CONSOLE D'EPOQUE EMPIRE
This item will be transferred to an offsite wareho… Read more Une console royale pour le château de RosnyCe lot est classé Monument Historique
CONSOLE D'EPOQUE EMPIRE

ESTAMPILLE DE FRANCOIS-HONORE-GEORGES JACOB-DESMALTER, VERS 1815

Details
CONSOLE D'EPOQUE EMPIRE
ESTAMPILLE DE FRANCOIS-HONORE-GEORGES JACOB-DESMALTER, VERS 1815
En acajou et placage d'acajou, ornementation de bronze patiné, le dessus de marbre bleu turquin rectangulaire, la ceinture à décor de rosaces et de couronnes de laurier reposant sur quatre montants en console à décor de larges feuilles d'acanthe terminés par des pieds en griffe, le fond à croisillons ajourés, sur un socle en plinthe, avec la marque au feu R.66 sous la traverse antérieure, estampillée JACOB D. / RUE MESLEE deux fois sur les traverses postérieures et deux fois sous les traverses antérieures

Ce lot est classé parmi les Monuments Historiques par décret du 6 septembre 1990. Il est notamment soumis à des restrictions quant à sa circulation hors du territoire français ; l’identité et les coordonnées de l’acquéreur doivent être communiquées au Ministère de la Culture et de la Communication. Merci de contacter le département pour tout renseignement complémentaire.

The present lot has been classed by decree on the 6th September 1990 amongst the Monuments Historiques. Restrictions to its movement outside of the French territories therefore apply; the identity and contact details of the buyer must be given to the French Ministry of Culture and Communication. Please contact the department for any further information.
H.: 98 cm. (38 ½ in.) ; L.: 291 cm. (114 ½ in.) ; P.: 50 cm. (19 ½ in.)
Jacob D. Rue Meslée, estampille utilisée par l'atelier des Jacob entre 1803 et 1813
Provenance
Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse de Berry (1798-1870) pour le Grand Salon du château de Rosny-sur-Seine ;
Comte Jules Polydore Le Marois (1802-1870), château de Rosny-sur-Seine ;
Gustave Lebaudy (1827-1889), château de Rosny-sur-Seine.
Vente anonyme, Maître Rogeon, Hôtel Drouot, Paris, 18 octobre 1993, lot 112.
Literature
B. de Brimont, « La duchesse de Berry. Un amateur illustre sous la Restauration », in L'Estampille L'Objet d'Art, février 1992, n. 255, p. 70.
Special notice
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Further details
AN EMPIRE PATINATED-BRONZE MAHOGANY CONSOLE STAMPED BY FRANCOIS-HONORE-GEORGES JACOB-DESMALTER, CIRCA 1815

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Nathalie Honnay
Nathalie Honnay

Lot Essay

Le présent ensemble comprenant un mobilier de salon, des consoles et deux peintures est un rare témoignage des collections de la duchesse de Berry, l’une des femmes les plus remarquables de son temps. Ce groupe provient des collections de son château de Rosny-sur-Seine où il resta en place jusqu’à la fin du XXe siècle.

LA DUCHESSE DE BERRY (1798-1870)

Marie-Caroline de Bourbon, duchesse de Berry, était la fille du roi des Deux-Siciles et la petite nièce de Marie-Antoinette. A l’âge de 18 ans, elle épousa Charles-Ferdinand de Bourbon, duc de Berry (1778-1820), fils aîné de Charles X. Elle partagea dès lors sa vie entre son appartement des Tuileries, le palais de l’Elysée et son château de Rosny. En 1820 son mari, héritier du trône de France, fut assassiné à Paris à sa sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu, alors qu’elle était enceinte. Naîtra alors Henri, duc de Bordeaux puis comte de Chambord, « l’enfant du Miracle ». Son histoire toucha l'Europe entière et elle devint une des figures les plus populaires de l'époque romantique. En 1830, après la chute des Bourbons, elle fut contrainte à l’exil avec la famille royale, mais revint clandestinement en France en 1831 pour tenter de lever une armée contre-révolutionnaire afin d’assurer le trône à son fils, sans succès. La même année, elle épousa en seconde noce le comte Ettore Lucchesi-Palli. Trois enfants naîtront de cette union. En 1864 la duchesse s'installa en Autriche où elle vécut les dernières années de sa vie entre le château de Brunnsee et Venise, où elle avait acquis le palais Vendramin.

Femme admirée pour son courage et sa beauté, la duchesse de Berry fut également reconnue pour son brillant mécénat, en particulier pour les arts décoratifs : le style qui porte aujourd’hui le nom de son beau-père Charles X est ainsi parfois désigné dans certains ouvrages style de Berry. Elle fréquente assidûment les Expositions des produits de l’industrie, ancêtres des Expositions universelles, régulièrement organisées sous la Restauration, et commande de nombreux meubles, objets, bijoux, tableaux et livres pour ses résidences.

LE CHATEAU DE ROSNY

Dans ses mémoires de 1851, la duchesse de Maillé affirme : « Rien ne peut être comparé au mobilier de Rosny : tous les étages et toutes les chambres sont également recherchés et soignés. Elle apporte en ce lieu qu’elle aime tout ce que le roi lui donne et tout ce qu’elle achète, de sorte que l’on peut dire que Rosny est encombré de meubles, mais il faut rendre cette justice à Madame qui le mérite, elle a fort bon goût. Tout chez elle est bien choisi. Elle a le sentiment du beau comme une italienne. »

C’est le 14 août 1818 que le duc de Berry acheta pour sa jeune épouse la terre et le château de Rosny aux Talleyrand-Périgord pour la somme de deux millions de francs. Le couple princier s'était installé en 1816 au palais de l’Elysée et Rosny devint leur résidence d’été. Ancienne demeure de Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641), Rosny fut la résidence la plus appréciée du duc et de la duchesse, qui pouvaient y vivre à l’abri de l’étiquette de la Cour.
C’est après la mort de son époux en 1820 que la duchesse fréquenta le plus régulièrement Rosny. Le château inachevé du ministre d’Henri IV s’avéra rapidement trop petit et la duchesse y fit ajouter deux imposantes ailes en retour. Le décor et l’ameublement du château étaient d’un confort et d’un luxe inouïs, la princesse se fournissant auprès des plus grands artistes et artisans de son temps. Il semblerait que la duchesse favorisa le mobilier d’acajou reminiscent du style Empire jusqu’en 1824 pour par la suite céder au mobilier de bois clairs dont elle participe à créer l’engouement. On trouve ainsi des meubles en acajou,en frêne et en orme à l’instar de ceux qu’elle se fait livrer pour son appartement du pavillon de Marsan au Palais des Tuileries par Félix Rémond, Justine-Victoire Morillon et François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter.

A son départ en exil en 1831 le domaine fut vendu au banquier anglais Gérard Stone qui agit en tant que prête-nom pour sauvegarder les biens de la duchesse. Puis, le temps passant et le retour en France de Marie-Caroline devenant de plus en plus improbable en raison de son remariage et de son installation en Autriche, la duchesse organisa dès 1836 une première vente aux enchères publiques par Maître Bataillard à l’hôtel Drouot. Le château et son mobilier subsistant fut définitivement vendu le 16 décembre 1840 au comte Le Marois, maire de Rosny.



Marquée au feu « R.66 », cette superbe console en acajou flammé fit originellement partie du mobilier du Salon des Princes du château de Rosny, résidence favorite de la duchesse de Berry. Une console identique, très certainement conçue comme son pendant, est aujourd’hui conservée au château de Brunnsee en Autriche, la dernière demeure de Marie-Caroline. En 1830, la duchesse de Berry en exil expédia pour son usage un certain nombre de meubles et d’objets de Rosny en Autriche laissant derrière elle une grande partie du mobilier en place (Archives nationales 371 AP 8).

Estampillée JACOB D. / RUE MESLEE, cette console est caractéristique de l’œuvre du célèbre menuisier-ébéniste François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter en association avec son père entre 1803 et 1813. Georges Jacob (1739-1814), après avoir été probablement apprenti dans l’atelier de Louis Delanois, reçut sa maîtrise en 1765 et fonda un atelier de menuiserie en sièges rue de Cléry puis en 1775 rue Meslay. Deux de ses fils s‘associèrent et reprirent seuls l’entreprise familiale à partir de 1796. Suite au décès d’un des frères, Georges II (1768-1803), le père Georges Ier revint dans les affaires et s’associa avec son fils survivant François-Honoré-Georges sous la raison sociale Jacob-Desmalter et Compagnie. François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter (1770-1841) avait ajouté à son nom le titre d’une de ses terres afin d’être différencié de autres membres de sa famille.
Jacob-Desmalter est probablement l’ébéniste le plus important de la première moitié du XIXe siècle. En 1798, il épousa Adélaïde-Anne Lignereux, la fille de Martin-Eloy Lignereux, s'alliant ainsi à l'une des plus importantes familles de marchands-merciers. Son fils Georges-Alphonse (1799-1870) lui succéda en 1825.

La production de Jacob-Desmalter se révèle d’une qualité exceptionnelle. Jouissant depuis l’extrême fin du XVIIIe siècle puis sous le Consulat de la protection des Bonaparte, Napoléon à partir du Premier Empire leur accorda de nombreux privilèges. Fournisseurs officiels de l’Empire, ils s’associèrent régulièrement à de grands noms pour réaliser les plus beaux meubles du premier quart du XIXe siècle. Les architectes Percier et Fontaine, Brongniart, Bélanger, le peintre David, Vivant-Denon, Odiot ou le bronzier Pierre-Philippe Thomire collaborèrent avec l’atelier de la rue Meslay.

Le régime en place fut le principal client de Jacob-Desmalter qui livra ainsi pour toutes les résidences impériales. Suite au retour des Bourbon en 1815, François-Honoré-Georges continua de fournir les palais officiels. Il remeubla entre autres la salle du trône du Palais des Tuileries et les nouvelles salles du musée du Louvre. Pour la duchesse de Berry, importante personnalité de la Restauration et figure incontestée de la mode, Jacob-Desmalter puis son fils livrèrent plusieurs ensembles.

La console ici présentée est une réalisation de Jacob-Desmalter datant du Premier Empire, placée sous la Restauration au château de Rosny. L’Empire marqua en effet les arts décoratifs et les Bourbon s’installèrent dans des palais entièrement remeublés très peu de temps auparavant. Le style Empire perdurera d’ailleurs sous les règnes de Louis XVIII, de Charles X puis sous la Monarchie de Juillet. Jacob lui-même créa des meubles dans un esprit très proche à l’instar de ceux livrés vers 1830 pour le petit salon de la duchesse d’Orléans au château d’Eu (inv. 980-7-1).

Les montants en console à décor de feuilles d’acanthe terminé par des pieds en griffes de notre console se retrouvent notamment sur une table de milieu par Jacob-Desmalter provenant également des collections de la duchesse de Berry en son château de Rosny, vendue chez Sotheby’s, Londres, 14 avril 2011, lot 204. Ces montants sont également visibles sur un bureau de même provenance vendu en 1836 et aujourd’hui dans la collection Dieudonné Duriez-Costes. Les croisillons ajourés, référence à un répertoire antique, se retrouvent sur un autre ensemble de consoles livré par le même ébéniste le 1er février 1821 à la duchesse, vendu chez Sotheby’s, Londres, 9 juillet 2014, lots 56 et 57.

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