PLAT PEINT
Lot 412COLLECTION D'UN GRAND AMATEUR D'OUTRE-ATLANTIQUE

PLAT PEINT

CLASSIQUE FINAL, ENV. 550-950 APRÈS J.C.

Price Realised

EUR 277,750

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PLAT PEINT
Classique Final, env. 550-950 après J.C.
Plat décoré avec un motif finement réalisé dans le "style codex" avec dans sa moitié supérieure la représentation d'une scène où l'on peut voir un militaire victorieux assis avec assurance les jambes repliées et placé sur un siège en plumes d'où émergent des parties du corps enroulé du Serpent de la Guerre (un des aspects du Serpent de la Vision) avec un symbole de même forme sortant de la bouche et un sigle en forme de trapèzes entrecroisés à l'arrière qui sont caractéristiques de la thématique de la guerre. La partie basse, qui supporte la scène supérieure, représente une grande tête semblable à celle de Tlaloc (qui est une imagerie fréquente sur les céramiques peintes Téotihuacan), avec des yeux ronds au regard tourné vers le bas. Le chevalier guerrier a pour sa part des yeux tournés vers le bas lèvres entrouvertes, un enroulement en "u" placé devant lui telle une parole sortant de sa bouche ou de la terre, il porte un turban débordant en peau de jaguar tachetée où l'on voit de nombreux emblèmes guerriers parmi lesquels se trouvent des excroissances en forme de trapèzes, un appendice arrière recourbé et des bijoux, et il tient un long bâton surchargé d'emblèmes parmi lesquels se trouvent une tête féroce du Serpent de la Vision avec des flammes sortant de la gueule et de nombreux enroulements de flammes se répandant de toute part. Peintures évanescentes sur fond crème avec une bordure soulignée en rouge. Perforation rituellique.
Diamètre: 36 cm

Dans la famille de l'actuel propriétaire depuis les années 1970.

Specialist note

L'appellation "style codex" correspond à un décor monochrome peint avec des variations de couleurs noires appliquées sur un fond de couleur crème, et il semble indéniable que les artistes qui pratiquaient une telle technique étaient familiers des cercles des peintres qui réalisaient les feuillets articulés des livres Maya réalisés à partir de feuilles d'écorce enduites de stuc, bien que ce type de codex soient plus souvent associé à ceux réalisés par les Aztèques et qui sont pour leur part emplis de pictogrammes très colorés. Le symbole de la perforation centrale située dans le creux du plat peut s'interpréter comme la mort rituelle de la céramique même ou d'un objet en or qui semble destiné à libérer l'âme du dernier propriétaire de la vaisselle ou à permettre à l'âme contenue dans l'objet d'accompagner le défunt au pays des morts. En dehors de la connotation d'offrande ou d'utilisation alimentaire, certaines particularités uniques se retrouvent sur cet objet telles que l'évidente et subtile juxtaposition d'une iconographie guerrière avec des motifs trapizoïdaux liés à la civilisation Téotihuacan (également interprétés comme des symboles calendaires "Téotihuacan": voir Perelman, fig. 51), la position jamais rencontrée du seigneur qui est assis non pas jambes croisées comme d'accoutumée mais les genoux relevés et qui est placé avec grâce sur le dos d'un serpent (ce qui rappelle un peu - voir pl. IIId, dans Blood of the Kings - le positionnement encore plus théâtral de Pacal sur le couvercle de son sarcophage qui est assis sur le Monstre solaire à quatre faces), ou encore l'utilisation du dialecte Yucatec par le seigneur victorieux encadré de symboles Téotihuacan.
La scène représentée sur la surface de couleur crème de ce plat funéraire a été peinte avec talent par un peintre doté d'une grande maîtrise dans l'utilisation des traits fins qui sont employés dans la technique des codex.