• 500 ans, Arts Décoratifs Europ auction at Christies

    Sale 5586

    500 ans, Arts Décoratifs Européens

    17 December 2009, Paris

  • Lot 47

    IMPORTANTE PAIRE DE SAUPOUDROIRS EN ARGENT

    PAR ELIE PACOT, LILLE, 1712-1713

    Price Realised  

    Estimate

    IMPORTANTE PAIRE DE SAUPOUDROIRS EN ARGENT
    PAR ELIE PACOT, LILLE, 1712-1713
    Balustre octogonal, la base décorée de feuilles de laurier et baies, le corps alterné de pans lisses et de pans ornés de motifs Régence sur fond amati et appliqués de médaillon à l'antique, gravé d'armoiries d'alliance surmontées d'une couronne, le couvercle repercé et gravé de quartefeuilles, la prise en fleur, poinçons sous les fonds: deux poinçons de charge, jurande (lettre E) et maître-orfèvre
    Hauteur: 21 cm. (8¼ in.)
    936 gr. (33.10 oz.) (4)


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    En Europe, le sucre est connu depuis les croisades et tandis que Venise contrôlait le commerce de la Méditerranée orientale, Bruges était au nord la capitale du négoce du sucre. Par les Flandres, Lille a connu le sucre à la fin du XVIIème siècle (E.de Sevin, "Sucrier en argent", L'Estampille/l'Objet d'Art, janvier 1992, numéro 254). Il se présentait soit en morceaux dans des sucriers en forme de soucoupes ou en poudre dans des saupoudroirs appelés aussi saupoudreurs ou poudrettes. Ces derniers ont été fabriqués entre 1710 et 1735 (A.D. Nord : Tab 2766/191) et sont à piédouche, appliqués de feuilles d'eau ou de lambrequins comme les modèles parisiens.
    Né à Bordeaux en 1657, Elie Pacot est issu d'une famille de marchands. Après avoir complété ses six ans d'apprentissage suivis de trois ans de compagnonage, il quitte Bordeaux, ne pouvant s'installer comme maître, suite à la décision des orfèvres en 1675 de bloquer l'accès à la maîtrise en raison du nombre trop important d'orfèvres. Probablement sur les conseils de Jean Renard, lui-même originaire de Bordeaux et récemment employé à la Monnaie de Lille, Pacot s'installe à Lille où il épouse en 1688 Jeanne Plassaert, héritière d'une riche famille de Gand.
    Sa production initiale est à l'image de ses clients : les églises de campagne, la bourgeoisie marchande et la noblesse de robe. Cependant la guerre de succession d'Espagne lui apporte une nouvelle clientèle plus raffinée et exigeante qui lui permet de donner libre court à sa créativité et son talent.
    La guerre de succession d'Espagne a opposé de 1701 à 1714 la France et l'Espagne à une coalition européenne composée surtout de l'Angleterre, des Provinces-Unies et du Saint Empire Romain germanique. Initiée par l'invasion des Pays-Bas Espagnols par Louis XIV le 1er février 1701, cette guerre connaît un tournant important avec la victoire en 1708 du duc de Marlborough et du Prince Eugne à la bataille d'Audenarde suivie de la prise de Lille en août. En effet, Louis XIV demande la paix mais refusant les conditions humiliantes exigées par les Alliés, il poursuit la guerre remportant plusieurs batailles dont celles de Brihuega en 1710 et celle de Denain en 1712 qui aboutissent à la paix d'Utrecht en janvier 1713 et à la signature le 6 mars 1714 du Traité de Rastatt.
    Lille est donc occupée par les étrangers pendant plus de quatre ans et passe sous l'autorité des députés des Provinces-Unies.
    L'arrivée de ces étrangers est une aubaine pour les orfèvres lillois qui avouent dès 1709 avoir tiré "le plus grand profit du commerce avec les villes circonvoisines de la domination des alliés depuis la prise de la ville..(et)..avec plusieurs officiers et étrangers de la domination des dits Hauts Alliés..(qui leur apportent)..des matières qui sont pour la plupart au titre des villes voisines " c'est à dire l'ancien titre (Archives Municipales Lille AG 1249).
    Pacot est un opportuniste talentueux qui travaille pour l'ennemi comme pour l'allié. Ainsi en 1708 avant l'occupation de Lille, il réalise un écritoire pour Joseph Clément l'Electeur de Cologne qui, fuyant les forces alliées, se réfugia à Lille, et en 1709 il fabrique pour l'occupant, le duc de Marlborough un plat et son aiguière (Victoria and Albert Museum).
    Mais si Pacot travaille beaucoup, de nombreux orfèvres souffrent et déclarent que "la plus grande partie (d'entre eux) se trouverait privé de travail s'ils se trouvaient restreints à travailler pour les habitants de la ville qui ne leur fournissent pas seulement la moitié de leur travail journalier " (voir N. Cartier, "Le surtout d'Elie Pacot", Connaissance des Arts, avril 1992, pp.42-51).
    Cette paire de saupoudroirs fait partie des dernières oeuvres de Pacot et s'inscrit parfaitement dans le style et le goût de l'important surtout de table de dix-neuf pièces qu'il réalisa probablement pour le duc de Marlborough et de flambeaux assortis (voir N. Cartier, Les orfèvres de Lille, Paris, 2007, volume II, pp.542-544).
    Après la restitution des Flandres du Sud au royaume de France, Pacot, probablement impopulaire auprès de la corporation des orfèvres, quitte rapidement Lille en 1714 pour retourner à Bordeaux où il vit rentier jusqu'à sa mort en 1721.

    Special Notice

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    Literature

    Cette paire est répertoriée dans l'ouvrage de N.Cartier, les orfèvres de Lille, Paris, 2007, tome II, page 549, numéro 116.


    Post Lot Text

    AN IMPORTANT PAIR OF LOUIS XIV SILVER SUGAR CASTERS, 1712-1713