Paris - Le Palais Abbatial de Royaumont

Trésors du néoclassicisme, Mobilier et Objets d’Art, Tableaux et Dessins anciens et du XIXème siècle, Orfèvrerie, Céramiques Européennes, Art d’Asie

Paris

Christie’s France a l’honneur d’organiser la dispersion de la collection Fould-Springer, garnissant le Palais Abbatial de Royaumont, près de Chantilly, lors d’une vente événement, les 19, 20 et 21 septembre 2011.  Cet  important Palais néoclassique, conçu vers 1780 par l’architecte Louis Le Masson pour l’abbé de Balivière, abrite une remarquable collection d’objets  d’art, de mobilier, de dessins et tableaux anciens et du XIXème siècle, de sculptures et céramiques européennes, d’orfèvrerie et d’Art d’Asie. Près de 1000 œuvres seront ainsi proposées aux enchères; leurs estimations s’échelonnent entre quelques centaines d’euros et un million d’euros. L’ensemble de la collection est estimé autour de 4 millions d’euros.

La vente est à replacer dans la grande lignée des House Sales qu’organise Christie’s depuis le XVIIIème siècle. Elle offre l’occasion de découvrir une collection dans son intégralité, et dans son écrin d’origine, le Palais Abbatial de Royaumont. Les œuvres, les pièces, l’arrangement ont été préservés au domaine pendant près d’un siècle. L’exposition, organisée sur place, offrira ainsi l’opportunité d’apprécier pendant quelques jours les œuvres d’art dans leur cadre extraordinaire.

Le Palais Abbatial et ses occupants

Si l’histoire de Royaumont débute dès le XIIIème siècle avec la fondation de l’abbaye par Saint-Louis, c’est au XVIIIème siècle que le Palais Abbatial est érigé. Henri Eléonore Le Cornut de Balivière, aumônier de Louis XVI, est nommé abbé de Royaumont en 1781. Ce dernier passe l’essentiel de l’année à Versailles, mais reçoit à Royaumont des visiteurs illustres tel que Paul 1er de Russie et Gustave III de Suède.

Il décide alors de faire construire un ambitieux Palais Abbatial et approche Louis Le Masson, élève du célèbre architecte Claude-Nicolas Ledoux. C’est un admirateur du style palladien, le dernier style à la mode à cette époque. Son œuvre à Royaumont est directement inspirée de la ‘Rotunda’ à Venise, réalisée par l’illustre architecte italien Andrea Palladio. On peut également rapprocher le Palais Abbatial  d’autres créations néoclassiques de la même ambition, comme le Petit Trianon de Gabriel, le Pavillon de Madame du Barry à Louveciennes de Ledoux ou encore le Château de Bagatelle de Bélanger.

Pendant la Révolution, l’ensemble est confisqué avant d’être vendu à Joseph Bourguet de Guilhem. Quant à l’abbaye, elle est détruite en 1792 ; plus tard, on démolit les bâtiments qui réunissaient l’abbaye au Palais. Quand le marquis de Travannet achète la propriété de Royaumont, il choisit le Palais Abbatial comme résidence principale et transforme les autres bâtiments. Puis la famille Gouïn, qui possède le domaine au début du XXème siècle, vend le Palais en 1923 au baron et à la baronne Fould-Springer. Ces derniers restaurent les décors et font même rétablir les pièces d’eau dans leur état d’origine. La décoration du Palais Abbatial absorbe toute leur énergie. Ils choisissent principalement des œuvres d’art qui illustrent le goût néoclassique et qui correspondent particulièrement bien au cadre et à l’architecture. Aux côtés des majestueuses pièces de réception, se trouvent des pièces plus confortables et intimistes. Le résultat témoigne du grand goût français.

Eugène Fould, futur Baron Fould-Springer, apparenté à Achille Fould, le ministre des Finances de Napoléon III, descend d’une des plus illustres familles de financiers et d’industriels du XIXème siècle. C’est en partie à cette famille qu’est due la construction de la Tour Eiffel, dont chaque fer principal, des Forges de Pompey, porte le nom de Fould, ainsi que la Fondation du Jockey-Club, ou encore l’Hôpital Heine-Fould.  L’épouse d’Eugène, la baronne Fould-Springer, née Marie-Cécile von Springer, est originaire d’une importante famille d’industriels autrichiens. Son grand-père, le baron Max von Springer, créa en 1872 en France l’industrie de la levure, tandis que son père, le baron Gustav von Springer, était proche de l’Empereur François-Joseph. Sa mère, Hélène de Koenigswarter, était la fille du député de Paris, le baron Maximilien de Koenigswarter.

Le baron et la baronne Fould-Springer partagent leur temps entre leur résidence parisienne de l’avenue d’Iéna et le Palais Abbatial où ils organisent de nombreuses fêtes. On peut y croiser Marcel Proust ainsi que Charles Ephrussi, neveu du baron et de la baronne Fould-Springer, fondateur de la Gazette des Beaux-Arts, dont on prétend que l’écrivain se serait inspiré pour créer le personnage de Charles Swann dans « A la recherche du temps perdu ». Sacha Guitry séjourne également fréquemment au Palais. Pendant la guerre, le Palais est préservé grâce à l’intervention d’un membre de la famille, Eduardo Propper de Callejon, diplomate espagnol, mari d’Hélène Fould-Springer, l’une des filles du baron et de la baronne.

Après la seconde guerre mondiale, le Palais est principalement habité par la baronne Fould-Springer, et son fils Max, qui y résident le week-end et pendant la saison d’été. D'une grande érudition, Max est passionné d'architecture. Il participe à la restauration de nombreux sites, notamment l'Opéra de Versailles et les Grandes Ecuries de Chantilly. C’est donc très naturellement qu’il se consacre pendant plus de 60 ans à restaurer et faire revivre le Palais Abbatial de Royaumont, son parc et ses bois.

Le Palais a cessé définitivement d’être régulièrement habité depuis la fin des années 1980, mais a continué d’être un point de ralliement familial.

La collection

Le Palais abrite de nombreux chefs-d’œuvre du néoclassicisme. Les créations des meilleurs dessinateurs, ébénistes ou encore bronziers de la seconde moitié du XVIIIème siècle ornent les pièces créées par Louis Le Masson. On découvre, installée dans le hall d’entrée, une spectaculaire table des années 1800 attribuée au plus célèbre des bronziers de l’époque, Pierre-Philippe Thomire ; les montants sont entièrement réalisés en bronze et évoquent l’Egyptomanie alors en vogue (estimation : €500.000-800.000). Notons un important meuble d’appui orné de panneaux de marqueterie Boulle et très richement décoré de bronze doré qui illustre le talent de l’ébéniste parisien Joseph Baumhauer (estimation : €400.000-600.000).

Par ailleurs, les sièges néoclassiques français constituent l’un des axes majeurs de la collection. On trouve par exemple, dans l’un des salons, une paire d’importants fauteuils en bois doré estampillés de Jean Jacques Pothier (estimation : €200.000-300.000). Ils illustrent remarquablement la transition entre les styles Louis XV et Louis XVI : tandis que la ligne générale et certains ornements évoquent encore le style Louis XV, un certain nombre d’éléments incarnent l’influence de l’Antiquité qui marque le néoclassicisme. On notera également, aux côtés de ces chefs-d’œuvre, une vaste sélection de beaux sièges beaucoup plus abordables, dont les estimations varient de quelques centaines d’euros à quelques milliers d’euros.

La peinture du XIXème siècle sera mise à l’honneur dans cette vente, à travers des chefs-d’œuvre issus de quelques-uns de ces courants principaux. Le style classique sera illustré par une œuvre majeure du peintre hollandais Barend Cornelius Koekkek (1083-1862), Paysage boisé avec un château (estimation : €150.000 – 200.000), dont la présence dans cette collection témoigne de l’éclectisme de ses propriétaires. La Belle Epoque sera représentée par le Portrait de Julie de Koenigswater, Madame Isaac Hirsch Kann, (estimation : €200.000 – 300.000) réalisé par l’artiste espagnol Ricardo de Madrazo y Garreta (1852-1917), l’un des portraitistes les plus prisés de l’aristocratie parisienne de la fin du XIXème siècle, avec Giovanni Boldini et John Singer Sargent. Une sélection de peintures hippiques viendra étayer ce tour d’horizon, avec de nombreuses compositions immortalisant d’illustres chevaux de courses, comme Palmyra (estimation : €8.000 – 12.000) et Veronica (estimation : €8.000 – 12.000),  par William Richter (1824-1892), et deux œuvres d’Alfred de Dreux (1810-1860), Une amazone au galop et Un chasseur sautant un muret (estimation : €8.000 – 12.000 chaque).

La section des dessins anciens comportera plus d’une centaine de feuilles dont une très belle sélection de projets d’architecture et d’ornement décorant les murs d’un des petits salons du Palais Abbatial de Royaumont, appelé « le cabinet de dessins ». Ces feuilles présentées pour la plupart dans leur montage et leur cadre d’origine datent principalement des années 1760-1790 et ont été réalisées par des artistes de l’entourage de Jean-Charles Delafosse, Etienne de Lavallée-Poussin ou encore Richard de Lalonde. Notons par exemple la présence d’un petit Projet de médaillon sur fond bleu de l’école française du XVIIIème siècle dans le goût de Jean-Baptiste Boucheron, artiste français actif dans les années 1778-1793 estimé 300-500 euros ou encore une paire de Projets de vases ornés de personnages attribuée à Jacques Saly (1717-1776). Cette dernière étude, réalisée à la plume et à l’encre noire rehaussée d’un léger lavis gris témoigne de la finesse d’exécution de l’ensemble du corpus (estimation : €700-1.000). Des projets de caryatides, de plafonds, de frontons, des panneaux décoratifs, des vases, des fontaines, des aiguières, des trophées sont autant d’objets et de meubles illustrés dans ce cabinet de dessins et constituent un parfait écho au contenu de cette demeure néo-classique. L’art floral est l’un des autres thèmes dominants de cet ensemble composé de plusieurs dizaines d’aquarelles sur papier ou sur vélin et tableaux datant de la deuxième moitié du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle, dispersés sur les murs des chambres du Palais Abbatial. Citons par exemple une belle nature morte de Jan Frans van Dael (1764-1840), Fleurs dans un vase en métal, estimée 60.000-80.000 euros et un Bouquet de Fleurs d’un suiveur de Jan Van Huysum (estimation : €3.000-5.000) ; parmi les aquarelles signalons Une branche de pruniers avec fruits et fleurs, œuvre signée par Pierre-Joseph Redouté (1739-1840) d’une rare finesse et en très bel état de conservation (estimation : €4.000-6.000). Plusieurs paysages classiques complètent cet ensemble à dominance bucolique ; parmi eux, Paysans romains au bord d’un lac, paire de tableaux signés et datés 1775 de Michael Wütki (1739-1823), ou encore un Dessinateur et des personnages élégants dans un parc, huile sur panneau signée par Favart (estimation : €15.000-20.000) 

Pour finir, la vente comportera également une belle sélection de porcelaines européennes et de services en verre à décors gravés d’armoiries ainsi qu’une section d’orfèvrerie qui comprendra une magistrale suite de quatre candélabres en argent par Odiot (estimation : € 80.000 – 120.000).

Ventes : les 19, 20 et 21 septembre 2011 au 9 avenue Matignon 75008 Paris
Expositions : les 16, 17 et 18 septembre au Palais Abbatial de Royaumont, pendant les journées du Patrimoine

 

A propos de Christie’s

Christie’s est la première maison de ventes aux enchères dans le monde, avec des ventes aux enchères et privées qui ont atteint en 2010, la somme totale de $5.0 milliards. Christie’s est synonyme d’œuvres d’art exceptionnelles, de services incomparables et de prestige international. Fondée en 1766 par James Christie, la Maison Christie’s a dirigé les plus importantes ventes aux enchères des 18ème, 19ème et 20ème siècles et est aujourd’hui le lieu le plus célèbre pour vendre des objets uniques et exceptionnels. Christie’s organise près de 450 ventes par an dans plus de 80 catégories différentes, dont les tableaux, le mobilier, la joaillerie, la photographie et les vins. Les prix s’échelonnent entre $200 et $80 millions. Christie’s compte 53 bureaux répartis dans 32 pays et 10 salles de ventes dans le monde entier, notamment à Londres, New York, Genève, Paris, Milan, Amsterdam, Dubaï et Hong Kong. Christie’s a été la première maison de ventes aux enchères à développer de nouvelles initiatives dans des marchés émergents comme la Russie, la Chine, l’Inde et les Emirats Arabes Unis, en organisant des ventes aux enchères et des expositions qui ont remporté un franc succès à Pékin, Dubaï, Mumbai et en Russie. Christie's propose également à ses clients un accès mondial à ses ventes, par le biais de Christie's LIVE™, son service unique d’enchères sur le net,  en ligne et en temps réel.

 

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