Piero Manzoni (1933-1963)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more
Piero Manzoni (1933-1963)

Achrome

Details
Piero Manzoni (1933-1963)
Achrome
cotons de laine carrés
40 x 30 cm.
Réalisé vers 1960.

cotton wool in squares
15 ¾ x 11 ¾ in.
Executed circa 1960.
Provenance
Galleria dell’Ariete, Milan
Sperone Westwater, New York
Collection privée, Europe
Vente anonyme, Christie's, Londres, 16 octobre 2015, lot 155
Gallerie dello Scudo, Vérone
Acquis auprès de celle-ci
Literature
G. Celant, Piero Manzoni. Catalogo generale, Genève-Milan, 2004, No. 735 (illustré p. 506).
M. Visser, Zero in NY, catalogue d’exposition, Sperone Westwater, New York, novembre-décembre 2008 (illustré).
Exhibited
Venise, Palazzo Querini Dubois (juin-octobre); Rome, Palazzo delle Esposizioni (janvier-avril), Minimalia. Da Giacomo Balla…, 1997-1998 (illustré au catalogue d’exposition p. 111).
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.

Brought to you by

Etienne Sallon
Etienne Sallon Specialist, Head of Evening Sale

Lot Essay

« Pourquoi ne pas vider ce réceptacle ? Pourquoi ne pas libérer cette surface ? Pourquoi ne pas chercher à découvrir le sens illimité de l’espace total, de la lumière pure et absolue ? »
- Piero Manzoni

Composée de douze carrés de coton blanc disposés en un treillis frémissant, la présente œuvre est issue de la série radicale Achromes qui a occupé Piero Manzoni de 1957 jusqu’à sa mort prématurée en 1963. Dépourvues de toute couleur, image et narration, ces œuvres ont innové dans la quête visant à libérer l’art de la représentation au cours de la période d’après-guerre, en brisant les frontières entre la peinture et la sculpture et en redéfinissant le plan pictural comme une entité autonome et autodéfinie. La présente œuvre appartient à un sous-groupe distinct d’Achromes datant de 1960, dont chaque pièce est composée de carrés de coton. Dans le prolongement de ses premières œuvres, réalisées en trempant des toiles dans du kaolin, Manzoni a commencé à expérimenter des matières banales et manufacturées qui, outre la ouate, comprenaient la fibre de verre, le feutre, des petits pains et le polystyrène. Dans chaque œuvre, la matière elle-même est dépouillée de tout contexte et de toute signification, existant comme une pure manifestation de texture, de forme et d’absence de couleur. Avec les Tagli de Lucio Fontana et les Superfici d’Enrico Castellani, ces œuvres auront un impact direct sur l’évolution du minimalisme au cours des années 1960, proposant une nouvelle existence objective pour l’art.

Peintre autodidacte, Manzoni a commencé sa carrière en réalisant des œuvres gestuelles et abstraites avant de commencer à remettre en question la nature et la finalité des formes d’art traditionnelles.Comme il l’écrit dans son essai « Free Dimension », publié en 1960 dans la revue Azimuth qu’il a fondée l’année précédente avec Castellani, son objectif est de rendre « une surface complètement blanche (intégralement incolore et neutre) bien au-delà de tout phénomène pictural ou de toute intervention étrangère à la valeur de la surface ». Un blanc qui n’est pas un paysage polaire, pas une matière en évolution ou une belle matière, pas une sensation ou un symbole ou quoi que ce soit d’autre : juste une surface blanche qui est simplement une surface blanche et rien d’autre (une surface incolore qui est simplement une surface incolore). Et mieux encore : une surface qui consiste simplement à être (être complet et devenir pur) » (P. Manzoni, « Free Dimension », Azimuth, n° 2, 1960, n.p.).

Les carre´s de coton de Manzoni suivent un autre sous-groupe d'Achromes, compose´ de carre´s de toile cousus de fac¸on similaire en grilles (composées d'un nombre variable de carrés). Il utilisera ensuite le coton, ainsi que d’autres fibres artificielles et naturelles, dans différentes compositions comprenant des rangées de boules froissées et des enchevêtrements chaotiques. En combinant une matière en apparence banale et utilitaire avec la rigueur de la grille - l’archétype moderniste par excellence - Manzoni annule effectivement les implications des deux. L’œuvre n’est ni fonctionnelle ni logique, elle n’est ni substance ni structure. Au lieu de cela, elle devient une entité indépendante qui existe en dehors des paramètres de la connaissance et de l’expérience humaines : une tabula rasa, voire un « point zéro ». En cela, la présente œuvre est l’expression de la quête ultime de Manzoni : « des images aussi absolues que possible, qui ne peuvent être appréciées pour ce qu’elles enregistrent, expliquent et expriment, mais uniquement pour ce qu’elles sont : l’être » (P. Manzoni, « For the Discovery of a Zone of Images », 1957, reproduit dans Piero Manzoni : Paintings, Reliefs & Objects, exh. cat. Tate Gallery, Londres 1974, p. 17).


Why shouldnt this receptacle be emptied? Why shouldnt this surface be freed? Why not seek to discover the unlimited meaning of total space, of pure and absolute light?
- Piero Manzoni

Consisting of twelve white cotton squares arranged into a quivering grid, the present work stems from the radical series of Achromes that occupied Piero Manzoni from 1957 until his untimely death in 1963. Drained of all colour, image and narrative, these works broke new ground in the quest to free art from representation during the post-war period, shattering the boundaries between painting and sculpture and reconceiving the picture plane as an autonomous, self-defining entity. The present work belongs to a distinct subgroup of Achromes created in 1960, each composed of cotton wool squares. Following on from his early works, created by dipping canvas in kaolin, Manzoni had begun to experiment with banal, manufactured substances thatalongside cotton woolincluded fibreglass, felt, bread rolls and polystyrene. In each, the material itself is stripped of all context and meaning, existing as a pure manifestation of texture, form and colourlessness. Along with Lucio Fontanas Tagli and Enrico Castellanis Superfici, these works would have a direct impact on the evolution of Minimalism during the 1960s, proposing a new, objective existence for art.

Entirely self-taught as a painter, Manzoni began his career making gestural, abstract works before starting to question the nature and purpose of traditional art forms. As he wrote in his 1960 essay Free Dimension, published in the magazine Azimuth that he founded the previous year with Castellani, his goal was to render a surface completely white (integrally colourless and neutral) far beyond any pictorial phenomenon or any intervention extraneous to the value of the surface. A white that is not a polar landscape, not a material in evolution or a beautiful material, not a sensation or a symbol or anything else: just a white surface that is simply a white surface and nothing else (a colourless surface that is just a colourless surface). Better than that: a surface that simply is: to be (to be complete and become pure) (P. Manzoni, Free Dimension’, Azimuth, no. 2, 1960, n.p.).

Manzonis cotton wool squares directly follow another subgroup of Achromes, composed of grids of squares canvas similarly stitched into grids of twelve. He would later go on to use cottonas well as other artificial and natural fibresin different formations that included rows of scrunched-up balls and chaotic tangles. By combining a seemingly quotidian, utilitarian substance with the rigour of the gridthe ultimate Modernist archetypeManzoni effectively cancels out the implications of both. The work is neither functional nor logical; it is neither substance nor structure. Instead, it becomes an independent entity that exists outside the parameters of human knowledge and experience: a tabula rasa, or a ground zero. In this, the present work exists as an expression of Manzonis ultimate quest: for images which are as absolute as possible, which cannot be valued for what they record, explain and express, but only for that which they are: to be (P. Manzoni, For the Discovery of a Zone of Images, 1957, reproduced in Piero Manzoni: Paintings, Reliefs & Objects, exh. cat. Tate Gallery, London 1974, p. 17).

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