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Details
MAN RAY (1890-1976)
Sans titre, 1922
Rayographie, tirage argentique unique
Signé 'Man Ray Paris' au crayon en bas à droite (dans l'image); cachet '31 bis rue Campagne-Première', inscrit 'Please return Original' à l'encre, annoté 'green' barré, puis 'gray' par James Thrall Soby au crayon, annoté 'top', 'No 8' et 'Soby 29' avec annotations de réduction à '4 3/8' inches de hauteur par des mains inconnues au crayon (au verso)
29.1 x 23.7 cm (11½ x 9 3/8 in.)
Provenance
James Thrall Soby, vers 1934;
Don au The Museum of Modern Art, New York, 1940;
Sotheby's New York, 22 octobre 2002, Lot 17
Literature
Man Ray Photographs, 1920, Paris, 1934, James Thrall Soby, 1934, pl. 92; Janus, ed., Man Ray: The Photographic Image, Barron's, 1980, pl. 52; Neusüss et Heyne, Das Fotogramm in der Kunst des 20. Jahrhunderts, DuMont, 1990, p. 364; Man Ray, 1890-1976, Ronny Van de Velde, 1994, pl. 312; Neusüss et al., Experimental Vision: The Evolution of the Photogram since 1919, Roberts Rinehart Denver Art Museum, 1994, n.p.; Kicken, ed., Man Ray, 1890-1976, Hirmer, 1996, n.p.; de l'Ecotais, Man Ray: Rayographies, Éditions Léo Scheer, 2003, cat. no. 166, pp. 87, 242; Icônes: Photographies de la collection Claude Berri, Éditions Léo Scheer, 2003, p. 99
Exhibited
'Man Ray Photographs, 1920 Paris 1934,' Wadsworth Atheneum, Hartford, Connecticut et itinérante jusqu'en 1935; 'Experimental Vision: The Evolution of the Photogram since 1919,' Denver Art Museum, 1994
Post Lot Text
Though the present Rayograph is undated, Man Ray himself later stated in correspondence to The Museum of Modern Art, New York, that the work was made in 1922. If this is the case, Man Ray research scholar Steven Manford believes it was made near the end of that year. The collector and patron, James Thrall Soby acquired the present lot in 1934 and donated it in 1940 to The Museum of Modern Art, New York where it remained until it was deaccessioned and sold at auction in 2002.

Lot Essay

La Rayographie n'est pas une invention nouvelle. Pourtant Man Ray pensait qu'il était à l'origine de cette technique, la considérant comme une avancée esthétique significative par rapport aux photogrammes des précurseurs des années 1840 tels que William Henry Fox Talbot et Anna Atkins. Aussi en revendiquait-il la paternité (allant même jusqu'à lui donner son nom), et expliquait 'Je me souviens d'avoir posé, quand j'étais gosse, des fougères dans un petit châssis. En les exposant à la lumière du soleil, j'obtenais un négatif blanc de ces fougères. Mes Rayographies partaient du même principe, mais il s'y ajoutait un effet tridimensionnel et toute la gamme des valeurs.... Je prenais tout ce qui me tombait sous la main... Je n'étais pas obligé de les mettre dans le liquide. Il suffisait de les poser d'abord sur du papier sec et de les exposer à la lumière pendant quelques secondes, comme des négatifs. J'étais trés excité, et je m'amusais énormément. Le lendemain matin, j'examinais les résultats et épinglais au mur quelques Rayographies, que je trouvais étonnamment mystirieuses et neuves. Tristan Tzara vint me proposer de déjeuner avec lui...Il remarqua aussitôt les Rayographies et fut enthousiasmé. C'était du plus pur dada, dit-il...' (Man Ray, extrait de Autoportrait, Robert Laffont, 1964 cité dans Ce que je suis et autres textes, Editions Hokbeke, 1998, pp. 50-51).

Pour parvenir à suggérer la profondeur, Man Ray devait jouer avant le développement sur l'intensité de la lumière projetée sur le papier. Dans notre lot, on distingue pas moins de quatre tonalités différentes. La fleur au centre est restée sur le papier durant toute l'exposition. Les fougères ont obscurci la lumière durant le temps d'exposition le plus court. Nous ne savons ni s'il y eut des temps d'exposition séparés, ni si certaines des fleurs ou des fougères furent ajoutés ou retirés durant une seule et même exposition. On peut seulement constater un changement significatif de la densité de lumière projetée sur le papier. Ce phénomène varie selon que l'artiste fait passer la lumière à travers un objet transparent ou autour d'un objet placé loin de la surface du papier.

Des variantes présentant des fleurs et des fougères presque similaires, voir identiques, furent publiées en 1925 (ajouter référence). Notre Rayographie n'est pas datée, mais Man Ray indique dans une lettre adressée au Museum of Modern Art, New York, qu'elle fut exécutée en 1922. Steven Manford, spécialiste des Rayographies de Man Ray, pense qu'elle a été réalisée vers la fin de l'année 1922, parceque la plupart des premières Rayographies de Man Ray ont été imprimées sur une feuille de papier de petit format (18 x 24 cm).

Le collectionneur et mécène, James Thrall Soby, publia un livre sur les photographies de Man Ray en 1934 dans lequel est reproduit notre lot. La même année, il organise une exposition sur l'artiste au cours de laquelle il présente les oeuvres, notre lot compris, sur des montages de couleurs variées. Une annotation écrite de la main de Soby au dos de la Rayographie montre que celui-ci avait choisi initialement un montage vert, puis qu'il opta finalement pour un montage gris pour la présentation de la pièce dans l'exposition. Soby acquit les tirages après l'exposition et en 1940, fit don de toute sa collection (notre lot y compris) au MoMA de New York. En 2002, le Museum of Modern Art de New York vendit aux enchères une partie de sa collection de photographies, dont le présent lot, ce qui suscita une vive réaction de la part des collectionneurs, amateurs et professionnels du monde de la photographie.


Ce lot sera inclus dans le catalogue raisonné en préparation des Rayographies de l'artiste par Monsieur Steven Manford que nous tenons à remercier pour l'aide qu'il nous a apportée.
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