Pierre Soulages (Né en 1919)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more Provenant d'une importante collection privée, Europe
Pierre Soulages (Né en 1919)

Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007

Details
Pierre Soulages (Né en 1919)
Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007
signé, daté et titré ‘SOULAGES, "Peinture 264 x 181 cm, 29.12.2007" triptyque’ (au revers)
acrylique sur toile; triptyque
263 x 181 cm.
Peint le 29 décembre 2007

signed, dated and titled ‘SOULAGES, "Peinture 264 x 181 cm, 29.12.2007" triptyque’ (on the reverse)
acrylic on canvas; triptych
103 ½ x 71 ¼ in.
Painted on 29th December 2007
Provenance
Galerie Alice Pauli, Lausanne.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel en 2008.
Literature
P. Encrevé, Soulages. L'œuvre complet – Peintures. IV. 1997-2013, Paris, 2015, no. 1382 (illustré en couleurs, p. 237)
Special notice

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Post lot text
« On est toujours guetté par deux choses aussi dangereuses l’une que l’autre : l’ordre et le désordre », affirme Pierre Soulages (in Françoise Jaunin, Pierre Soulages : Noir lumière; Entretiens avec Françoise Jaunin, Lausanne, 2002). Alors, à la façon d’un funambule, le peintre unit les deux dans sa majestueuse Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007. Le désordre, ce sont les ruptures visuelles rythmées qui s’impriment sur les panneaux du triptyque. Grâce à l’épaisseur de la pâte acrylique, Soulages a ainsi transformé les trois éléments disparates de la toile en quatre surfaces noires où s’impriment une succession d’effets de matière et de lumière. La peinture anthracite, tantôt mate ou brillante, dévoile ainsi par endroits la verticalité des gestes du peintre ; efface ailleurs le mouvement du corps pour devenir surface polie ; s’épaissit, enfin, sur l’un des volets pour former de profonds sillons lumineux.
Une fois assemblés, les panneaux donnent pourtant à voir une composition ordonnée qui s’impose par sa seule présence méditative. Nulle narration ici, pas de titre éloquent non plus : « ses toiles géantes, souvent déclinées en polyptyques, ne montrent rien qui leur soit extérieur ni ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Devant elles, le spectateur est assigné frontalement, englobé dans l’espace qu’elles sécrètent, saisi par l’intensité de leur présence » (in F. Jaunin, Pierre Soulages: Noir lumière; Entretiens avec Françoise Jaunin, ibid). Il revient ainsi au regardeur le soin de se déplacer devant le triptyque et de circuler entre les panneaux pour faire l’unique expérience que donne à voir Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007 : celle de l’outrenoir.
Par ce néologisme, Soulages décrit l’expérience sans cesse renouvelée qui l’habite depuis 1979 : celle des infinies possibilités du noir, sculpté, touché par la lumière. À son commencement, l’outrenoir n’est pourtant qu’une toile ratée dans l’atelier, saturée de peinture noire. Laissée inachevée pour la nuit, elle deviendra une évidence lorsque le peintre reviendra au matin pour la terminer. Il y découvre un nouveau territoire : « Outrenoir pour dire : au-delà du noir une lumière reflétée, transmutée par le noir. Outrenoir : noir qui, cessant de l'être, devient émetteur de clarté, de lumière secrète.» (« Les éclats du noir », entretien de Pierre Encrevé in Beaux-Arts magazine Hors-série, mars 1996). Comme dans Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007, où Soulages ouvre la voie à ce nouveau « champ mental » (ibid.) : le noir, l’absence de couleur la plus essentielle, devient une expérience sensorielle unique – celle de la puissance de la clarté.
We are forever watched by two things, each as dangerous as the other: order and disorder", says Pierre Soulages in the publication Pierre Soulages: Noir lumière; Entretiens avec Françoise Jaunin (Françoise Jaunin, Lausanne, 2002). And like a tightrope walker, the painter united the two in his majestic Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007. Disorder is in the rhythmic, visual ruptures that leave their mark on the triptych’s panels. Through the thickness of the acrylic paint, Soulages transformed the work’s three disparate sections into four black surfaces marked by a series of effects of light and matter. Anthracite paint—sometimes matt, sometimes glossy—reveals, in parts, the verticality of the painter’s motions, while elsewhere it erases body movement to become a smooth surface, and it thickens on one of the sections to form deep, bright furrows.
But once assembled, the panels reveal an orderly creation, asserting itself through its contemplative presence. There is no narration here, nor any eloquent title: "His giant paintings, often divided into polyptychs, show nothing beyond them, nor do they refer to anything but themselves. In front of them, the viewer is summoned head-on, subsumed in the space the paintings exude and captured by the intensity of their presence" (Françoise Jaunin, Pierre Soulages: Noir lumière; Entretiens avec Françoise Jaunin, ibid). It is therefore up to viewer to stand in front of the triptych and move around the panels to experience the unique phenomenon offered by Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007: the concept of outrenoir (‘beyond black’).
Through this neologism, Soulages describes the endlessly repeated experience that has obsessed him since 1979: the infinite possibilities of black, sculpted and touched by light. But outrenoir was originally just a failed painting—saturated with black paint—in his studio. Left unfinished one night, the work presented something striking when the painter returned to his studio the next morning to complete it. In it, he discovered uncharted territory: "Outrenoir: light reflected beyond black, transmuted by black. Outrenoir is black which, ceasing to be black, effuses clarity and secret light.” (Les éclats du noir, interview with Pierre Encrevé in a special issue of Beaux-Arts magazine, March 1996). Like in Peinture 263 x 181 cm, 29 décembre 2007, in which Soulages opened a path to this new "mental field" (ibid.), black—the most essential absence of colour—becomes a unique sensory experience: one of powerful clarity.
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Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam Head of Department

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