Lot Essay
« La perception des couleurs est une illusion... nous ne voyons pas les couleurs telles qu’elles sont réellement. Dans notre perception, elles s'influencent les unes les autres. »
"The perception of colour is but an illusion...we do not see colours as they really are. In our perception, they influence one another."
Josef Albers
Professeur au Black Mountain College (où ses élèves ont pour nom Robert Rauschenberg ou Cy Twombly) puis à Yale (où il enseigne notamment à Robert Mangold, Brice Marden ou Richard Serra), Josef Albers débute sa série des Hommages au carré en 1950 et la continuera jusqu’à sa disparition en 1976. Né dans le contexte de sa formation au Bauhaus auprès de Johannes Ittens et Vassily Kandinsky, le recours invariable à la forme carrée permet à Albers d’expérimenter à loisir les infinies possibilités de la couleur. Ainsi qu’il le dit lui-même : « La couleur est mon langage. Je ne rends pas ‘hommage au carré’. Le carré est seulement le plat dans lequel je sers mon obsession de la couleur ».
Ainsi, en plaçant côte à côté des carrés colorés encastrés les uns dans les autres – ici une déclinaison éclatante de rouges –, Albers peut donner libre cours à ses recherches sur la façon dont une couleur revêt une tonalité différente en fonction de celle auprès de laquelle elle est placée : tantôt plus lumineuse, tantôt plus sombre ; semblant s’extraire ou au contraire s’enfoncer dans la composition. À l’instar de la montagne Sainte-Victoire de Cézanne ou de la cathédrale de Rouen pour Monet, le carré se révèle in fine le prétexte aux investigations artistiques d’Albers, son véhicule d’exploration.
La granulosité du panneau d’isorel sur lequel l’artiste applique la peinture directement depuis le tube en une succession de couches épaisses permet en outre à la lumière de venir s’accrocher sur la surface et confère à ses œuvres une vibration singulière. Car au fond, les Hommages au carré d’Albers portent en eux une leçon universelle, que l’artiste exprime avec ses mots : « Lorsque l’on comprend que toute couleur change au contact d’un environnement changeant, alors on saisit que cette leçon s’applique autant la couleur qu’à la vie elle-même ».
A professor at Black Mountain College (where his students included the likes of Robert Rauschenberg and Cy Twombly) then at Yale (where he taught Robert Mangold, Brice Marden and Richard Serra), Josef Albers began his series Homage to the Square in 1950 and continued to work on it until his death in 1976. The fruit of his training at Bauhaus under Johannes Itten and Wassily Kandinsky, the unchanging use of the square enabled Albers to experiment freely with the infinite possibilities of colour. In his own words: "Colour is my language. I am not paying ‘homage to the square’. The square is merely the platter on which I serve my obsession with colour."
By embedding the colourful squares into one other - here in a series of stunning reds - Albers is able to freely explore how a colour takes on different tones depending on the surrounding colour: sometimes brighter, sometimes darker; sometimes seeming to jump out of the canvas or sink deeper into the composition. Like Cézanne’s Mont Sainte-Victoire or Monet’s Rouen Cathedral, the square proved to be a pretext for Albers’s artistic studies; his means of exploring.
The granularity of the hardboard panel, on which the artist applied the paint directly from the tube in a series of thick layers, enabled the surface to catch the light (among other things) and gave his pieces a unique resonance. Fundamentally, Albers’s Homage to the Square series offers a universal lesson, as explained by the artist himself: "When you really understand that each colour changes depending on its context, you find that you have learned something about life as well as about colour."
"The perception of colour is but an illusion...we do not see colours as they really are. In our perception, they influence one another."
Josef Albers
Professeur au Black Mountain College (où ses élèves ont pour nom Robert Rauschenberg ou Cy Twombly) puis à Yale (où il enseigne notamment à Robert Mangold, Brice Marden ou Richard Serra), Josef Albers débute sa série des Hommages au carré en 1950 et la continuera jusqu’à sa disparition en 1976. Né dans le contexte de sa formation au Bauhaus auprès de Johannes Ittens et Vassily Kandinsky, le recours invariable à la forme carrée permet à Albers d’expérimenter à loisir les infinies possibilités de la couleur. Ainsi qu’il le dit lui-même : « La couleur est mon langage. Je ne rends pas ‘hommage au carré’. Le carré est seulement le plat dans lequel je sers mon obsession de la couleur ».
Ainsi, en plaçant côte à côté des carrés colorés encastrés les uns dans les autres – ici une déclinaison éclatante de rouges –, Albers peut donner libre cours à ses recherches sur la façon dont une couleur revêt une tonalité différente en fonction de celle auprès de laquelle elle est placée : tantôt plus lumineuse, tantôt plus sombre ; semblant s’extraire ou au contraire s’enfoncer dans la composition. À l’instar de la montagne Sainte-Victoire de Cézanne ou de la cathédrale de Rouen pour Monet, le carré se révèle in fine le prétexte aux investigations artistiques d’Albers, son véhicule d’exploration.
La granulosité du panneau d’isorel sur lequel l’artiste applique la peinture directement depuis le tube en une succession de couches épaisses permet en outre à la lumière de venir s’accrocher sur la surface et confère à ses œuvres une vibration singulière. Car au fond, les Hommages au carré d’Albers portent en eux une leçon universelle, que l’artiste exprime avec ses mots : « Lorsque l’on comprend que toute couleur change au contact d’un environnement changeant, alors on saisit que cette leçon s’applique autant la couleur qu’à la vie elle-même ».
A professor at Black Mountain College (where his students included the likes of Robert Rauschenberg and Cy Twombly) then at Yale (where he taught Robert Mangold, Brice Marden and Richard Serra), Josef Albers began his series Homage to the Square in 1950 and continued to work on it until his death in 1976. The fruit of his training at Bauhaus under Johannes Itten and Wassily Kandinsky, the unchanging use of the square enabled Albers to experiment freely with the infinite possibilities of colour. In his own words: "Colour is my language. I am not paying ‘homage to the square’. The square is merely the platter on which I serve my obsession with colour."
By embedding the colourful squares into one other - here in a series of stunning reds - Albers is able to freely explore how a colour takes on different tones depending on the surrounding colour: sometimes brighter, sometimes darker; sometimes seeming to jump out of the canvas or sink deeper into the composition. Like Cézanne’s Mont Sainte-Victoire or Monet’s Rouen Cathedral, the square proved to be a pretext for Albers’s artistic studies; his means of exploring.
The granularity of the hardboard panel, on which the artist applied the paint directly from the tube in a series of thick layers, enabled the surface to catch the light (among other things) and gave his pieces a unique resonance. Fundamentally, Albers’s Homage to the Square series offers a universal lesson, as explained by the artist himself: "When you really understand that each colour changes depending on its context, you find that you have learned something about life as well as about colour."
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