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AGATHON LÉONARD (1841-1923)
Dominant un rocher, une jeune femme aux mouvements lascifs et diaboliques déploie ses bras vers le ciel. Ses ailes maléfiques protègent son corps nu. À sa taille une lourde et large ceinture maintient une robe brodée d’étoiles qui la fige dans la roche. Ni humain, ni hybride, rien ne semble rattacher ce vampire à notre monde. C’est une vision exaltée et profondément unique d’une féminité sombre et mélancolique. Chef d’œuvre du Symbolisme, Le Vampire ou La Chauve-souris demeure une sculpture mystérieuse, synthèse des œuvres d’Agathon Léonard.En 1900, le sculpteur Agathon Léonard est déjà célèbre pour son Jeu de l’écharpe, une exceptionnelle série de statues mettant en scène une danse virginale. Présentée pour la première fois dans une version en plâtre à la Société Nationale des Beaux-Arts en 1902, Le Vampire confirme le talent de l’artiste. Une version en bronze polychrome est fondue en 1903 ; notre exemplaire, le seul connu de cette taille en bronze doré est mis au moule en 1904.Provocante et sensuelle, l’interprétation de cette figure fantastique répond à l’imaginaire de l’avant-garde artistique et culturelle du XIXe siècle qui nourrit une fascination morbide pour les étranges fruits nés du royaume des rêves, de l’imagination et de l’occulte. Comme en réaction à l’industrialisation galopante, la soif d’un ailleurs se fait prégnante. Ainsi, en 1897 Bram Stoker triomphe avec son Dracula et la grande comédienne Sarah Bernhardt (1844-1923) captive l’attention des foules en dormant dans un cercueil. Certains suggèrent d’ailleurs qu’Agathon Léonard entretenait une relation avec l’actrice, qui rappelons-le fût également sculpteur, et se représenta sous la forme d’un encrier en bronze mi-femme, mi-chauve-souris en 1880. Si l’on espère déceler dans les traits de notre vampire ceux de l’actrice, il semble que le modèle qui posa pour Agathon Léonard fut une certaine Augustine. Si la question de l’identité du modèle n’est pas parfaitement résolue, il est certain que Léonard a créé ici une inoubliable icône du Symbolisme.Dominating the rock on which she sits, sensual and diabolical in her posture, a young woman raises her arms skyward, her evil wings framing her half-naked body. At her waist a broad, heavy chain encircles her star-embroidered garb that flows down to the rock. She is not human nor is she a hybrid. Nothing seems to link this vampire to our world yet she offers an exalted and unique vision of dark and melancholic femininity. A masterpiece of Symbolism, Le Vampire or La Chauve-souris remains a mysterious sculpture, reveals the essence of Agathon Léonard’s artistry. In 1900, sculptor Agathon Léonard was already famous for his Jeu de l’écharpe, an exceptional series of statues portraying a virginal dance. Exhibited for the first time in a plaster version at the Société Nationale des Beaux-Arts [National Society for the Fine Arts] in 1902 the Vampire confirmed the artist's talent. A version in polychrome bronze was cast in 1903; our example, the only known example of this size in gilt bronze was cast in 1904. The provocative and sensual interpretation of this fantasy figure appealed to the sensibilities of the 19th century cultural and artistic avant-garde with its morbid fascination for the strange imagery of the realm of dreams, the imagination and the occult. As if in reaction to the unstoppable advance of industrialisation, the thirst for a different world grew at the same frenetic pace. Thus, Bram Stoker triumphed in 1897 with his Dracula and the great actress Sarah Bernhardt (1844-1923) drew in the crowds by sleeping in a coffin. It has been suggested that Agathon Léonard maintained a liaison with the actress who, let us remember, was also a sculptor, depicting herself as a bronze inkwell, half woman, half bat, in 1880. Although we may try to detect Bernhardt’s features in those of our vampire, it seems that the model who posed for Agathon Léonard was a certain Augustine. While there may remain not be clarity regarding the model. Whoever his muse, in this work Léonard surely created an icon of Symbolism.
AGATHON LÉONARD (1841-1923)

'LE VAMPIRE' OU 'LA CHAUVE-SOURIS', LE MODÈLE CRÉÉ EN 1902, CELUI-CI RÉALISÉ EN 1904

Details
AGATHON LÉONARD (1841-1923)
'Le Vampire' ou 'La Chauve-souris', le modèle créé en 1902, celui-ci réalisé en 1904
Bronze patiné doré / gilt patinated bronze
35 x 23 x 15 cm / 13 ¾ x 9 x 6 in
Signée A.LEONARD à l'avant sur le pourtour de la base
Provenance
Collection personnelle de l'artiste, puis dans la famille par descendance, Nîmes, 7 février 2000.
Literature
Pour notre exemplaire :
I. Böstge, Agathon Léonard, Le geste Art Nouveau, catalogue d'exposition, La Piscine-Musée d'Art et d'Industrie André Diligent, 11 mars-9 juin 2003, Roubaix, 25 juin-26 octobre 2003, Beauvais, p. 78 et 79, n. 62.
Pour le même modèle :
M. Rheims, La sculpture au XIXe siècle, Arts et Métiers Graphiques, Paris, 1972, p. 133.
A. Duncan, Fin de siècle Masterpieces from the Silverman Collection, Abbeville Press inc., New York, 1989, p. 176.
Pour une variante polychrome de notre modèle :
La décoration ancienne et moderne, 1972, pl. 97 dans une publicité.
Exhibited
Pour notre exemplaire :
Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, Paris, 1904.
Agathon Léonard, Le geste Art Nouveau, catalogue d'exposition, La Piscine-Musée d'Art et d'Industrie André Diligent, 11 mars-9 juin 2003, Roubaix, 25 juin-26 octobre 2003, Beauvais, n. 62.

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Pauline de Smedt
Pauline de Smedt

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