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Maria Helena Vieira da Silva (Lisbonne 1908-1992 Paris)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more Collection Max-Pol Fouchet
Maria Helena Vieira da Silva (Lisbonne 1908-1992 Paris)

La ville, la nuit

Details
Maria Helena Vieira da Silva (Lisbonne 1908-1992 Paris)
La ville, la nuit
signé et daté 'Vieira da Silva 78' (en bas à droite)
huile sur toile marouflée sur carton
41 x 32 cm.
Peint en 1978.

signed and dated 'Vieira da Silva 78' (lower right)
oil on canvas laid down on board
16 1/8 x 12 5/8 in.
Painted in 1978.
Provenance
Collection Max-Pol Fouchet, Avallon
Puis par descendance au propriétaire actuel
Special Notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.

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Alice Chevrier
Alice Chevrier Junior Specialist

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Lot Essay

Cette œuvre est accompagnée d'un certificat d'authenticité du Comité Vieira da Silva.

Tous les chemins vont vers la ville.
Du fond des brumes,
Là-bas, avec tous ses étages
Et ses grands escaliers et leurs voyages
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d’un rêve, elle s’exhume.

Emile Verhaeren, « La Ville », Les Campagnes hallucinées, 1893

En 1977, lorsque Max-Pol Fouchet réalise un film documentaire sur Maria Helena Vieira da Silva, elle est une artiste internationalement reconnue, figure majeure de l’abstraction, à laquelle le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris consacre une importante rétrospective. Poète, essayiste, critique littéraire, homme de radio mais aussi pionnier de la culture à la télévision, Max-Pol Fouchet est un personnage aux multiples facettes, passionné d’art, il écrira notamment le catalogue raisonné de Wifredo Lam, cet amoureux de la culture avait le don pour s’adresser à tous. La liste de tout ce qu’avait été Max-Pol est longue, mais il avait surtout l’ambition de faire de la culture pour tous. Dans ce film documentaire, Max-Pol capture Vieira dans son intimité, dans sa maison, sa « coquille » comme il la décrit, qu’elle partage avec son mari depuis 46 ans, Arpad Szenes. L’artiste se dévoile, au fil des questions de Fouchet, évoquant son enfance au Portugal, l’univers du rêve qui lui a été salvateur face à sa jeunesse solitaire.
Peinte en 1978, La ville, la nuit est un paysage captivant aux couleurs vives, aux perspectives quadrillées et à l'intensité existentielle de Maria Helena Vieira da Silva. Cette toile s’inscrit dans une période singulière de l’artiste : elle reçoit le Grand Prix National des Arts du gouvernement français en 1966, expose ses compositions abstraites au Musée National d'Art Moderne de Paris en 1969-1970, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1977 et est nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1979. Cette reconnaissance s’explique par l’alliance d’une maîtrise aboutie de la perspective et d’une sensibilité croissante, relative à son sujet de prédilection, les paysages urbains : « J’aime, dit-elle, ces paysages linéaires qu’on trouve dans les grandes villes » (cité in Jean Grenier, « Vieira da Silva », in L’œil, 1956, p.15).
Dans La ville, la nuit, des traits horizontaux et sinueux traversent des champs de gris et de bleus pour évoquer de multiples horizons ; la toile entière est divisée en plans rythmés et lumineux, créant l'effet de paysages superposés à l'infini, de myriades de ciels se reflétant dans des myriades d'océans vitreux. De discrètes touches de couleurs jaunes et noires se nichent dans chaque section, comme les lumières allumées ou éteintes ou les fenêtres d’une ville vue de loin. Sans point de fuite, La ville, la nuit semble s’éloigner à la fois vers le haut, le bas et le centre, amenant l’œil à parcourir sans relâche chaque parcelle dynamique de la toile. Il n’y a ni entrée, ni sortie : notre œil est tenu prisonnier de ce labyrinthe, de ce royaume qui s’étend à perte de vue. Pour Vieira da Silva, se perdre dans un labyrinthe devient un moyen d’appréhender la fantastique complexité du monde. Vital, vibrant et complexe, La ville, la nuit de Vieira da Silva est une invitation irrésistible à entrer dans sa réalité.

[…] All roads lead towards the city. Out of mist it materialises – over there, with all its storeys, its great staircases, and their flights up to the sky, towards yet higher storeys – from the earth as from a dream, it rises.




[…]
Emile Verhaeren, « La Ville »,
Les Campagnes hallucinées, 1893

In 1977, when Max-Pol Fouchet directed a documentary film about Maria Helena Vieira da Silva, she was a world-renowned artist and a major figure in abstract art. The Musée dArt Moderne de la Ville de Paris had already given her an important retrospective. Max-Pol Fouchet ? poet, essayist, literary critic, radio personality and a pioneer of culture on television ? was a multifaceted man with a love for art that inspired him to write the catalogue raisonné for Wifredo Lam. He was an ardent cultural enthusiast with the gift of being able to talk to anyone. The list of hats worn by Max-Pol is long, but his greatest goal was to make culture available to all. In this documentary, Max-Pol captures the private side of Vieira in her home, or in her “shell” as he describes it, which she shared with her husband of 46 years, Arpad Szenes. The artist reveals herself through Fouchets questions, recalling her childhood in Portugal and the dream world that saved her from the solitude of her youth.
Painted in 1978, La ville, la nuit is a captivating landscape of vivid colours, squared perspectives and existential intensity by Maria Helena Vieira da Silva. This painting is part of a singular period for the artist: she received the French government's Grand Prix National des Arts in 1966, exhibited her abstract compositions at the Musée National d'Art Moderne in Paris in 1969-1970, at the Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris in 1977 and was named Chevalier de la Légion d'Honneur in 1979. This recognition can be explained by the combination of an accomplished mastery of perspective and a growing sensitivity to her favourite subject matter, urban landscapes: "I like," she says, "these linear landscapes that we find in big cities" (quoted in Jean Grenier, "Vieira da Silva", in L'œil, 1956, p.15).
In La ville, la nuit, horizontal and sinuous lines cross fields of greys and blues to evoke multiple horizons; the entire canvas is divided into rhythmic and luminous planes, creating the effect of landscapes superimposed ad infinitum, of myriads of skies reflected in myriads of glassy oceans. Discreet touches of yellows and blacks nestle into each section, like lights on or off or the windows of a city seen from afar. With no vanishing point, La ville, la nuit seems to move up, down and into the centre at the same time, leading the eye to wander relentlessly through each dynamic fragment of the canvas. There is no way in or out: our eye is held captive in this labyrinth, in this realm that stretches as far as the eye can see. For Vieira da Silva, getting lost in a labyrinth becomes a way to apprehend the fantastic complexity of the world. Vital, vibrant and complex, Vieira da Silva's La ville, la nuit is an irresistible invitation into her reality.

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