PLAT EN EMAIL PEINT POLYCHROME ET PARTIELLEMENT DORE
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ANCIENNE COLLECTION DU DR. ANTON PHILIPS (1874-1951)
PLAT EN EMAIL PEINT POLYCHROME ET PARTIELLEMENT DORE

VENISE, VERS 1500

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PLAT EN EMAIL PEINT POLYCHROME ET PARTIELLEMENT DORE
VENISE, VERS 1500
Décoré au centre d'un blason; le revers en émail bleu à décor de semis de fleurettes dorées et portant deux étiquettes en papier dont l'une inscrite S.B. Lot No. 162/ Art. No.
Diamètre: 31 cm. (12 in.)
Provenance
Collection du Dr. Anton Philips (1874-1951), puis par descendance au propriétaire actuel.
Post lot text
A PARCEL-GILT POLYCHROME ENAMEL DISH, VENETIAN, CIRCA 1500

Lot Essay

Bien qu'une grande majorité de verreries vénitiennes date de la Renaissance, vestiges et documents anciens permettent d'établir les origines de celles-ci vers le VIIème siècle après. J.-C., sur l'île de Torcello. D'importants incendies ont détruit les fours en 1291, obligeant le Sénat de Venise à réimplanter les verreries sur l'île de Murano, où elles se trouvent encore à ce jour. Ces verreries produisent tout un éventail d'objets, destinés tant à l'usage domestique qu'au marché du luxe, et c'est dans ce contexte que les objets émaillés sont produits aux XVème et XVIème siècles. Le développement de la technique de l’émail sur cuivre à Venise résulte probablement de la loi somptuaire de 1496, reconduite au XVIème siècle, interdisant l’emploi des métaux précieux. Les riches vénitiens font alors éditer toutes les formes de l’orfèvrerie émaillée sur cuivre émaillé, l’émail opaque blanc remplaçant visuellement l’argent ou la nacre, les motifs et les autres couleurs restant les mêmes. Cette production reste très brève dans le temps, car vite remplacée par les majoliques aux scènes historiées. Cela explique la rareté des pièces en émail de Venise, moins de 300 étant répertoriées tant dans les collections publiques que privées.
Bien que ces émaux traduisent un goût très européen, on ne peut nier l'influence que les relations établies entre Venise et l'Orient a eu sur ceux-ci. Les courants d'idées, l'iconographie et les motifs décoratifs islamiques se sont propagés dans tous les aspects de la vie vénitienne à la Renaissance sans exception: l'architecture, la mode, la philosophie, les sciences et les arts témoignent tous de ces échanges culturels tout comme le plat en émail ici présent. Celui-ci fait partie d’un petit ensemble au sein de la production des émaux de Venise à ne pas déployer un décor de godrons. Le Metropolitan Museum of Art de New York conserve un plat très similaire (inv. 17.190.561), avec la même bordure extérieure bleue ornée de motifs dorés, un deuxième cercle d’émail blanc toujours décoré de motifs dorés, un médaillon central représentant Jules César, alors que le nôtre dépeint un blason probablement aux armes du commanditaire du plat, et des revers en émail bleu à semis de fleurettes. Notre plat faisait partie de la fameuse collection Anton Philips (1874-1951), ce grand entrepreneur qui a marqué la mémoire collective de tout un pays et qui a assemblé l’une des plus grandes collections d’œuvres d’art ayant jamais existé aux Pays-Bas.

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