CHARLES LE BRUN (PARIS 1610-1690)
CHARLES LE BRUN ET ATELIER (PARIS 1610-1690)

Tête de soldat persan

Details
CHARLES LE BRUN ET ATELIER (PARIS 1610-1690)
Tête de soldat persan
pierre noire, sanguine, craie bleue, lavis brun et gris, lavis de sanguine, estompe
70 x 51,3 cm.
Post lot text
CHARLES LE BRUN AND WORKSHOP, HEAD OF A FLEEING MAN
BLACK AND RED CHALK, BLUE CHALK, BROWN WASH AND RED WASH, STUMPED
Sale room notice
Ce carton a été réalisé par Charles Le Brun et son atelier. Pour davantage d’informations, veuillez vous référer à la notice du catalogue.

This cartoon has been executed by Charles Lebrun and his workshop. For more information, please read the catalogue note. For an English translation, please see at the end of the catalogue (p. 138).

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Lot Essay

La taille impressionnante de ce carton ainsi que l’expression puissante qui s’en dégage ne doivent pas faire oublier qu’il a été réalisé dans un but précis : un dessin grandeur nature réalisé pour la préparation d’une oeuvre elle-même à grande échelle. Il s’agit très probablement d’un des seuls fragments d’un carton monumental ayant aujourd’hui survécu en relation avec une composition de Le Brun pour l’un des épisodes de la vie d’Alexandre le Grand : La bataille d’Arbèles, connue par une peinture datée de 1669 conservée au Louvre et mesurant près de 5 mètres sur 13. (Fig. 1 ; voir J. Vittet in La Tenture de l’histoire d’Alexandre le Grand, cat. exp., Paris, Mobilier National, 2008- 2009, p. 42, fig. 6). Cette peinture, dont le motif central est ce Persan en fuite, ainsi que plusieurs illustrations monumentales de l’histoire d’Alexandre, s’inscrivent dans la glorification du roi Louis XIV, dont Le Brun était premier peintre. Une tapisserie au Mobilier National de Paris, qui correspond en grande partie à ce tableau, représente une autre version de cette composition. Il existe également plusieurs fragments de cartons peints sur toile qui ont certainement été utilisés par les tisserands (Vittet et A. Brejon de Lavergée, ibid., pp. 35-36, figs. 5, 45, 74, n°. 6, ill.).
Les différences entre ce fragment d’un côté, et la peinture et la tapisserie mentionnés précédemment d’un autre, notamment dans la position du bras du Persan, montrent que ce dessin n’est pas lié à l’une ou à l’autre de ces oeuvres. Cependant, différentes autres versions tissées de cette composition sont aujourd’hui connues ou documentées. De ce fait, il est probable que le présent dessin ait servi à la production de l’une d’entre elles (voir de plusieurs). Comme pour les autres rares dessins et fragments qui nous sont parvenus, le dessin suggère qu’il fut utilisé pour le métier à tisser, mais sa survivance montre qu’elle fut également considérée très tôt en tant qu’oeuvre d’art à part entière. En raison de ses dimensions, un dessin de cette taille est rarement entièrement exécuté par le maître lui-même ; plutôt, elle est généralement réalisée par des assistants sous sa supervision, et parfois retouchée par l’artiste. Il s’agit donc d’une oeuvre dont le but final est différent des études signées de Lebrun pour la bataille d’Arbèles au Louvre (voir L. Beauvais, Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques. Inventaire général des dessins. École française. Charles Le Brun, 1619-1690, Paris, 2000, II, nos. 1785- 1787, I, ill.) mais d’une qualité supérieure aux copies, comme en témoigne un exemple faible également conservé au Louvre (ibid., n°. 1833, ill.). Cette tête d’expression est tout à fait caractéristique des recherches de l’artiste sur les émotions humaines et peut être comparée à un dessin conservé au Louvre intitulé par l’artiste lui-même ‘L’Effroi’ (voir ibid., II, n°. 2016, ill.).


The impressive scale and powerful expression of this drawing make it easy to forget that it must have been produced with a very specific purpose in mind, as a full-scale drawing made in preparation of a large-scale work. It most likely is the only surviving fragment of a monumental cartoon related to a composition by Le Brun illustrating an episode from the life of Alexander the Great, the Battle of Arbela, best-known from a painted version dated 1669 at the Louvre, which measures nearly 5 by 13 meter (Fig. 1; see J. Vittet in La Tenture de l’histoire d’Alexandre le Grand, exhib. cat., Paris, Mobilier National, 2008-2009, p. 42, fig. 6). The painting, of which the fleeing Persian at center is the focal point, was conceived, together with other moments from the story of Alexander, in the artist’s continued effort to glorify his patron, King Louis XIV. Another version of the composition is a tapestry at the Mobilier National, Paris, largely corresponding to the painting, and there are several fragments of a cartoon painted on canvas as well, which must have been used by the weavers (Vittet and A. Brejon de Lavergée ibid., pp. 35-36, fig. 5, 45, 74, no. 6, ill.).
Differences between the cartoon fragment under discussion and the painting and tapestry mentioned before – mainly the position of the Persian man’s arm – make clear it is not directly connected to either. However, several other woven versions of the composition survive or are documented, and it is likely that the cartoon to which the present drawing belonged served in the production of one (or possibly more) of them. As with the other rare cartoons or cartoon fragments that have come down to us, the drawing shows signs of its use on the weaver’s loom, but its very survival is also an indication that it was treasured as an exceptional work in its own right. Because of its dimensions, a cartoon was rarely executed entirely by a master himself; rather, it would be made under his supervision by workshop assistants, and occasionally retouched by him. It is therefore of a different nature than Lebrun’s fully autograph studies for the Battle of Arbela at the Louvre (see L. Beauvais, Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques. Inventaire général des dessins. École française. Charles Le Brun, 1619- 1690, Paris, 2000, I, nos. 1785-1787, ill.); but also superior in quality to copies, such as a rather weak example, also at the Louvre (ibid., no. 1833, ill.). Le Brun recognized the expressive potential of his invention in a drawing isolating the head as an illustration of a human emotion; he titled the sheet, again at the Louvre, ‘Fear’ (L’Effroi; see ibid., II, no. 2016, ill.).
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