Zao Wou-Ki (1920-2013)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more Provenant d'une collection privée, France
Zao Wou-Ki (1920-2013)

16.1.62

Details
Zao Wou-Ki (1920-2013)
16.1.62
signé en Pinyin et signé en Chinois ‘ZAO’ (en bas à droite); signé, titré et daté ‘ZAO WOU-KI "16.1.62"’ (au dos)
huile sur toile
65 x 53.5 cm.
Peint en 1962.

signed in Pinyin and signed in Chinese 'ZAO' (lower right); signed, titled and dated ‘ZAO WOU-KI "16.1.62"’ (on the reverse)
oil on canvas
25 5/8 x 21 1/8 in.
Painted in 1962.
Provenance
Acquis directement auprès de l'artiste par le propriétaire actuel dans les années 1960
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
Post lot text
«Les gens croient que la peinture et l’écriture consistent à reproduire les formes et la ressemblance. Non le pinceau sert à faire sortir les choses du chaos».
"People think painting and writing consist of reproducing forms and likeness. But the paintbrush is meant to make things emerge from chaos"
Zao Wou-Ki

« Je peins ma propre vie mais je cherche aussi à peindre un espace invisible, celui du rêve, d’un lieu où l’on se sent toujours en harmonie, même dans des formes agitées de forces contraires. Chaque tableau, du plus petit au plus grand, est toujours un morceau de cet espace de rêve. »
“I paint my own life, but I’m also trying to paint an invisible space, the dream world—that place where we always feel balanced, even in the tumultuous presence of opposite forces. Each painting, from the smallest to the largest, is a part of this same dream world.”
Zao Wou-Ki

La foudre trace un sillon dans l’obscurité de la nuit ; la surface s’illumine dans un éclat brûlant. 16.1.62 saisit cet éclair et donne à voir l’invisible. L’immensité du ciel est resserrée dans un format intime sans pourtant rien perdre de sa puissance. L’œil ébloui se déplisse peu à peu pour découvrir un tableau de Zao Wou-Ki peint en 1962, présenté pour la première fois au public.
Surmontée d’une bande de couleur d’un noir intense, la composition verticale est traversée en son centre par un courant descendant de touches dessinant un fin réseau de lignes éparses et dynamiques. Tantôt dense et appuyé, tantôt tracé dans un geste précipité, tantôt projeté sur la toile en dripping, le trait ne se ressemble jamais. Libre et dansant, agile, indomptable, il fait valser l’œil du spectateur de la gauche vers la droite dans un rythme effréné. Au sein de cette énergie bouillonnante, les lignes se contractent et se dilatent, puis explosent pour se propager lentement en diffus filaments sinueux.
Dans la peinture traditionnelle chinoise, avec une économie de moyens réduite à la seule encre de Chine, l’art tout entier repose sur la maîtrise du pinceau. En jouant avec les variations de densité, d’épaisseur et de dilution, l’encre noire à elle-seule peut produire sur la surface blanche une myriade d’effets visuels. Dans 16.1.62, en se contraignant à n’utiliser que des nuances de noir et blanc, Zao Wou-Ki renoue avec sa tradition picturale. La juxtaposition du noir et du blanc symbolise la dualité du Yin et du Yang, les forces opposées et complémentaires du cosmos. Le vif contraste de ces couleurs crée une intense vibration qui ouvre une dimension nouvelle. Le fond noir se dérobe en s’éloignant, invitant le spectateur à s’y plonger et à pénétrer dans un espace sans fin, qui n’est plus limité par le cadre.
Cinq ans plus tôt, en 1957, l’artiste part à New York en compagnie de Pierre et Colette Soulages, et découvre les maîtres de l’expressionnisme abstrait : Mark Tobey, Jackson Pollock, Franz Kline et Mark Rothko. Le voyage est initiatique. À son retour à Paris, un an plus tard, il abandonne définitivement la figuration et décide d’explorer les possibilités qu’offre l’abstraction. Il crée des empâtements, étale la matière, jette la peinture, incise la couche picturale, joue avec le relief. Zao s’aventure, tâte, expérimente. 16.1.62 offre un exemple particulièrement abouti de cette phase expérimentale dans la trajectoire du peintre.
Issu d’une famille de talentueux calligraphes, formé à l’Académie de Hangzhou puis à l’atelier de la Grande-Chaumière à Paris, c’est tout naturellement que Zao Wou-Ki intègre la quintessence de la peinture chinoise à la peinture occidentale. Sous son pinceau qui dévoile un univers inédit, entre silence et agitation, 16.1.62 illustre un langage pictural neuf qui abolit les frontières – soudain rendues obsolètes - entre l’Orient et l’Occident.

Lightning cuts through the darkness of the night; the surface lights up in a searing flash. 16.1.62 captures this lightning bolt and reveals the invisible. The sky’s vastness is compacted into an intimate format, but it loses none of its potency. Dazzled eyes gradually refocus to discover a painting by Zao Wou-Ki dated 1962, presented to the public for the first time.
Surmounted by a band of intense black, the vertical composition is split through the middle by a downward flourish of brush strokes forming a fine network of scattered, dynamic lines. At times dense and emphatic, at times hastily applied, others projected onto the canvas with the dripping technique; the strokes are never twice the same. Free and dancing, agile and untameable, they take the viewer’s eye on a frantic waltz from left to right. Amidst this effervescent energy, the lines expand and contract, then explode and slowly scatter into diffuse and sinuous filaments.
With traditional Chinese painting where black ink is the only medium, art as a whole relies on masterful brush strokes. By playing with variations in density, thickness and dilution, black ink alone on a white surface can produce a myriad of visual effects. In 16.1.62, using only nuances of black and white, Zao Wou-Ki reconnects with his pictorial tradition. The juxtaposition of black and white symbolises the duality of Yin and Yang, the opposite and complementary forces of the cosmos. The sharp contrast between these colours creates an intense resonance that opens up a new dimension. The black background shies away, distancing itself, tempting the viewer to dive in and enter an endless void unrestricted by the confines of the frame.
Five years earlier, in 1957, the artist traveled to New York with Pierre and Colette Soulages and there he discovered the masters of Abstract Expressionism: Mark Tobey, Jackson Pollock, Franz Kline and Mark Rothko. This was a journey of initiation. When he returned to Paris a year later, he abandoned figuration for good and decided to explore the possibilities of abstraction. He created impastos, smeared the surface, spattered paint, incised the pictorial layer and played with matter. Zao took risks, dabbled and experimented. 16.1.62 is a particularly good example of this experimental phase in the painter’s artistic career.
Born into a family of talented calligraphers, trained at the Hangzhou Academy and then at the Grande-Chaumière art studio in Paris, it was entirely natural for Zao Wou-Ki to blend the quintessence of Chinese painting with western techniques. Under his brush strokes, which unveil an uncharted universe between silence and turmoil, 16.1.62 depicts a new pictorial language that lifts off the barriers – now suddenly rendered obsolete – between East and West.

Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam

Lot Essay

Cette œuvre est référencée dans les archives de la Fondation Zao Wou-Ki et sera incluse dans le catalogue raisonné de l’artiste en préparation par Françoise Marquet et Yann Hendgen (information fournie par la Fondation Zao Wou-Ki).
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