JUSEPE DE RIBERA (XÁTIVA, VALENCIA 1591 - 1652 NAPLES)
JUSEPE DE RIBERA (XÁTIVA, VALENCIA 1591 - 1652 NAPLES)

L'Archange Raphaël

Details
JUSEPE DE RIBERA (XÁTIVA, VALENCIA 1591 - 1652 NAPLES)
L'Archange Raphaël
huile sur toile
82,5 x 72 cm. (32 3/8 by 28 3/8 in.)
Post lot text
JUSEPE DE RIBERA, THE ARCHANGEL RAPHAEL, OIL ON CANVAS

Brought to you by

Astrid Centner-d’Oultremont
Astrid Centner-d’Oultremont Director Christie’s Belgium, Old Masters Specialist

Lot Essay

Comme la présence du poisson l’indique, ce tableau inédit représente Raphaël, l’un des trois archanges mentionnés dans l’Ancien Testament. Raphaël, dont la vocation principale est de protéger l’amour conjugal et la santé des êtres humains, est surtout connu à travers l’évocation qu’en fait le Livre de Tobie. Il raconte comment, guidé par l’archange, le jeune Tobie, fils de Tobit, un vieillard devenu aveugle, pêcha un poisson dans le Jourdain. Il appliqua le fiel contenu dans le foie de l’animal sur les yeux de son père qui fut ainsi miraculeusement guéri de sa cécité.

La composition et la qualité d'exécution du tableau prouvent que l’Archange Raphaël est une œuvre autographe de Jusepe de Ribera. On peut la dater vers 1620 comme l’indiquent les fortes concordances stylistiques et surtout formelles avec certaines toiles réalisées par Ribera après son installation définitive à Naples en 1616 et après la Crucifixion peinte en 1618 pour la comtesse d’Osuna (musée de la collégiale d’Osuna). Le tableau évoque certaines œuvres réalisées durant son séjour romain, tels le sus parmi les docteurs de Saint-Martin de Langres, les quatre Apôtres de la Fondation Roberto Longhi, le Mendiant et la Libération de saint Pierre de la galerie Borghèse, et le Reniement de saint Pierre de la galerie Corsini. Il évoque aussi des œuvres peintes entre Rome et ses débuts napolitains, comme les toiles subsistantes de la série allégorique des Sens (dispersée entre Hartford, Pasadena, Città del Messico et Madrid), les figures d’apôtres à mi-corps et la paire constituée de la Flagellation du Christ et du Saint André en prière de la Quadreria dei Girolamini de Naples, et le saint Lazare dans sa surrection du Museo Nacional del Prado (G. Papi, Ribera a Roma, Soncino, 2007, pp. 144-165; N. Spinosa, Ribera. La obra completa, Madrid, 2008, pp.309-349; El joven Ribera, Madrid, Museo Nacional del Prado, 2011 : Ribera tra Roma, Parma e Napoli 1608-1624, Museo di Capodimonte, 2011-2012, pp. 111-151 et pp. 154-179).

Par rapport à ces tableaux, ceux peints à Naples après 1618 (dont le David avec la tête de Goliath de la collection Varez Fisa à Madrid, la Madeleine pénitente du Museo di Capodimonte et la Pietà de la National Gallery de Londres), présentent de nouvelles approches, bien que toujours marqués par les précédentes expériences naturalistes et caravagesques. Ils se distinguent par une définition des formes et des volumes plus attentive et plus rigoureuse, presque géométrique, grâce à l’utilisation savante du dessin, l'irruption d'un rayon de lumière dans des espaces étroits et obscurs, l’application d’une matière moins dense, sombre et scintillante, bien qu’elle ne soit pas encore sublimée et solaire comme dans de nombreuses toiles peintes à partir de la fin des années 1630.

On retrouve cette même intensité et cette très haute qualité picturale dans l’Archange Raphaël. Son éclat met en valeur la vérité et le réalisme de la texture du manteau rouge qui l’enveloppe somptueusement, tout comme ceux de la tunique, à l’origine d’un bleu profond, ou de la chemise blanche. Cet éclat souligne aussi la beauté des traits du visage et des mains, l'expression du jeune homme pensif choisi pour servir de modèle à l’archange, la description naturelle et réaliste du poisson.

Une ressemblance encore plus forte lie l’Archange au Christ de la Pietà peinte pour Marcantonio Doria à la National Gallery de Londres et au Christ flagellé de la galerie Sabauda de Turin, à tel point que pour ces compositions, on pourrait supposer que Ribera a pris comme modèle un jeune homme croisé dans les rues de la capitale méridionale ou, plus vraisemblablement, utilisé un dessin ou une gravure représentant un marbre antique, à la beauté apollonienne, vu ou étudié à Rome ou à Naples.

Nous remercions le Prof. Nicola Spinosa de nous avons confirmé l'attribution de notre tableau à Jusepe de Ribera et pour la rédaction de cette notice.

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