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    Sale 12692

    Art d'Afrique et d'Océanie

    23 June 2016, Paris

  • Lot 278

    Statue Mbole
    Mbole figure

    RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

    Price Realised  

    Estimate

    Statue Mbole
    Mbole figure
    République Démocratique du Congo
    Hauteur: 70 cm. (27 ½ in.)


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    Les Mbole vivent dans la région d’Opala, quasiment au centre de la République Démocratique du Congo. Leur vie sociale et rituelle est dominée par l’association lilwa et la production de grandes statues en bois s’effectue uniquement dans le contexte de cette société secrète. Lilwa est une institution hiérarchique à laquelle l'adhésion est obligatoire pour tous les hommes. Tout comme la société bwami chez les Lega, lilwa supervise les affaires rituelles, éducatives, judiciaires, sociales, politiques et économiques. La tâche principale du lilwa est l’initiation des jeunes hommes.

    Les statues Mbole représentent des personnages pendus par le lilwa pour avoir enfreint les règles de la société. Ces images étaient ainsi montrées pendant les initiations pour inculquer aux futurs initiés l’importance du secret des rites initiatiques. Les statues étaient présentées comme des exemples du sort des personnes ayant porté atteinte à la loi et à la morale de lilwa. A diverses occasions pendant les initiations, les jeunes hommes devaient toucher le corps des statues pour renforcer leur crainte des représailles ; tout au long de leur vie et chaque fois que leur comportement s’avérait douteux, les initiés devaient jurer sur ces images.

    Rouvroy est la seule personne à avoir observé sur le terrain les statues Mbole. Leur utilisation et signification sont expliquées dans son article « Le Lilwa. District de l'Aruwimi. Territoire des Bambole » (Congo, I, 5, 1929). Rouvroy a publié la seule photo connue sur la sortie de quatre statues. Les ‘pendus’ étaient promenés couchés sur un brancard, fixés à celui-ci par des cordes passant dans le dos au travers des trous de fixation - visibles à l’arrière du corps de notre statue.
    La figure ici fut collectée par Camille D’Heygere, présent dans l’Etat indépendant du Congo entre 1893 et 1898. D’Heygere fut tout d’abord procureur député à Boma, puis juge à Nouvelle Anvers ; mais nous ne savons pas précisement où il a acquis la figure. Cette statue fut probablement la première statue Mbole à entrer en Occident. D’autres exemples sont arrivés dans les premières décennies du XXe siècle : le gouvernement Belge présenta deux statues Mbole au Museum d’Histoire Naturelle Américain en 1907 (90.0/5232 et 90.0/5228). Deux autres sont entrées dans les collections du Museum royal d’Afrique Centrale à Tervuren avant 1917 (EO.0.0.19831 et EO.0.0.19832), tandis que le Musée ethnographique d’Anvers fit l’acquisition de huit statues par Henri Pareyn en 1920.

    Provenance

    Collectée par Camille D’Heygere, entre 1893 et 1898
    Collection privée belge,
    acquise par descendance, 2014
    Collection privée belge


    Post Lot Text

    The 90,000 Mbole live in the region of Opala, virtually in the heart of the Democratic Republic of the Congo. Their socio-ritual is dominated by the lilwa association. It was only within the context of the secret lilwa society that the Mbole produced large wooden statues. The lilwa is a complex hierarchical ritual insitution to which membership is compulsory for all male subjects of society.  Similar to the bwami society of the Lega, lilwa supervises ritual, educational, judicial, social, political, and economic functions. One of the most important tasks of the Lilwa is the initiation of young men.

    Mbole figures represent persons who were hanged by the members of lilwa for transgression of rules, and that they were shown during the initiations to inculcate among the initiates the importance of not revealing the secrets of the initiation rites. The figures were shown as examples of the fate of persons who infringed upon the moral and legal code of lilwa. On various appropriate occasions during the initiations, the young men had to touch the body of the figures to fix and strengthen their fear of reprisals; in later life, whenever their behavior was questionable, the initiates had to swear on the images.

    Rouvroy is the only person who has made field observations about Mbole figures and has given some details about the use and meaning of them in his article “Le Lilwa. District de l’Aruwimi. Territoire des Bambole” (Congo, I, 5, 1929). Rouvroy published the only known field-photo of the “coming out” of four figures. Les ‘pendus’ etaient promenée couchées sur un brancard, fixée à celui-ci par des cordes passant dans le dos au travers de trous de fixation, visibles à l’arrière du corps.

    The present figure was collected by Camille D’Heygere, who was stationed in the Congo Free State between 1893 and 1898, first as a deputy prosecutor in Boma, later as a judge in New Antwerp. This early collection date makes it vraisemblement the first Mbole statue to arrive in the West. The Belgian government presented two Mbole figures to the American Museum of Natural History in 1907 (90.0/5232 and 90.0/5228). Two Mbole figures came to the Royal Museum for Central Africa in Tervuren before 1917 (EO.0.0.19831 & EO.0.0.19832) and Antwerp’s Ethnographic Museum acquired 8 statues from Henri Pareyn in 1920.