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MASQUE KWELE, PIBUD
A KWELE MASK
GABON
Hauteur : 31 cm. (12 ¼ in.)
Provenance
Collecté vers 1880
Collection André Fourquet (1928-2001), Paris
Collection Arman (1928-2005), New York
Bernard Dulon, Paris
Collection Claude Berri (1934-2009), Paris
Collection privée française
Literature
Nicolas, A., Martin, J.H. et Kerchache, J., African Faces, African Figures: The Arman Collection, New York, 1997, pp. 38-39
Kaos, Parcours des mondes, Paris, n° 1, 2002, p. 9
Exhibited
New York, The Museum for African Art, African Faces, African Figures: The Arman Collection, 9 octobre 1997 - 19 avril 1998
Paris, Galerie Bernard Dulon, Parcours des mondes, Arman l'Africain, 19 septembre - 31 octobre 2002

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Susan Kloman
Susan Kloman

Lot Essay

De par leur élégance, leur simplicité et la pureté de leurs formes les masques Kwele constituent la quintessence de l’abstraction des arts du Gabon. Inconnus avant les années 1900, les masques Kwele sont mentionnés pour la première fois de manière spécifique dans l’ouvrage d’Henri Clouzot et André Level, Sculptures africaines et océaniennes, colonies françaises et Congo belge, Paris, 1925. Ils ne seront exposés et connus du grand public qu'à partir de 1930, au moment de la première grande exposition organisée à la Galerie Pigalle, à Paris. Leur découverte survient au moment de l’intense recherche esthétique menée par les artistes de l’avant-garde européen. Tristan Tzara fut d’ailleurs l’un des premiers à acquérir un exemplaire vers 1920, se trouvant actuellement dans la collection du Musée Barbier-Mueller (inv. n° BMG 1019-80).

Ce ne fut pourtant que vers 1960 que leur fonction cérémonielle fut comprise grâce aux études de terrain menées par Leon Siroto parmi les Kwele. Ses recherches dévoilèrent l’utilisation des masques dans le cadre des grandes cérémonies Beete, qui se tenaient au moment où des tensions socio-religieuses menaçaient de déchirer la société Kwele. Leur fonction principale était celle d’apaiser les esprits, de renforcer l’unité communautaire et d'établir la paix parmi les différents clans. Les cérémonies Beete servaient également à combattre tout malheur qui pouvait s’abattre sur les hauts-dignitaires ou sur la communauté entière, telles que les maladies, la guerre, la mort ou encore la famine (Lagamma, A., Eternal Ancestors, The Art of the Central African Reliquary, New York, 2007, p. 288).

Au sein du corpus se distinguent les masques anthropomorphes et zoomorphes que Leon Siroto et par la suite Louis Perrois (Perrois, L., "Art of the Kwele of Equatorial Africa: Ancestor Masks, Bush Spirit Masks", Tribal Arts, printemps 2011, pp. 80-113) classifièrent en différentes typologies selon leur fonction spécifique. Pour la plupart d’entre eux, dansés ou tout simplement accrochés aux murs de la maison du Beete, leur utilisation pendant les rituels aurait servi selon Siroto au divertissement des participants, aidant ainsi à l’apaisement de tout conflit.

Emblématique de la sensibilité esthétique Kwele, le masque présent privilégie de manière singulière les formes en deux dimensions. Il incarne la typologie pibud des masques anthropomorphes. Pour ce type de masque, la forme en cœur du visage humain est entièrement peint en kaolin blanc, couleur représentative de la clairvoyance nécessaire pour combattre tout acte de sorcellerie. En l'occurrence, cette typologie ne correspondrait pas à la représentation d’ancêtre mais plutôt à celles des esprits de la forêt (pour une discussion à ce sujet voir Perrois, L., ibid., p. 90).

Cf. pour un exemplaire très similaire, voir celui de la collection du Musée du quai Branly (inv. n° AF. 13185, 1963-190).

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