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STATUE TSOGHO
GABON
Haut. 40 cm (15 ¾ in.)
Provenance
Philippe Ratton et Daniel Hourdé, Paris
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 1998
Literature
Goy, B. et Dulon, B., Tsogho. Les icônes du Bwiti, Paris, 2016, pp. 75-77, n° 52-54
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TSOGHO FIGURE, GABON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

UNE ICÔNE DU BWITI
par Bertrand Goy

« Par Bouiti, on entend :
1. La société secrète du Bouiti
2. La danse se rapportant au culte du Bouiti
3. La statue-fétiche du Bouiti »

Abbé Raponda Walker

La statuette du Bwiti que nous décrivons dans ces lignes s’impose comme un des exemplaires les plus remarquables du grand style artistique tsogho du Gabon. Intimement lié au culte des ancêtres, cet objet connu sous le nom de mbumba était uniquement exhibé lors de quelques cérémonies au protocole très codifié. En l’occurrence, l’apparence juvénile de notre « icône du bwiti » la range dans la catégorie des objets rituels utilisés lors de l’initiation pour redonner courage au novice mbanzi, ébranlé par la rudesse de certaines phases de son épreuve. Bien que, dans la culture matérielle africaine traditionnelle, fonction et représentation soient indissociables, il est rare que cette symbiose apparaisse aussi explicite et harmonieuse que dans la sculpture tsogho, celle-ci, en particulier. Les yeux exorbités mangeant le visage enfantin du jeune initié, sous emprise du puissant hallucinogène qu’est l’iboga, racontent son voyage onirique, jalonné par les visions de créatures fantasmagoriques et inquiétantes, ni tout à fait hommes, ni tout à fait bêtes, vers un au delà où les ancêtres lui révèleront « le commencement et la fin ». La bouche légèrement entrouverte et les sourcils dressés vers le ciel contribuent à accentuer l’impression de stupeur se dégageant de ce doux visage en forme de coeur. Adepte de cette manière d’expressionnisme qui séduisit les artistes occidentaux du début du XXe siècle, le sculpteur a doté son personnage d’oreilles aux larges pavillons évoquant l’attention sans faille portée à la lancinante mélopée des percussions mosomba et de la harpe à huit cordes ngombi accompagnant le parcours initiatique. Le cuivre, symbole de richesse, met en valeur des points névralgiques : le métal barre ainsi le front, rappelant la marque de kaolin chez les initiés, et confère aux yeux leur expression sidérée.

La base de ce mbumba, très érodée, indique que ce dernier reposait sur un panier abritant des reliques. Cette forme d’hommage aux ancêtres est omniprésente au Gabon, chez les Fang ou autres Kota, mais la représentation du « buste avec bras » reste une spécificité tsogho. Les mains serrées sur une sorte de fiole est un motif extrêmement rare parmi l’étroit corpus de la statuaire tsogho, et, à notre connaissance, seul un autre mbumba, conservé au Museum d’Histoire Naturelle de la Rochelle, affiche cette particularité.

A BWITI ICON
by Bertrand Goy

Bouiti can refer to:
1. The secret society of the Bouiti
2. The dance relating to the Bouiti religion
3. The Bouiti fetish statue”

Abbot Raponda Walker

The Bwiti figure that we describe here stands out as one of the most remarkable examples of the great Tsogho artistic style of Gabon. Intimately linked to ancestor worship, this object, known under the name mbumba, was only exhibited at a few ceremonies with a very codified protocol. The juvenile appearance of this “Bwiti icon” places it in the category of the ritual objects used in initiation. It is intended to encourage the novice mbanzi who might be rattled by the harshness of certain phases of his ordeal. Although function and symbol are indissociable in the traditional African material culture, it is rare for this symbiosis to be as explicit and harmonious as in Tsogho sculpture, and this one in particular. The bulging eyes dominate the childish face of the young initiate under the influence of the powerful hallucinogen iboga. They tell of his dreamlike voyage, filled with visions of magical and disturbing creatures - neither truly men nor fully animals -, on his way to the other side, where the ancestors will reveal to him “the beginning and the end”. The half-open mouth and raised eyebrows accentuate the impression of astonishment that radiates from this soft heart-shaped face. The sculptor exemplifies that form of expressionism that so seduced Occidental artists in the early 20th century. His character has ears with wide helices, evoking an unfailing attention to the haunting lament of the mosomba percussions and ngombi eight-stringed harp that accompany the initiatory journey. Copper, a symbol of wealth, flatters the key features: the metal outlines the forehead much in the same way that kaolin marks the foreheads of initiates, bringing the eyes their stunned expression.

The very eroded base of this mbumba shows that it stood on a basket containing relics. This form of ancestor worship is omnipresent in Gabon, among the Fang and Kota among others; but the representation of a “bust with arms” remains distinctive to the Tsogho. Such a design with hands grasping a sort of jug is extremely rare among the limited corpus of Tsogho statues, and to our knowledge, only one other mbumba has this feature. It is kept at the Museum d’Histoire Naturelle de la Rochelle.
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