ORNEMENT DE FLÛTE IATMUL, RÉGION DU MOYEN SEPIK
A FLUTE ORNAMENT
This item will be transferred to an offsite wareho… Read more Adolphe Stoclet, collectionneur d’art éclairéAdolphe Stoclet (1871-1949), banquier et industriel belge, est célèbre pour avoir confié à Josef Hoffmann la construction de sa somptueuse résidence privée à Bruxelles, le Palais Stoclet, chef-d'œuvre de cet architecte. Véritable « Gesamtskunstwerk », la Wiener Werkstätte œuvra dans le sens d'un art total s'exerçant simultanément dans toutes les dimensions : décoration, objets fonctionnels, mobilier etc. Dans la salle à manger, Gustav Klimt, commissionné par Adolphe Stoclet, réalisa trois splendides mosaïques, un de ses plus grands chefs-d'œuvre. L'origine même de la conception du Palais qui fut confiée en toute liberté à l'inspiration de Hoffmann, guida par ses principes de non conformisme, d'innovation et de cohérence interne le choix des pièces exceptionnelles dans la constitution de la collection d'art d'Adolphe Stoclet. Lorsque ce dernier prend possession de la demeure, ses amis la baptiseront avec ironie Stocleon en référence aux sanctuaires de l’antiquité grecque. Avec lui, un cortège d'objets de grande classe provenant d'Afrique, d'Amérique précolombienne, d'Asie, de Grèce et d'Italie s'installe dans ce somptueux édifice. La vie d'Adolphe Stoclet fut une perpétuelle quête esthétique s’incarnant aujourd'hui dans une collection d'œuvres d'art unique "de Haute époque", à visée universelle (cf. le texte de Georges A. Salles). En Belgique, Adolphe Stoclet comptait parmi les premiers admirateurs d'art africain. D'anciennes photographies témoignent de la place de choix qu'occupaient ces objets africains dans le palais. Nous ne savons pas grand-chose au sujet de la provenance de ces pièces. Néanmoins, Daisy Lion-Goldschmidt l'accompagnait souvent au cours de ses voyages à Paris, à l'occasion desquels il faisait certaines acquisitions (Collection Adolphe Stoclet, Bruxelles, 1956, p. 17). Il était un client important de Joseph Brummer (1883-1947), marchand d’art qui à l'époque s'est construit une réputation en présentant des œuvres qui ne faisaient pas partie du canon dit "classique". En juxtaposant des œuvres d'Afrique, d'Europe médiévale, de Grèce antique, des Amériques, ainsi que des créations d'artistes vivants, la Brummer Gallery a estompé les frontières entre ces différents styles, comme Adolphe Stoclet, dans son palais. J. Brummer fit l'acquisition d'œuvres auprès de nombreux marchands tels que W. O. Webster, W. D. Oldman à Londres, la société Umlauff à Hambourg ou encore Henry Pareyn à Anvers (cf. Biro, Y., "African arts between curios, antiquities, and avant- garde at the Maison Brummer, Paris (1908-1914)", Journal of Art Historiography, n° 12, juin 2015) et il n’est pas improbable que bon nombre des pièces présentées aujourd'hui, proviennent de ces derniers. Des archives attestent qu'Adolphe Stoclet a en effet acquis cinquante-deux sculptures à la Brummer Gallery en 1913 (cf. Dumoulin, M., Les Stoclet. Microcosme d’ambitions et de passions, Bruxelles, 2011, p. 202).Adolphe Stoclet et la Haute époque de l’art africain« C’est en Italie que s’ouvre la carrière du collectionneur belge Adolphe Stoclet. Il a vingt-cinq ans et une place d’ingénieur aux Tramways Nord-Milan, où il séjourne de 1896 à 1902 avec son épouse Suzanne Stevens, nièce du peintre Alfred Stevens. Durant six ans, le jeune couple fréquente ce monde de l’objet d’art, riche en œuvres de toutes sortes, que dans les musées, les collections privées, les monuments ou les paysages lui offrent une Italie parcourue à l’âge des découvertes. Années d’apprentissage et de bonheur qui permettent à Stoclet de connaître quel est son goût, de le former et de l’éprouver dans son amplitude. A l’Italie succède un séjour de deux ans à Vienne où Stoclet travaille dans une banque. En ces années 1902 et 1903 cette ville n’était pas seulement une des plus heureuses capitales de la "belle Epoque", elle était aussi un des foyers de l’Art nouveau. Stoclet s’y lie avec l’architecte Hoffmann et adhère au mouvement esthétique qui inspire la production d’une société que celui-ci a montée : la Wiener Werkstätte. Retourné à Bruxelles en 1904 après la mort de son père, Adolphe Stoclet confie à Hoffmann le soin de dresser les plans de sa future maison, qui s’ouvrira en 1911 avenue de Tervuren. La Wiener Werkstätte en fournit l’ameublement et le décor : tables, sièges, armoires, rideaux, tapis, argenterie, objets d’usage, luminaire... tout est au style de cet atelier. Dans ce cadre exceptionnel, de marbre blanc et noir rehaussé de bronzes dorés, prennent place, au fur et à mesure des achats, les pièces de la collection. Une subtile concordance y reliera contenant et contenu, car le passé qui y figure n’est pas moins révolutionnaire que les produits de l’Art nouveau. Dans les arts de Sumer, d’Egypte, du Mexique, du Pérou, de Perse, de Chine, du Japon, d’Inde, d’Indonésie, d’Afrique ou de notre haut Moyen-âge, Stoclet choisit et accueille dans son intimité des personnages jusque-là ignorés ou réputés intouchables. Groupés ils portent une signature, celle du goût qui les a découverts. Rapprochés sous un même toit ils forment une famille plastique et montrent des objets de même nature que dans le langage de la curiosité on nomme d’objets de "haute époque". Par ce terme on désigne la période initiale d’un art, celle qui avoisine sa naissance ou qui tout au moins correspond à la première phase de son développement. Dynasties Chang et Tchou pour la Chine, premières dynasties pharaoniques pour l’Egypte, époques sumérienne ou chaldéenne pour la Mésopotamie, époques mérovingienne ou carolingienne pour notre Moyen-âge, quattrocento pour la Renaissance… tout art a sa "haute époque", qui caractérise une vigueur, parfois même une rudesse, qui se perd aux époques plus évoluées. Les œuvres de prix sont celles du début : premières en date de l’évolution d’un art, elles sont aussi les premières par la qualité et la grandeur de leur style. Regardons la collection Stoclet. Le primitif y est reclassé et prime le classique qui jusque-là obtenait sans rival les préférences de l’amateur. »- Georges A. Salles, directeur des Musées de France, dans Collection Adolphe Stoclet, Bruxelles, 1956, pp. 5-8.
ORNEMENT DE FLÛTE IATMUL, RÉGION DU MOYEN SEPIK A FLUTE ORNAMENT

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

Details
ORNEMENT DE FLÛTE IATMUL, RÉGION DU MOYEN SEPIK
A FLUTE ORNAMENT
PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE
Hauteur : 86 cm. (33 7/8 in.)
Provenance
Collection Adolphe Stoclet (1871-1949), Bruxelles
Transmis par descendance familiale
Special notice

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Lot Essay

Dans l’art de la région du Moyen-Sepik, notamment parmi les créations artistiques des peuples Sawos et Iatmul, le motif de l’oiseau est omniprésent. Chez les Iatmul et les Sawos, différentes espèces d’oiseaux symbolisent la force du village. Leurs épis faîtiers décorant les imposantes maisons des hommes ou les bouchons de gourdes à chaux présentent souvent ce motif sous formes diverses : l’oiseau posant ses griffes sur une figure humaine dans le cas des épis faîtiers (voir les exemplaires du Musée du quai Branly, inv. n° 72.1963.5.12 et 72.1963.5.13, dans Peltier, P., et al. Sepik, arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paris, 2015, p. 165) ou l’oiseau posé sur une tête de caïman dans le cas des bouchons de gourdes (voir Chauvet, S., Les arts indigènes de la Nouvelle-Guinée, Paris, 1930, fig. 344-346). On retrouve également le même type de composition sculpturale pour les ornements de flûte sacrée comme dans le cas présent. Sur le dos, la crête ajourée servait à accrocher des pompons végétaux.

Cf. pour un bouchon de flûte très similaire actuellement dans le Übersee-Museum Bremen (inv. n° D 3807), voir S. Greub, Ausdruck und Ornament. Kunst am Sepik. Bildwerke einer alten Tropenkultur in Papua-Neuiguinea, Bâle 1985, fig. 46. Pour un autre bouchon également très proche de celui de la collection Adolphe Stoclet, voir celui de la collection Barbier-Mueller, dans Barbier, J.P., Indonésie et Mélanésie. Collection Barbier-Mueller, Genève, 1977, p. 59, n° 4064.
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