Mohamed Naghi (1888-1956)
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Additional costs of 5.5% including tax of the auct… Read more Mohamed et Effat Naghi : la renaissance de l'héritage égyptienPour sa vente de printemps, le département d'Art impressionniste et moderne de Christie's Paris propose une immersion dans un chapitre encore largement méconnu de l'art du XXe siècle : celui de l'art moderne égyptien, qui connaît lui aussi son grand essor à l'époque où fleurissent, de l'autre côté de la Méditerranée, les avant-gardes européennes. L'une en présentiel, l'autre en ligne, les ventes parisiennes de la saison consacrent toutes deux une section à la succession Naghi, forte d'un ensemble exceptionnel d'œuvres du peintre égyptien Mohamed Naghi (1888-1956) et de sa sœur Effat Naghi (1905-1994). En provenance directe de la famille de cette dernière à Alexandrie, cette collection remarquable reflète l'histoire des pionniers du modernisme égyptien et leurs rapports étroits avec les cercles d'avant-garde occidentaux. Membres majeurs aussi bien de la première que de la deuxième génération d'artistes modernes de la région, les Naghi redessinèrent le paysage culturel de leur pays en tissant des liens entre le patrimoine historique égyptien et une renaissance artistique d'envergure transnationale.Pour faire honneur à cette sélection, un chef-d'œuvre de Mohamed Naghi, Les Marchands de peaux en Abyssinie, sera exposé dans les locaux de Christie's Paris aux côtés des onze œuvres de la succession. Deux de ces lots seront présentés aux enchères du 14 avril à Paris, tandis que neuf autres figureront dans la vente en ligne d'art du XXe siècle (du 7 au 19 avril). Cet ensemble rare jette une lumière nouvelle sur ce duo dynamique qui partageait notamment des affinités amicales, artistiques et théoriques avec le peintre André Lhote (1885-1962). Claude Monet (1840-1926), qui eut l'occasion de côtoyer Mohamed Naghi à Giverny en 1918, fut lui aussi séduit par son œuvre. Une partie des gains de ces ventes sera investie dans l'édition d'une monographie pour la succession sous l'égide d'« Art d'Égypte », organisme voué à promouvoir la création et l'héritage culturel égyptiens. Au fil de leurs carrières, Mohamed et Effat n'ont cessé de défricher de nouveaux champs expressifs. Leur art précurseur a rejoint certaines des collections particulières et publiques les plus prestigieuses du monde, parmi lesquelles la Tate de Londres, le Mathaf de Doha, au Qatar, ou la Barjeel Art Foundation, aux Émirats arabes unis, sans oublier les musées des Beaux-Arts d'Alexandrie et d'Art moderne du Caire. Des panneaux décoratifs monumentaux de Mohamed Naghi ornent par ailleurs de nombreux bâtiments publics égyptiens. Inspirés par leurs voyages aux quatre coins de leur terre natale ainsi qu'en Europe et en Afrique, les deux artistes ont engendré un mouvement d'art folklorique moderne en peignant, entre autres, les réalités de la vie rurale dans des scènes aux paysages évanescents. À l'heure où Mohamed appelle à la reconnaissance nationale des arts populaires égyptiens, les Naghi sont déjà des artistes établis, fascinés tant par l'artisanat et les arts premiers que par l'impressionnisme et la peinture classique.Diplomate alexandrin hautement cultivé, Mohamed Naghi est aussi ce peintre de renom qui a séjourné à Giverny en 1918 pour étudier auprès du grand maître de l'impressionnisme, Claude Monet. Ses formations et ses expéditions en Europe le plongent au cœur des révolutions artistiques du début du XXe siècle. De retour en Égypte, c'est dans l'effervescence culturelle de l'entre-deux-guerres qu'il fonde en mars 1935 l'Atelier d'Alexandrie avec le poète Gaston Zananiri (1904-1996) et le peintre Giuseppe Sebasti (1900-1961). Ce lieu d'échanges sera la première véritable initiative égyptienne à réunir artistes et écrivains autour de cycles de conférences et d'expositions. La ferveur avec laquelle il cherche inlassablement à éperonner et soutenir l'art de son pays fait de Mohamed Naghi l'un des grands pères fondateurs de l'art moderne égyptien, au même rang que le peintre alexandrin Mahmoud Saïd (1897-1964) et le sculpteur cairote Mahmoud Mokhtar (1891-1934). Grâce à ses efforts, l'Atelier s'avère l'un des grands catalyseurs de la scène artistique d'Alexandrie, et l'une des pierres angulaires de l'avant-garde du Caire.En 1937, Mohamed est le premier Égyptien nommé à la tête de l'École des Beaux-Arts du Caire. Cette année-là, dans le cadre de l'Exposition Universelle des Arts et Techniques, à Paris, il est invité à réaliser une peinture imposante, Les Larmes d'Isis, pour le Pavillon Égyptien. Après avoir été sacré directeur du musée d'Art moderne du Caire en 1939, il devient en 1946 délégué de l'Égypte à la Commission des Beaux-Arts de l'UNESCO à Londres et à Paris, avant de s'installer en Italie entre 1947 et 1950, où il dirige l'Académie égyptienne des Arts de Rome. L'œuvre de Mohamed est par ailleurs présentée à deux reprises à la Biennale de Venise, en 1948 et 1954. Attaché de la Légation d'Égypte, ses missions diplomatiques l'amènent à parcourir le monde, du Brésil à l'Éthiopie. Mohamed retourne néanmoins fréquemment sur ses terres natales, où il monte des ateliers à Alexandrie, donc, mais aussi à Louxor et à Memphis. Peintre figuratif, ses sujets de prédilection sont les paysages, les portraits et les scènes de genre comme celles, remarquables, qui figurent dans les ventes de la saison.En 1914, après une étape à Florence, Mohamed rentre en Égypte où il passe quelque temps dans son atelier de Darb al-Labana, près de la citadelle du Caire. Il y développe un goût pour l'héritage culturel islamique. S'ensuit un périple à Thèbes et Kurna, où il peint les monuments emblématiques de l'Égypte antique, fusionnant pour la première fois modernité et patrimoine historique, dans un style très architectural aux accents romantiques. Le Temple de Karnak, dont la composition saisissante est dominée par l'édifice mondialement connu, évoque les créations de cette période. Teintée d'un idéalisme nostalgique, cette toile à la gloire de l'Égypte antique trahit aussi des penchants nettement impressionnistes : ici, Naghi s'évertue à figer dans sa peinture l'aspect d'un lieu à un instant bien précis, jouant sur les contrastes de couleur pour exalter la lumière.En plus de son travail pour l'Exposition internationale de Paris en 1937, Naghi conçoit, à la demande du gouvernement égyptien, des œuvres pour de nombreux espaces publics, notamment La Procession d'Isis, peinte pour le Sénat du Caire en 1919, et cinq grandes toiles exécutées pour l'hôpital Al-Mouwasat d'Alexandrie. Sa célèbre peinture murale représentant l'École d'Alexandrie, réalisée entre 1939 et 1952 pour la salle de conférence du Gouvernorat alexandrin sera, pour sa part, malheureusement détruite dans un incendie. En 1932, Mohamed Naghi révèle son travail au public londonien à l'occasion d'une exposition personnelle – « Egypt – Abyssinia » – qui réunit des œuvres incontournables créées lors de sa mission diplomatique en Abyssinie cette année-là. C'est dans le cadre de cet événement que Lord Blossom fait l'acquisition de La Procession religieuse – Addis-Abeba, toile dont il fera don à la Tate Modern, où elle réside depuis lors. Deux œuvres majeures issues de cette série abyssinienne très convoitée figurent dans les ventes de printemps : Les Marchands de peaux en Abyssinie, qui fera l'objet d'une vente privée au mois d'avril, et Les Gardes-frontière, proposée aux enchères de Christie's Paris le 14 avril. Si les tonalités vives et franches de ces deux tableaux évoquent les visions arcadiennes d'un Gauguin, la spontanéité frappante de leur facture fait vibrer la surface peinte. Ils sont emblématiques du style qui domine la période éthiopienne de Mohamed Naghi entre 1932 et 1934, et qui insuffle durablement sa peinture d'une spiritualité singulière.Amis proches d'André Lhote avec lequel ils échangent régulièrement leurs réflexions sur l'art, Effat et Mohamed Naghi reçoivent le peintre français en Égypte à deux occasions au début des années 1950 et lui rendent visite à leur tour en France. Si le style de Mohamed Naghi réconcilie esthétique occidentale et patrimoine artistique égyptien – la sève de son œuvre – Effat Naghi, elle, s'inspire essentiellement du folklore, de l'artisanat et de l'héritage archéologique de son pays : en témoignent ses travaux aux techniques mixtes, où elle emploie volontiers des matériaux inattendus comme le bois, le cuir ou les papiers collés, jouant sur une multitude de textures pour illustrer des scènes d'extérieur et des paysages. Son expression s'alimente aussi bien de ses années de formation en Italie que de son attachement à son Égypte natale. Elle se plaît notamment à peindre le village d'Abou Hommos, où elle possède une plantation, ainsi que la vie quotidienne de ses paysans (sujet de l'un des tableaux proposé à la vente en ligne de Christie's). Puisant dans des influences fauves qu'elle réinterprète librement, son travail atteste un besoin très intime de nourrir un dialogue constant entre passé et présent. Bien plus jeune que son frère, Effat ne s'impose pas moins tout au long des années 1950, 1960 et 1970 comme l'une des représentantes majeures des courants modernes égyptiens, au même titre que les artistes alexandrines Marguerite Nakhla (1908-1977), Cléa Badaro (1913-1968) ou Mariam Abdel Aleem (1930-2010). L'audace formelle d'Effat rompt avec tous les codes artistiques établis. Incorporant des éléments improbables tels que la peau de crocodile, le bois récupéré ou encore des amulettes magiques, ses œuvres abondent de matières et de couleurs qui résonnent avec l'esthétique primitiviste de l'art égyptien des années 1920. Entre 1947 et 1950, alors que son frère dirige l'Académie égyptienne de Rome, Effat s'installe dans la capitale italienne pour étudier l'art mural et la peinture à la fresque à l'Académie des Beaux-Arts : un tournant décisif pour sa carrière. Plusieurs toiles proposées dans notre vente en ligne témoignent d'ailleurs nettement de sa volonté de reproduire l'effet écaillé, desséché, de la peinture murale ancestrale.C'est toutefois dans les rayons de la Bibliothèque nationale du Caire que le style emblématique d'Effat Naghi prend réellement forme. Entre 1954 et 1964, elle y passe de longues heures à dévorer des ouvrages anciens et à s'imprégner de mythes et de symboles qui nourrissent son vocabulaire artistique. À Alexandrie, elle se prend aussi de fascination pour une série de livres illustrés écrits par un docteur français, qui abordent différentes études sur la magie, l'astrologie et les mathématiques. Elle y puise de nombreux signes et symboles qui viennent enrichir son langage visuel, et s'inspire des images de reliques de guerre et d'objets en terre cuite issus de civilisations révolues. Effat assemble bientôt sa propre collection d'arts populaires et d'artéfacts archéologiques, pour plonger de plus belle dans l'univers de l'Égypte antique. Deux œuvres présentées par Christie's synthétisent pleinement son interprétation artistique de ces sciences et de cet héritage : l'une, un collage très texturé proposé à la vente en ligne, représente une horloge astronomique ; l'autre, incluse dans la vente du 14 avril, est une composition imposante, complexe et très colorée qui reflète sa prédilection pour le monde de l'astronomie, voire de la magie.En 1964, Effat est l'une des premières figures à être choisies par les autorités égyptiennes pour documenter le haut barrage d'Assouan, projet gargantuesque mené par le gouvernement au lendemain de la Révolution de 1952. Aux côtés d'autres éminents artistes comme Tahia Halim (1919-2003), Gazbia Sirry (née en 1925) et Hamed Ewais (1919-2011), elle tentera d'immortaliser la mémoire des villages nubiens avant qu'ils ne soient engloutis par les eaux. Effat épouse par la suite Saad El Khadem (1913-1987). Professeur, historien de l'art et artiste reconnu, il apporte un souffle nouveau à la photographie en Égypte et contribue grandement à l'étude du folklore national. Un musée leur est aujourd'hui dédié au Caire. Installé entre les murs de la demeure où ils ont vécu jusqu'à leurs morts respectives en 1987 (El Khadem) et 1994 (Naghi), il abrite plus de deux cents œuvres du couple. This spring season the Christie’s Paris Impressionist and Modern Art department will offer a glimpse into a facet of Modern Art which remains unknown to many, that of the modern art scene in Egypt which was flourishing simultaneously to that in Europe on the other side of the Mediterranean. A dedicated section to the Naghi estate in both a live and an online sale taking place in Paris will present a selection of works from Mohamed and Effat Naghi, Egyptian painters and siblings. Arriving directly from Effat Naghi’s family collection in Alexandria, this important group narrates the founders of modern Egyptian art that were inextricably linked with the European modernist circles. As part of the first and second generations of modern artists in Egypt, both Mohamed Naghi (1888-1956) and Effat Naghi’s (1905-1994) efforts revitalised Egyptian heritage, bridging the gap with their ancestors in a cultural Renaissance that connected local and international artistic scenes. To celebrate this unique ensemble of Naghi works, a museum masterpiece by Mohamed Naghi, Les marchands de peaux en Abyssinie, will be displayed alongside eleven works from the estate, two of which will be presented in the 14th April sale being held in Paris. A further nine works by the Naghi siblings will be offered in the 20th century art Paris online sale (7-19 April). The select group of works offers a fresh look at this dynamic duo, recalling Claude Monet's (1840-1926) inspiration for Mohamed Naghi's style dating back to the latter's visit to Giverny in 1918, and highlighting the artistic and theoretical links between the Naghi’s and their friend, André Lhote (1885-1962). A portion of these proceeds will go to benefit a monograph for the estate, run by the platform “Art D’Égypte” that aims to promote Egyptian art while highlighting and preserving Egyptian cultural heritage.Both Mohamed and Effat are trailblazers within their own respective artistic careers, and their works have been collected by prominent private and international public institutions, including the Tate, London, Mathaf in Doha, Qatar, and Barjeel Art Foundation, UAE, among others, in addition to the Museums of Fine Arts of Alexandria, and of Modern Art in Cairo, whilst several monumental decorative panels by Mohamed Naghi decorate some of Egypt’s major government buildings. Inspired by their travels throughout their home country, and also in Europe and Africa, both artists documented typical village life in ethereal landscape scenes and engendering the Egyptian modern folk art movement. Both were producing work at a time when Mohamed called for a national embrace of Egypt’s folkloric heritage, with a restlessness fascination with folkloric and primitive arts, but also Impressionist and classical styles during their formative years.Mohamed Naghi, a highly cultured Alexandrian and Egyptian diplomat, was also a renowned painter who went to Giverny in 1918 to learn from the great master of Impressionism, Claude Monet. Naghi’s travels and studies in Europe brought him at the core of the artistic and cultural revolutions of the early 20th century. In the midst of the bustling cosmopolitan cultural scene of interwar Alexandria, Naghi launched the Alexandria Atelier with fellow artists Gaston Zananiri (1904-1996) and Giuseppe Sebasti (1900-1961) in March 1935. The Atelier was the first real platform in Egypt that brought artists and writers together and regularly organised conferences and exhibitions. Furthermore, Naghi's lifelong passion to develop and improve his nation's arts placed him alongside fellow Alexandrian painter Mahmoud Saïd (1897-1964) and Cairene sculptor Mahmoud Mokhtar (1891-1934) as one of the fathers of Modern Egyptian art. The Alexandria Atelier was ultimately the catalyst to officially establish the flourishing Alexandrian art scene, and stimulated the shaping of the Cairene art scene. In 1937, Mohamed was the first Egyptian to be appointed Director of the School of Fine Arts in Cairo as well as being selected as one of the artists to decorate the Egyptian Pavilion with an impressive painting, The Tears of Isis, at the Exposition Universelle des Arts et Techniques in Paris of 1937. After being appointed Director of the Museum of Modern Art in Cairo in 1939, he was Egypt's delegate to the UNESCO Fine Arts Commission in London and Paris in 1946, and later settled in Italy from 1947 to 1950 when he took on the position of director of the Egyptian Academy of Arts in Rome. Mohamed’s work was also presented twice at the Venice Biennale, in 1948 and 1954. Although he widely travelled for various diplomatic missions as an attaché for the Egyptian Legation, from Brazil to Ethiopia, he often returned to his homeland, setting up various studios in Alexandria, Luxor and Memphis. A figurative painter, Mohamed’s favourite subjects were portraits, landscapes and genre scenes such as the paintings presented at auction this season at Christie’s Paris.In 1914, Mohamed returned to Egypt from Florence and spent time at his studio in Darb al-Labana close to the Citadel in Cairo, where he developed a passion for Islamic heritage, before heading to Thebes and to Kurna. There, he painted the landmarks of Ancient Egypt infused with a romantic and architectural approach, testing the grounds to integrate cultural heritage with modernity. The impressive composition of Le Temple de Karnak is reminiscent of that period as this internationally recognisable archeological building imposes itself within the pictorial space. Its romantic connotations in representing the artist's celebration of Ancient Egypt's grand architecture are fused with a stylistic tendency towards Impressionism. Naghi's touches of colour emanate light through the contrasts between the various pigments, whilst attempting to capture a given moment in time and to then eternalise it through his painting.In addition to decorating the Egyptian Pavilion at the 1937 International Exhibition in Paris, Naghi was commissioned several works for major public spaces in Egypt, such as The Procession of Isis, painted for the Senate of Cairo in 1919; five large canvases destined for the Al-Mouwasat Hospital in Alexandria, and his seminal mural representing the School of Alexandria, that decorated the meeting room of the Alexandria Governorate, painted between 1939 and 1952, which unfortunately was destroyed in a fire. Mohamed Naghi exhibited his works in London by organizing the Egypt - Abyssinia exhibition in 1936 – a solo show of his most sought-after works produced during his diplomatic mission in Abyssinia in 1932. It was during that exhibition that Lord Blossom purchased The Religious Procession – Addis Ababa and gifted it to the Tate Modern, London, where it has been ever since. A major work by Mohamed, Les marchands de peaux en Abyssinie, from the same highly sought-after series as the Tate Modern canvas, executed in 1932, is offered in private sale this April, whilst Les gardes frontières, presented in the 14th April live auction in Paris also derives from the Abyssinian period. In both paintings, the primitive bold colours draw influence from Paul Gauguin's romantic works, whilst the striking spontaneity of his brushstrokes bring his figures to life. These are characteristics of the style that predominated Mohamed’s works produced in Ethiopia in 1932-1934, and that introduced a certain spirituality and durability to his other paintings.Effat Naghi and her brother Mohamed were also very close to the French painter André Lhote (1885-1962) and welcomed him in Egypt on a couple of occasions in the early 1950s, just as they visited him in France, while regularly exchanging views on their respective artistic theories. Whilst Naghi’s style reconciled Western aesthetics with the revival of Egypt’s rich ancient cultural heritage – the essence of his oeuvre - Effat Naghi’s work was inspired by Egyptian archaeological and folk artefacts, which often appear in her assemblages and mixed media pieces experimenting with unconventional materials like wood, collage and leather, using heavily textured techniques to illustrate outdoor scenes and landscapes, influenced by her time in Italy and her own plantation at Abou Hommos village (represented in one of the paintings offered by Christie’s in the online sale), where she spent her days painting scenery from the village as well as the daily life of peasants. Having had a reinterpreted fauvist background, her works portrays a specific need to allow the past to have an ongoing dialogue with the present. Although much younger than her brother, Effat was one of the leading female figures of Egypt’s modern art scene in the 1950s-1970s amongst other Alexandrian female artists such as Marguerite Nakhla (1908-1977), Cléa Badaro (1913-1968) and Mariam Abdel Aleem (1930-2010). Effat’s daring and innovating style was far removed from any established aesthetic. Integrating a wide variety of materials such as crocodile skins, antique painted wood, and magic amulets, Effat produced densely textured and colourful pieces that resonate the primitivist aesthetic deeply rooted in 1920s Egypt. The pivotal years that determined her career as an artist were from 1947 to 1950, when she moved to Rome to study fresco and mural painting at the Academy of Fine Arts in Italy, with her brother Mohammed who had been appointed Director of the Egyptian Academy in Rome. There is no doubt that several of her paintings in the online sale reflect her ambition of replicating the effect of ancient mural painting with their often dry and sometimes flaky painterly surfaces.Yet Effat Naghi's signature style was truly formed after her long hours spent in Cairo's National Library between 1954 and 1964, discovering ancient books, absorbing various myths and magical symbols that were soon going to nurture her pictorial vocabulary. In Alexandria, she was fascinated by one particular collection of illustrated books written by a French doctor that dealt with various studies of magic, astrology and mathematical studies, where she enriched her artistic language through the many images of mathematical and astrological shapes, as well as illustrations of old war relics and terracotta pieces from the Ancient Civilisations. She soon started her own personal collection of magical folk artefacts and archaeological relics that created a gateway into the depths of Ancient Egyptian cultural heritage. In addition to one of her richly textured collage works offered in the online sale that features a zodiac dial, her complex and colourful astronomical and almost magical large composition included in the 14th April sale is a synthesis of her artistic interpretation of all these sciences that intrigued her so much.Effat was one of the first to be selected by the Egyptian government to document the Aswan Dam in 1964, a project undertaken by the government in the decade following the 1952 Revolution as a way to record the soon to be destroyed Nubian villages. Together with other prominent artists like Tahia Halim (1919-2003), Gazbia Sirry (b. 1925) and Hamed Ewais (1919-2011). Effat would later marry renowned professor, art historian and artist Saad El Khadem (1913-1987), who revived the modern photography movement in Egypt and is noted for his contribution to the field of folklore studies. The couple have a dedicated museum in Cairo – which was originally their home until their respective deaths, el-Khadem in 1987 and Naghi in 1994 – a museum that holds today over two hundred of their artworks.
Mohamed Naghi (1888-1956)

Les Gardes frontières

Details
Mohamed Naghi (1888-1956)
Les Gardes frontières
signé et daté 'Naghi 1932' (en bas à droite)
huile sur panneau
70 x 88.5 cm.
Peint en Abyssine (Éthiopie) en 1932

signed and dated 'Naghi 1932' (lower right)
oil on panel
27 5/8 x 34 7/8 in.
Painted in Abyssinia (Etiopia) in 1932
Provenance
Atelier de l'artiste.
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
Les Cahiers de Chabramant, éd., Mohamed Naghi, Un impressionniste égyptien, Le Caire, 1988, p. 62 (illustré en couleurs).
Special notice

Additional costs of 5.5% including tax of the auction price will be taken in addition to the usual costs charged to the buyer. These additional costs are likely to be reimbursed to the buyer on presentation of proof of export of the batch outside the Union European within the legal deadlines (See the "VAT" section of Terms of sale)
Sale room notice
Veuillez noter que ce lot n'est pas soumis au droit de suite.
Please note that this lot is not subject to the Artist's Resale Right.

Brought to you by

Antoine Lebouteiller
Antoine Lebouteiller Head of Department

Lot Essay

Cette œuvre sera incluse dans la monographie de Mohamed Naghi en cours de préparation par la succession Naghi, en collaboration avec Art dEgypte.

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