Details
Pablo Picasso (1881-1973)
Brioche et verre
signé 'Picasso' (en bas à droite); signé de nouveau 'Picasso' (au revers)
fusain et encre de Chine sur papier vergé
23.7 x 31.5 cm.
Exécuté en hiver 1909

signed 'Picasso' (lower right); signed again 'Picasso' (on the reverse)
charcoal and India ink on laid paper
9 3/8 x 12½ in.
Executed in the winter of 1909
Provenance
Roger Dutilleul, Paris.
Galerie Cazeau-Béraudière, Paris.
Triton Collection Foundation, Pays-Bas (acquis auprès de celle-ci, en 2000).
Literature
C. Zervos, Pablo Picasso, Paris, 1986, vol. II*, no. 179 (illustré, pl. 90; décrit comme 'Dessin au crayon').
J. Palau i Fabre, Picasso, Cubisme (1907-1917), Barcelone, 1998, p. 502, no. 477 (illustré, p. 169).
S. van Heugten, Avant-gardes, 1870 to the Present, the Collection of the Triton Foundation, Bruxelles, 2012, p. 557 (illustré en couleurs, p. 228).
Exhibited
Rotterdam, Boijmans Van Beuningen Museum, From Monet to Picasso, Masterpieces on Paper 1860-1960 from the Triton Foundation Collection, novembre 2002-février 2003 (sans catalogue).
La Haye, Gemeentemuseum, Cubist Art from the Triton Foundation, mars-juillet 2006, p. 25 (illustré en couleurs).
Seoul, Museum of Art, Picasso, the Great Century, mai-septembre 2006, p. 46 (illustré; daté 1909-10).
La Haye, Gemeentemuseum, Pablo Picasso - Ik zoek niet, ik vind, février-mai 2011, p. 22 (illustré en couleurs).
La Haye, Gemeentemuseum, Mondriaan en het kubisme, Parijs 1912-1914, janvier-mai 2014, p. 33 (illustré en couleurs).

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Natacha Muller
Natacha Muller

Lot Essay

In October 1909, within a few weeks of returning to Paris from an exceptionally productive summer sojourn at Horta del Ebro, Pablo Picasso moved out of his studio in the bohemian Bateau Lavoir in Montmartre and settled with his companion Fernande Olivier in more spacious and upscale rooms at 11, boulevard de Clichy, near the place Pigalle. The apartment soon filled up with furnishings and bric-a-brac that Picasso bought during his walks in the neighborhood, and many of these new objects found their way into his increasingly radical cubist investigations. "Picasso integrated the new Parisian environment into his painting," Pierre Daix has written. "He used tokens of a new domestic reality - a fan, glasses, a melon - to create a vocabulary of geometric quantities and curved discontinuities" (Picasso, Life and Art, New York, 1993, p. 98).
In the present drawing, Picasso has paired a scalloped brioche on an oblong plate and a stemmed drinking glass, focusing on the interplay between straight lines versus curves and solid versus transparent forms. The faceted, diagonal lattice that had dominated Picasso's Cubism at Horta has given way to a rectilinear scaffolding of overlapping planes, paving the way for his revolutionary shattering of the closed form at Cadaqués in the summer of 1910. "A gradual but inexorable shedding of the illusion of three-dimensionality, solidity, and fixed identity occurred," Elizabeth Cowling has written, "as Picasso pressed on with his investigation of the limits and potential of the 'analytical' style" (Picasso: Style and Meaning, London, 2002, p. 213).
Brioche et verre previously belonged to the renowned collector Roger Dutilleul, a leading patron of avant-garde art in Paris from 1907 onward and one of only a few visionary connoisseurs (along with the Steins and Wilhelm Uhde) to endorse Cubism during its earliest days. By 1914, Dutilleul had amassed at least twenty-five paintings and drawings by Picasso and almost as many by Braque - a veritable cubist microcosm, which crammed the walls of his apartment from floor to ceiling and bewildered his bourgeois entourage. "A gallery, the artists, and the owner could survive with very few collectors, three or four, but only if they were loyal friends," the Cubists' dealer Kahnweiler later recalled. "Roger Dutilleul was, from the very beginning, one of these impassioned amateurs" ('Du temps que les cubistes étaient jeunes', in L'oeil, January 1955, p. 29).


En octobre 1909, quelques semaines après être rentré à Paris d'un séjour estival exceptionnellement productif à Horta de Ebro, Pablo Picasso quitte son atelier bohème du Bateau Lavoir à Montmartre et s'installe avec sa compagne Fernande Olivier dans un appartement plus spacieux et plus bourgeois au 11 boulevard de Clichy, près de la place Pigalle. L'appartement est rapidement rempli du mobilier et du bric-à-brac achetés par Picasso au cours de ses promenades dans le quartier, et beaucoup de ces nouveaux objets trouvent leur place dans ses recherches cubistes qui ont pris un tour de plus en plus radical. "Picasso intègre son nouvel environnement parisien dans sa peinture", écrit Pierre Daix. "Il utilise les éléments d'une nouvelle réalité domestique, un éventail, des verres, un melon, pour créer un vocabulaire de quantités géométriques et de discontinuités courbes" (Picasso, Life and Art, New York, 1993, p. 98).
Dans le présent dessin, Picasso apparie une brioche parisienne posée sur un plat allongé et un verre à pied, se concentrant sur l'interaction entre lignes droites et lignes courbes, entre formes solides et formes transparentes. Le maillage diagonal facetté qui domine le Cubisme de Picasso à Horta laisse place à une juxtaposition rectilinéaire de plans, ouvrant la voie à la destruction révolutionnaire de la forme qui se produit à Cadaqués au cours de l'été 1910. "Un abandon progressif mais inexorable de l'illusion des trois dimensions, de la solidité et de l'identité fixe a lieu", écrit Elizabeth Cowling, "alors que Picasso avance dans ses recherches sur les limites et le potentiel du style analytique" (Picasso: Style and Meaning, Londres, 2002, p. 213).
Brioche et verre a appartenu au célèbre collectionneur Roger Dutilleul, mécène de premier plan de l'avant-garde à Paris à partir de 1907 et l'un du petit nombre de connaisseurs (avec les Stein et Wilhelm Uhde) qui soutiennent le Cubisme dès ses débuts. Dès 1914, Dutilleul acquiert au moins vingt-cinq tableaux et dessins de Picasso et presque autant de Braque, un véritable microcosme cubiste, qui couvre complètement les murs de son appartement du sol au plafond et déroute son entourage plutôt bourgeois. "Une galerie, les artistes et le propriétaire pouvaient survivre avec très peu de collectionneurs, trois ou quatre, mais seulement s'ils étaient des amis loyaux", se rappellera plus tard le marchand des cubistes, Kahnweiler. "Rober Dutilleul a été dès le début, l'un de ces amateurs passionnés" ('Du temps que les cubistes étaient jeunes', L'Oeil, janvier 1955, p. 29).

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