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Édouard Vuillard (1868-1940)
Édouard Vuillard (1868-1940)

Le Balai dans la cour, 346 rue Saint-Honoré

Details
Édouard Vuillard (1868-1940)
Le Balai dans la cour, 346 rue Saint-Honoré
signé 'E Vuillard' (en bas à droite)
huile sur carton
22.5 x 20.9 cm.
Peint en 1895

signed 'E Vuillard' (lower right)
oil on board
9 x 8 ¼ in.
Painted in 1895
Provenance
Atelier de l'artiste.
Jacques Dubourg, Paris.
Odette Siegel, Copenhague (acquis auprès de celui-ci vers 1987).
Collection particulière, Danemark (par descendance); vente, Sotheby's, Londres, 8 février 2006, lot 305.
Acquis au cours de cette vente par le propriétaire actuel.
Literature
A. Salomon et G. Cogeval, Vuillard, Le regard innombrable, Catalogue critique des peintures et pastels, Paris, 2003, vol. I, p. 296, no. IV-125 (illustré).
Exhibited
Paris, Galerie Parvillée, L'École de Pont-Aven et les Nabis, 1888-1908, mai-juin 1943, no. 75 (titré 'Le Balai').
Londres, Wildenstein & Co., Paris in the nineties, mai-juin 1954, no. 117 (titré 'Le balai').
Vevey, Musée Jenisch, Paris 1900: Pierre Bonnard, Charles Cottet, Maurice Denis..., juillet-septembre 1954, no. 198.
Post lot text
Pendant cinq ans, le 346 rue Saint-Honoré - où se situe l’appartement familial dans lequel Vuillard vécut de 1891 à 1896 - devient le décor de ce peintre de la vie quotidienne. Dans cette scène de 1895, il est aisé de se figurer l’artiste à sa fenêtre, en observateur dissimulé, saisissant le moment de repos d’un bien modeste protagoniste: une balayeuse. Le cadrage en plongée souligne cette impression à la fois d’intimité et d’humilité, celle d’une femme qui profite d’un moment de répit, retirée dans un coin du tableau comme elle l’est dans un coin de la cour. Pourtant, Vuillard démontre une attention toute particulière à son banal outil : centré, le balai ressort sur la large bande noire, avec son ruban aux couleurs franches. La touche légère devient en outre plus concentrée sur les deux éléments déterminants de l’œuvre: la femme à la tête baissée et son instrument. À l’instar de nombreuses œuvres de l’artiste, notamment celles dans lesquelles il représente sa mère à l’ouvrage ou les amis de sa famille dans des intérieurs chaleureux, la scène ici est celle d’un espace clos où se déroule le théâtre de la vie quotidienne.
Cette œuvre s’inscrit dans l’héritage de la peinture hollandaise que Vuillard admire au Louvre. On retrouve en effet la peinture de genre telle que développée par Vermeer et illustrée dans La Ruelle. Ici aussi, à travers le cadre d’un porche, l’on peut observer une femme déposant son balai contre le mur. Dans les deux œuvres, l’action est concentrée dans le quart inférieur du tableau, la façade remplissant la majeure partie du tableau. Les pavés de la ruelle rappellent enfin ceux de la petite cour du 346 rue Saint-Honoré. En toute simplicité, notre œuvre apparaît ainsi comme un respectueux hommage de l’artiste de l’anecdotique envers le peintre de Delft.

For five years, 346 Rue Saint-Honoré - the address of the family apartment in which Vuillard lived from 1891 to 1896 - became the setting for this painter of everyday life. In this scene from 1895, it is easy to imagine the artist at his window as a hidden observer, capturing a moment of rest for a quite modest protagonist: a street sweeper. The plunging view accentuates the impression of both intimacy and humility that of a woman enjoying a moment of rest, drawn into a corner of the painting as she is in the corner of the courtyard. Yet Vuillard lavishes attention on her ordinary tool: centred in the composition, the broom emerges from the wide black strip with its brightly coloured ribbon. Moreover, the light touch becomes more concentrated on the two determining components of the work: the woman with her head lowered and her implement. As in many of the artists works, including those in which he depicts his mother at work or family friends in warm interiors, the scene here depicts an enclosed space where the theatre of daily life unfolds.
The present work fits in with the legacy of the Dutch paintings which Vuillard admired at the Louvre. Indeed, this work reflects the genre painting developed by Vermeer and illustrated in La Ruelle. Here, too, through the framing of a porch, one can see a woman leaning her broom against the wall. In both works, the action is concentrated in the lower quarter of the canvas, with the façade forming the majority of the painting. Lastly, the paving stones of the little street also call to mind the ones in the small courtyard at 346 Rue Saint-Honoré. Our work appears, in all simplicity, to be a respectful homage paid by this artist of the ordinary to the painter from Delft.

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