Simon-Joseph-Alexandre-Clément Denis (1755-1813)
Un groupe de ving-six huiles sur papier de Simon Denis (1755-1813) (lots 404-429) Ce groupe de paysages et d'études de la nature a été dessiné par Simon Denis pendant son séjour à Rome entre 1786 et 1801. Une seule de ces études, la vue de la grotte de Neptune à Tivoli (lot 409), porte une date, 1801, l'année du départ de Denis à Naples. Tivoli n'étant distante de Rome que de 30 kilomètres, Denis dut y faire de nombreux voyages. Au moins l'un d'eux, fait en 1789 avec Ménageot et Elisabeth Vigée-Lebrun est relaté par cette dernière dans son journal (voir lot 405). Sept autres paysages du présent groupe ont été peintes à Tivoli (lots 404, 405, 407, 409-411, 415 et 417), cinq à Rome (lots 408, 420, 423, 424 et 427), quatre dans l'île d'Ischia (lots 416, 421, 422 et 429) et deux à Naples (lots 418 et 419). Simon Denis était originaire d'Anvers, où il étudia avec Henri Antonissen (1737-1794). Dès 1775 il vint à Paris et y resta plus de dix ans, jusqu'à ce que son protecteur Jean-Baptiste Lebrun, le marchand de tableaux et mari de la peintre Elisabeth Vigée-Lebrun, l'envoie à Rome en 1786. Il s'intégra très vite dans la communauté des artistes étrangers vivant à Rome: il fut proviseur de la fondation de Saint Julien-des-Flamands dès 1789 et ami de Ménageot, alors directeur de l'Académie de France à Rome. Très tôt il se lia avec Lord Bristol, qui devint son protecteur à Rome, et lui permit, avec l'aide de sir William Hamilton, de partir à Naples en 1801 pour fuir la révolution. A Naples il fut nommé par Joseph Bonaparte Premier peintre de la chambre pour les vues et paysages en 1807 et à partir de 1809 enseigna le paysage à l'Académie de Naples jusqu'à sa mort, en 1813. Denis était spécialisé dans la peinture de paysage, comme l'écrivait le Giornale per le belle arti dès 1787. Il est l'un des premiers artistes à étudier la nature de façon aussi directe et en faire le sujet unique de son oeuvre, la figure humaine étant pratiquement absente de ses paysages. Ses huiles sur papier, éxécutées sur le motif, sont en cela similaires à celles de ses contemporains Jean-Joseph-Xavier Bidault (1758-1846) et Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819), deux paysagistes français vivant à Rome en même temps que Denis. Mais ces deux artistes ont encore une conception classique du paysage. Denis rompt avec la tradition de Poussin ou Claude Gellée et considère la nature comme un instantané: il s'intéresse plus au mouvement des nuages ou de l'eau, à la lumière, ou des détails botaniques, annonçant ainsi Corot et les peintres de Barbizon. Les mouvements de l'eau ont particulièrement passionné Denis, que ce soit l'écume autour d'un tronc d'arbre (lot 404), ou des chutes d'eau sur des rochers (lots 405-7, 417). Au verso du lot 405 afin de bien captiver les nuances de l'eau il alla jusqu'à annoter que l'eau était s'était mélangée à de la terre et ainsi changait de couleur: 'l'eau étoit trouble, après un temps de pluie'. Denis étudia aussi les plantes, comme en témoigne la splendide étude de racine d'aloès (lots 423) et les études de troncs qu'il annota soigneusement aux versi avec le nom des arbres (lots 411-4). Mais ce qui captivait le plus Denis était l'étude de la lumière que ce soit une lumière d'un soir orageux à Rome (lot 427), celle d'un matin sur les Thermes de Caracalla (lot 420), ou la lumière forte de la mi-journée écrasant les reliefs comme dans la vue du mont Epomeo à Ischia (lot 421). Cet intérêt de Denis pour la lumière se trouve exacerbé dans les rares études de ciels purs qu'il exécuta tout au long de son séjour romain. Par la silhouette d'une maison en bas du dessin dans le lot 408 Denis évoque la ville de Rome (l'artiste prit soin de l'écrire au verso) mais en fait se concentre sur les nuages, transpercés par une lumière orange. Quelquefois Denis se libère complètement du paysage: dans le lot 425, certainement peint sur le motif comme en témoignent les trous d'épingles sur deux des coins, Denis se concentre sur les reflets des rayons de soleil sur les nuages, que ce soit sur les nuages blancs au dessus de la composition, ou sur les nuages sombres s'échappant par filaments et qui obscurcissent le ciel bleu, encore visible en bas. Presque tous les dessins sont signés au verso et numérotés, le numéro le plus bas étant '1' (lot 417) et le plus haut '160' (lot 418). Tous ces numéros ont été ajoutés postérieurement et ne suivent aucune séquence précise. La numérotation des études d'Ischia, presque certainement dessinées au cours d'un même séjour, ne se suit absolument pas (nos. 124, 68, 150 et 155). Un autre groupe d'huiles sur papier passées à Sotheby's, Monaco, le 18 juin 1992, lots 203-211, comporte les même numéros, le plus haut étant '131'. Deux autres huiles sur papier représentant Tivoli et Rome passées en vente à Christie's, New York, 29 janvier 1998, lots 25 et 26, sont numérotées '43' et '71', d'autres vendues à Paris le 20 décembre 1996, lots 143-7 étaient numérotées jusqu'à '139'. Le désordre apparent de la numérotation et le numéro 160 apposé au verso du lot 418 de cette vente laisse à penser que Denis ne dut peindre qu'à peine plus de 160 de ces huiles sur papier. Six autres huiles sur papier étaient exposées au Grand Palais à Paris et au Palazzo Te à Mantoue en 2001 (Collection Mr. and Mrs. Eugene V. Thaw à New York, National Gallery à Londres, Collection Wheelock Withney et National Gallery of Art à Washington, A. Ottani Cavina, Paysages d'Italie, nos. 82-7).
Simon-Joseph-Alexandre-Clément Denis (1755-1813)

Des remous autour d'un tronc d'arbre dans un cour d'eau à Tivoli

Details
Simon-Joseph-Alexandre-Clément Denis (1755-1813)
Des remous autour d'un tronc d'arbre dans un cour d'eau à Tivoli
signé et inscrit 'Sn Denis. a Tivoly,' et numéroté '110.' (verso)
huile sur papier, filigrane fragmentaire fleur-de-lys de Strasbourg
205 x 252 mm.
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