FIGURE DE RELIQUAIRE KOTA-NDASSA, MBULU NGULU
A KOTA-NDASSA RELIQUARY FIGURE
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FIGURE DE RELIQUAIRE KOTA-NDASSA, MBULU NGULU A KOTA-NDASSA RELIQUARY FIGURE

GABON

Details
FIGURE DE RELIQUAIRE KOTA-NDASSA, MBULU NGULU
A KOTA-NDASSA RELIQUARY FIGURE
GABON
Hauteur : 49 cm. (19 ¼ in.)
Provenance
Acquise in situ par le Docteur Ange Richer (1882-1951), en 1912-1913
Transmise par descendance
Sotheby's, Paris, 24 juin 2015, lot 69
Collection privée allemande, acquise lors de cette vente

Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam Head of Department

Lot Essay

La stylisation récurrente du visage humain dans l'art Kota, poussée à l'extrême, fascine depuis longtemps les Occidentaux. Ces impressionnantes sculptures furent précisément au coeur du dialogue de l'art moderne qui se déroula non seulement à Paris, mais également à Berlin et à New York. Cette fascination insuffla une nouvelle ère dans la sculpture et la peinture modernes. Ces figures de reliquaire étaient présentes dans presque toutes les collections du début du XXe siècle, notamment celles des artistes d'avant-garde dont les oeuvres s'en trouvaient fortement inspirées. Citons, Picasso pour ses Demoiselles d'Avignon (1907), Paul Klee pour ses Idoles (1913), Brancusi pour son Portrait de Madame L.R. (1914-1918) ou encore Fernand Léger pour La création du monde (1923). Picasso possédait deux de ces figures dans sa collection personnelle et étaient selon W. Rubin "ses sculptures tribales préférées". La monumentale Tête de femme (1929-1930) de Picasso, en fer forgé, est sans nul doute une manifestation de l'influence de l'art africain dans son travail. A l'instar de leurs homologues cubistes, les artistes ayant créé ces figures de reliquaires déconstruisent le corps et le visage humain - de formes tridimensionnelles - pour aboutir à une représentation bidimensionnelle inventive. Entres autres, les bras et les jambes sont réduits à une forme rhombique qui suffit à les matérialiser.

Ce type d'objet joue un rôle primordial dans le culte des ancêtres, clef de voûte de la société Kota. Au décès d'un chef, les descendants prélevaient des fragments du corps du défunt pour confectionner des reliques acculées dans des paniers d'écorces. Des statues de cuivre, matériau onéreux et noble, surmontaient l'ensemble, en guise de figure protectrice. Chaque exemplaire représentait un esprit différent créant par conséquent un éventail de styles variés pour ce type d'objet. Leur singularité résidait également dans le motif clanique sculpté au dos. Ces figures de reliquaires de la région des peuples Ndassa possèdent plusieurs caractéristiques : un visage au front proéminent et bombé, l'absence de cimier en croissant de lune habituellement observé dans les exemplaires analogues, les parties latérales de la sculpture se terminant sur des extensions construites dans le même plan, rondes, en "queue de canard" ainsi que la forme ovoïde du visage dont l'arrondi des arcades sourcilières détermine la forme en coeur.

Le docteur Ange Richer (1882-1951), nommé en 1908 médecin major des troupes coloniales, est connu pour son ouvrage : Les Touareg du Niger, région de Tombouctou-Gao. Les Oulliminden (1924). Au coeur de la révolte Touareg (1914-1916), il s'insurgea contre l'autorité coloniale. Appelé au Gabon où il servit en 1912-1913, il y fonda le premier lazaret pour les personnes atteintes de maladie du sommeil. Parmi les oeuvres qu'il rapporta de ce séjour se distingue cette imposante figure de reliquaire Kota-Ndassa.

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