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    Sale 5537

    Art Africain et Océanien

    4 December 2008, Paris

  • Lot 1

    BOITE COUVERTE

    INDONÉSIE

    Price Realised  

    BOITE COUVERTE
    Indonésie
    De forme rectangulaire, composée de bambous et de coquillages nassa formant sur une face divers motifs géométriques sur des motifs peints de couleurs rouge, noire et ocre.
    Hauteur: 38 cm. (15 in.)


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    Pre-Lot Text

    Gilbert Hampden Manley (1931-2008)

    Gilbert Hampden Manley passa plusieurs années au zoo de Londres, à observer patiemment, dans la quasi-pénombre, le comportement de ces étranges et nocturnes ancêtres éloignés: les pottos, les lorises et les galagos. Il vécut aussi pendant quelques temps dans la jungle Sri Lankaise, observant les singes langurs. Avec son professionnalisme et ses connaissances, il effectua des observations méticuleuses et réfléchit à la signification de détails, à première vue insignifiants. Ce sont précisément ces facultés qui ont fait de lui un collectionneur remarquable et fin connaisseur.

    Il n'avait pas le goût des grandes choses, dramatiques ou ostentatoires. Il préfèrait celles fonctionnelles et modestes qui portaient les traces d'usage et une patine ancienne créée par une manipulation longue et régulière. Malgré sa profonde affection pour les spatules des Iles Trobriand en général, il n'achetait que celles dont la lame portait les traces de chaux ou de noix de bétel. La simplicité et la grâce des pilons polynésiens l'enchantaient également. Cependant, il les appréciait seulement si leur surface portait des éraflures ou des creux, dus à un usage répété. S'il découvrait une surface polie à peine visible juste en dessous de la poignée, qui découlait des générations de mains l'ayant saisie, l'objet devenait alors presque irrésistible.

    Gilbert est né en 1931 à Shanghai, où son père était alors représentant d'une firme industrielle Britannique. Lorsque la seconde Guerre Mondiale s'étendit à l'Asie, les Japonais occupèrent la ville et il fut emprisonné avec sa famille. C'est durant cette période que Gilbert commença à regarder les oiseaux et par la suite se vanta de pouvoir reconnaître toutes les espèces présentes dans cette partie de la Chine, qui en comptait plusieurs centaines. Son père mourut après l'armistice et Gilbert, alors adolescent, partit pour la Grande-Bretagne afin de poursuivre son intérêt pour l'histoire naturelle. Grâce à des subventions et des bourses, il parvint à intégrer l'Université de Nottingham, afin d'y étudier la zoologie. De là, il rejoignit l'équipe d'Oxford étudiant le comportement des animaux sous la direction de Niko Tinbergen, futur lauréat du prix Nobel.

    Lorsqu'il arriva en Angleterre, tous ses biens pouvaient tenir dans deux malles-cabines. Cependant, il se mit à collectionner. Dans un bric-à-brac d'Oxford, il acheta une paire de poids à opium Birmans. C'est peut-être leur origine orientale qui le charma au départ mais il reconnut très vite que ces poids formaient un ensemble et qu'à travers les siècles, leurs crêtes figuratives changèrent de forme et les faisaient ressembler à des canards. Il développa alors certaines théories et eut pour objectif de les collectionner.

    Dans les années 1950, il quitta Oxford avec son diplôme de doctorat nouvellement acquis et partit pour Londres afin de débuter ses études au Zoo et là, les ventes ethnographiques, qui avaient lieu chaque printemps et automne, l'encouragèrent à élargir son horizon. Il se prit de passion pour les objets du Pacifique et commença à les rechercher avec le même enthousiasme insatiable qui le guidait dans ses recherches académiques.
    S'asseoir à côté de lui lors d'une vente pouvait constituer une expérience riche en émotions. Comme beaucoup, il avait l'habitude de noter dans son catalogue le prix marteau de chaque objet. Cependant, alors que beaucoup d'entre nous le faisons de manière négligée, les notes de Gilbert étaient minuscules et ordonnées, chacune élégamment placée sur la page en-dessous de la description du lot. Lorsque le commissaire-priseur s'approchait du lot sur lequel Gilbert avait jeté son dévolu, il semblait s'arrêter de respirer. Son visage devenait un masque inexpressif et des gouttes de sueur perlaient sur son front. Lorsque le lot était adjugé à lui-même ou à un autre acheteur, il restait immobile. Les prix des objets suivants n'étaient ensuite plus notés. La monte d'adrénaline faisant trembler ses mains si violemment qu'il ne pouvait plus écrire.

    Une fois l'objet en sa possession, il se mettait alors à effectuer des recherches très poussées. Il feuilletait sa collection d'anciens catalogues de ventes et fouillait dans sa considérable bibliothèque. Ensuite, il avait des conversations téléphoniques jubilatoires avec ses amis collectionneurs pour leur raconter ses trouvailles.

    En 1974, il quitta Londres pour un poste d'enseignant au département d'Anthropologie, à l'Université de Durham. Ses visites en salles de ventes devinrent alors moins fréquentes. Mais, en bon érudit qu'il était, les recherches liées aux collections lui donnait tellement de plaisir que lorsqu'il apprenait qu'un de ses amis avait acheté un objet qui était quelque peu mystérieux ou problématique, il se portait souvent volontaire pour effectuer des recherches.

    Peu de personnes pourraient regarder un objet aussi intensément que Gilbert. Aucun de ses objets ne fut acquis avec négligence. Désormais, ils sont dispersés. Trois d'entre eux sont donnés en sa mémoire au British Museum. Les autres reviennent dans une salle de vente comme je suis sûr il l'aurait souhaité. Il se peut que les objets lui ayant appartenu gardent l'étiquette "ancienne collection Manley". Si tel était le cas, les futures générations de collectionneurs pourront reconnaître qu'une telle provenance est la garantie d'une grande qualité.


    Gilbert Hampden Manley spent several years in the London Zoo patiently observing, in semi-darkness, the behaviour of those strange, nocturnal and distant relatives of ours - pottos, lorises and galagos. He also lived for some time in the jungles of Sri Lanka, watching langur monkeys. He was thus very experienced, professionally, in making meticulous observations and pondering the significance of apparently trivial details. And it was precisely those skills that made him such a remarkable and discriminating collector.

    His taste was not for the large, dramatic or showy. He preferred small modest functional things that carried the marks of wear and the rich patina created by long and regular handling. So although he was fond of Trobriand spatulae in general, he would not acquire one unless its blade carried the traces of lime and betel nut. The simplicity and grace of Polynesian stone pounders also delighted him. But he only coveted one if its under-surface carried the pits and scratches that come from long use. If he also discovered the barely detectable polished band just below the handle that had been imparted by generations of gripping hands it became almost irresistible.

    Gilbert was born in 1931 in Shanghai where his father was the representative of a British industrial firm. When the Second World War swept over Asia, the Japanese occupied the city and he and his family were interned. It was then that Gilbert started watching birds and he claimed that he could recognise all of the species that could be seen in that part of China - which must have numbered several hundred. Soon after the coming of peace, his father died and Gilbert, now in the teens, made his way to Britain to follow up his natural history interests. With the help of grants and scholarships, he managed to get a place to read zoology in Nottingham University. From there, he went to Oxford to join a team investigating animal behaviour under the leadership of the Nobel-prize-winner-to-be, Niko Tinbergen.

    When he had arrived in England all his worldly possessions were contained in two small cabin trunks. But now he started to collect. In an Oxford bric-a-brac shop he came across a pair of Burmese opium weights. Perhaps it was their oriental origin that appealed to him initially but he soon recognised that such weights formed sets and that over centuries their figurative crests changed shape and eventually came to resemble ducks. So he developed theories and targets to guide his collecting of them.

    In the 1950's he left Oxford with his newly acquired doctorate and came to London to start his studies at the Zoo and there the ethnographic sales, that then were held every spring and autumn, encouraged him to broaden his horizons. He became enamoured of objects from the Pacific and began to pursue them with the same unquenchable enthusiasm that he brought to his academic research.

    Sitting next to him in an auction could be a tense experience. Like many, he habitually noted in his catalogue the price that each lot achieved. But whereas most of us would do that with a careless scrawl, Gilbert's notes were neat, minuscule and each most elegantly placed on the page beside its lot's printed description. As the auctioneer approached the lot on which Gilbert had set his heart, however, he seemed to stop breathing. His face set into an expressionless mask and drops of perspiration materialised on his forehead. And when the lot was finally knocked down to him or indeed to anyone else, he sat immobile. The prices of the following lots went unrecorded. Adrenalin had made his hand tremble so violently that he could not write.

    Once an object was acquired, he would research it in great detail. That involved leafing through his sets of old auction catalogues and burrowing into his large and extensive library. Then he would have gleeful conversations on the telephone with fellow collectors to discuss his findings.

    In 1974 he moved from London and took up a teaching post in the Anthropology Department of Durham University. Thereafter, his visits to the saleroom became less frequent. But, scholar that he was, the research aspect of collecting gave him so much pleasure that after learning that one of his friends had bought something that was, perhaps, a little problematical or mysterious, he would often volunteer to do the research on their behalf.

    Few people could look at an object more intensely than Gilbert. Not one of those he owned was acquired carelessly. Now they are being dispersed. Three are going to the British Museum in his memory. The rest are returning to the saleroom as I am sure he would have wished. But it may be that the objects he once owned will keep the description "ex-Manley Collection" attached to them. If they do then future generations of collectors may well come to recognise that such a provenance is a guarantee of a very special quality.


    David Attenborough


    Post Lot Text

    INDONESIAN BOX AND COVER