Lot Essay
La fascination particulière qu'avait Gabriel de Saint-Aubin pour la vie de ses contemporains trouve dans l'Assemblée au concert, une parfaite illustration. Un soir d'été, où le soleil couchant rougit le ciel, une élégante société se réunit auprès d'un clavecin. Au centre de la pièce, la silhouette d'un homme en redingote rouge retient notre regard. Les grandes baies, ouvertes pour celles du fond, laissent entrer une lumière crépusculaire, entourant l'assemblée d'une atmosphère feutrée et dessinant sur le sol des ombres effilées. La salle ici représentée pourrait être celle du Colisée, lieu de plaisir et d'exposition du Paris d'alors, où se trouvait une galerie dédiée aux bals et aux concerts. Saint-Aubin l'avait fréquentée à plusieurs reprises, toujours en y exécutant des croquis; l'artiste y avait même exposé ses oeuvres.
Emile Dacier rapproche cette esquisse virtuose d'une autre oeuvre de l'artiste datée de 1770, Le Déserteur, dit aussi L'Arrestation (1929, op. cit.). Ici aussi le format réduit n'empêche pas l'artiste d'exprimer "la spontanéité et la liberté de la touche, l'abondance et la fraicheur de la pâte [...]" selon Dacier qui ajoute "jamais Saint-Aubin n'est revenu sur cette peinture et dans de pareils cas il va jusqu'à l'excellent" (Dacier, op. cit., I, p. 36). Notons également qu'au mois de septembre 1776, Gabriel de Saint-Aubin expose dans le Salon des Grâces du Colisée un autoportrait et trois esquisses. Dacier propose de reconnaitre dans l'une de ces trois dernières, intitulée Un concert, l'oeuvre ici présentée, bien que les dimensions diffèrent de celles indiquées dans le catalogue de 1776 (Dacier, op. cit. I, p.38).
Emile Dacier rapproche cette esquisse virtuose d'une autre oeuvre de l'artiste datée de 1770, Le Déserteur, dit aussi L'Arrestation (1929, op. cit.). Ici aussi le format réduit n'empêche pas l'artiste d'exprimer "la spontanéité et la liberté de la touche, l'abondance et la fraicheur de la pâte [...]" selon Dacier qui ajoute "jamais Saint-Aubin n'est revenu sur cette peinture et dans de pareils cas il va jusqu'à l'excellent" (Dacier, op. cit., I, p. 36). Notons également qu'au mois de septembre 1776, Gabriel de Saint-Aubin expose dans le Salon des Grâces du Colisée un autoportrait et trois esquisses. Dacier propose de reconnaitre dans l'une de ces trois dernières, intitulée Un concert, l'oeuvre ici présentée, bien que les dimensions diffèrent de celles indiquées dans le catalogue de 1776 (Dacier, op. cit. I, p.38).