.153, no.78); a female figure stool collected by M Libert in 1916, later in the collection of Philippe Guimiot; another sold by Sotheby's New York on 22 November 1998, lot 313, brought back from the Congo by Emile Deladrier between 1910 and 1912; and a male figure stool now in the Art Institute of Chicago sold by Christie's in London on 3 December 1991, lot 110, collected by Mr and Mrs Schepens in Lusambo in 1924.

    The only two other stools in the corpus on both male and female caryatid supports are a smaller one, 52 cm. in height, in the Laura and James Ross collection (see LaGamma, A., Echoing Images, Couples in African Sculpture, New York, 2004, p.38, pl.26) found in a flea market in Brussels in 2003; and another, almost identical in size and form to our present stool, now in the Minneapolis Institute of Art (see Sieber, R., African Art in the Cycle of Life, Washington D.C., 1987, p,110, no.61). It is identical in height, with the same tall narrow profile and the same scarification carved on the female's abdomen. Both works are undoubtedly the work of the same master carver.