JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT (ROUEN 1791-1824 PARIS)
JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT (ROUEN 1791-1824 PARIS)
JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT (ROUEN 1791-1824 PARIS)
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PROVENANT DE LA COLLECTION PARTICULIÈRE D'EUGÈNE DELACROIX (1798-1863)
JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT (ROUEN 1791-1824 PARIS)

Lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la Garde, dits polonais

Details
JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT (ROUEN 1791-1824 PARIS)
Lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la Garde, dits polonais
huile sur toile
46 x 38 cm (18 x 16 in.)
Provenance
Collection Eugène Delacroix (1798-1863), Paris, France ; son inventaire après-décès, 11 septembre 1863, n°232 (comme ‘I tableau représentant un lancier rouge et son cheval par Géricault’) ; sa vente, hôtel Drouot, Paris, (Mes Pillet & Lainné), 17-19 février 1864, lot 222 (comme ‘Lancier hollandais de la garde de l’Empereur, debout près de son cheval’).
Collection Wyat (selon le catalogue d’exposition de 1991-1992, op. cit. infra).
Collection du prince Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879), France.
Collection M. Laurent-Richard (1811-1886), France ; sa vente, hôtel Drouot, Paris, (Me Pillet), 7 avril 1873, lot 33 (comme ‘Lancier rouge de la garde impériale).
Collection Pierre-Eugène Secrétan (1836-1899), France ; sa vente, galerie Charles Sedelmeyer, Paris, (Mes Chevallier & Aulard), 1er-4 juillet 1889, lot 36 (comme ‘Un lancier’).
Collection Paul-Arthur Chéramy (1840-1914), France ; sa vente, galerie Georges Petit, Paris, (Me Lair-Dubreuil), 5-7 mai 1908, lot 55 (comme ‘Officier de lanciers (le Lancier rouge)’).
Collection Schoeller (selon le catalogue d’exposition de 1991-1992).
Collection du comte Jean André Hubert Pastré (1888-1960), France.
Collection du baron Robert Philippe Gustave de Rothschild (1880-1946), Paris, France.
Collection du baron Élie Robert de Rothschild (1917-2007), Paris, France ; puis par descendance à l'actuel propriétaire.
Literature
Anonyme, ‘Vente à l’hôtel Drouot’, Revue universelle des arts, 1864, XIX, p. 137, n°222 (comme ‘Lancier hollandais de la garde de l’Empereur, par Géricault’).
C. Clément, ‘Catalogue de l’œuvre de Géricault’, Gazette des beaux-arts, 1867, XXIII, p. 280, n°55 (comme ‘Lancier rouge de la garde impériale, debout près de son cheval’).
Anonyme, ‘Revue des ventes’, Journal des Arts, 5 juillet 1889, onzième année, 49, p. 3, n°36 (comme ‘Géricault. Un lancier’).
A. Michel, Les chefs-d’œuvre de l’art au XIXe siècle. L’École française de David à Delacroix, Paris, 1891 (comme ‘Le Lancier rouge, par Géricault’), reproduit en noir et blanc p. 63.
Anonyme, ‘Revue rétrospective des ventes’, Journal des Arts, 13 février 1897, dix-neuvième année, 10, p. 3, n°33 (comme ‘Géricault. Lancier rouge de la garde impériale’).
L. Rouart, ‘La collection de M. Chéramy’, Les Arts, avril 1907, 64, p. 20 (comme ‘Gericault - La lancier rouge’), reproduit en noir et blanc p. 27.
J. Meier-Graefe, E. Klossowski, La collection Chéramy. Catalogue raisonné précédé d’études sur les maîtres principaux de la collection, Munich, 1908, p. 76, n°98 (comme ‘Géricault (Jean-Louis-André-Théodore). Le lancier rouge de la garde impériale’).
Anonyme, ‘Art in France’, The Burlington Magazine for Connoisseurs, 1908, XIII, 63, p. 180 (comme ‘Lancier rouge’).
Anonyme, ‘Nos gravures hors texte, deux Géricault’, L’Illustration, 26 juin 1909, soixante-septième année, 3461 (comme ‘Gericault. Officier de lanciers’), reproduit en couleurs hors texte.
R. Bouyer, ‘Théodore Géricault, d’après l’exposition du centenaire de sa mort’, Le Figaro artistique, 8 mai 1924, 34, p. 4 (comme ‘Lancier rouge de la Garde impériale, debout près de son cheval’).
Anonyme, ‘Die Gericault-Ausstellung in Paris’, La revue rhénane, juillet 1924, quatrième année, 10, p. 597.
Peut-être P. Adry, ‘L’exposition Géricault’, L’Amour de l’art, mai 1937, dix-huitième année, V, p. 41 (comme ‘Mousquetaire rouge’) (selon le catalogue d’exposition de 1991-1992, op. cit. infra).
L. Eitner, ‘Géricault at Winterhur’, The Burlington Magazine, août 1954, XCVI, 617, p. 258 (comme ‘Lancer of the Guards’).
R. Lebel, ‘Géricault, ses ambitions monumentales et l’inspiration italienne’, L’Arte. Rivista di storia dell’arte, octobre-décembre 1960, cinquante-neuvième année, XXV, p. 338 (comme ‘Le lancier rouge’).
J. Leymarie, La peinture française. Le Dix-Neuvième Siècle, Genève, 1962, p. 62 (comme ‘Lancier rouge’).
R. Rey, ‘Géricault ou l’archange aboli‘, Les nouvelles littéraires, 12 novembre 1964, quarante-deuxième année, 1441 (?), p. 8 (comme ‘Lancier rouge’).
J. Fischer, ‘Géricault in French private collections‘, The Connoisseur, janvier 1965, CLVIII, 635, p. 52 (comme ‘Red Lancer’).
H. Bessis, ‘L’inventaire après décès d’Eugène Delacroix’, Bulletin de la société de l’histoire de l’art français, 1969, p. 216, n°232 (comme ‘I tableau représentant un lancier rouge et son cheval par Géricault’).
C. Clément, Géricault. Étude biographique et critique avec le catalogue raisonné de l’œuvre du maitre, Paris, 1973, p. 292, n°62 (comme ‘Lancier rouge de la garde impériale, debout près de son cheval’), p. 426, p. 450, n°62.
P. Grunchec, Tout l’œuvre peint de Gericault, Paris, 1978, p. 96, n°64 (comme ‘Lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la garde, dit aussi Lancier rouge de la garde impériale’), reproduit en noir et blanc p. 95, n°64.
E. L. Bucquoy, Les Uniformes du Premier Empire. La Garde impériale, Paris, 1977, reproduit en couleurs d’après l’original p. 141.
L. Eitner, Géricault. His life and work, Londres, 1983, p. 327-328, sous la note n°10 (comme ‘Lancer of the Imperial Guard Standing beside his Horse’).
G. Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, Paris, 1989, III, pp. 43-44, 46 et 168-169, n°782 (comme ‘lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la garde, dits Polonais’), reproduit en noir et blanc p. 168.
Exhibited
Rouen, musée des beaux-arts de Rouen, Millénaire Normand, 3 juin-11 juin 1911, n°29 (selon le catalogue d’exposition de 1991-1992, op. cit. infra).
Rouen, 1924, sans catalogue (selon le catalogue d’exposition de 1991-1992, op. cit. infra).
Paris, galerie Charpentier, Chevaux et cavaliers, 1948, n°61 (comme 'Le lancier rouge').
Winterthur, Kunstmuseum Winterthur, Théodore Géricault 1791-1824, 30 aout-8 novembre 1953, n°59 (comme ‘Lancier à cheval de la garde impériale debout près de son cheval’), reproduit en noir et blanc sur la brochure de l'exposition.
Paris, galerie Claude Aubry, Géricault dans les collections privées françaises, 6 novembre-7 décembre 1964, n°15 (comme ‘Lancier rouge de la garde impériale, près de son cheval).
Rome, Villa Médicis, Géricault, novembre 1979-janvier 1980, n°8 (comme 'Lancier rouge de la garde impériale').
Paris, galeries nationales du Grand Palais, Gericault, 10 octobre 1991-6 janvier 1992, n°40 (comme 'Lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la Garde, dits polonais').
Post lot text
JEAN-LOUIS ANDRÉ THÉODORE GERICAULT, LANCIER FROM THE 1ER RÉGIMENT DE CHEVAU-LÉGERS-LANCIERS DE LA GARDE, CALLED POLONAIS, OIL ON CANVAS

Passionate about horses from a young age, Théodore Gericault (1791-1824) joins Carle Vernet’s (1758-1836) studio in 1808, as Vernet was by then a well-established painter known for his equestrian and military scenes. He had been given the gion dhonneur by Napoléon I (1769-1821) for his painting Le matin de la bataille dAusterlitz (Versailles, musées des châteaux de Versailles et du Trianon, inv. MV 1550), exhibited in the 1808 Salon.
During that time, Gericault discovers, and assiduously copies, the Flemish and Italian pictures, notably Rubens (1577-1640) and Van Dyck (1599-1641), amassed by the emperor and displayed in the musée Napoléon. It is his taste for the material and sensual, developed through close study of these Flemish masters, that earns him the sobriquet ‘Rubens’ cook’ amongst his fellow students.
A precocious talent, Gericault quickly gains public and critical recognition for his military subjects. In 1812, aged 21, he receives the gold medal in the Salon for his Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant, currently in the Louvre (inv. INV 4885). Two years later, he exhibits Cuirassier blessé quittant le feu (Paris, musée du Louvre, inv. INV 4886) at the Salon.

Germain Bazin (1901-1990) dates our painting to the same period as the two aforementioned pictures. We can thus link our painting, stylistically, thematically and chronologically, to a series of pictures executed in the beginning of the 1810’s, which include Trompette du 2e regiment de chevau-léger-lanciers en tenue de gala (Glasgow, Glasgow Art Gallery and Museum, inv. 35⁄270) and the esquisse pour lOfficier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (Paris, musée du Louvre, inv. RF 210) (G. Bazin, op. cit., p. 44). These paintings elude easy classification; they are not portraits, genre scenes or history paintings. Whilst Gericault considered them unsuitable to be exhibited, Eitner reminds us that these compositions are too finished, through their meticulous execution, to be treated as simple studies (L. Eitner, Géricault. His life and work, p. 43).

The rigor and accuracy with which the uniform is rendered is a key feature of Gericault’s oeuvre and betrays the influence that Vernet, an active participant in the reforms of the Napoleonic army’s uniforms, had on his student. At the behest of the Bourcier commission, Vernet had realized a series of 244 gouaches representing an officer and soldier for every ‘armes’, or subdivision, of the Armée de Ligne, itself a subdivision of the Grande Armée (F. Lacaille, Uniformes Napoléoniens, Paris, 2001, p. 6). As with our painting, these gouaches contain no symbolic or anecdotal elements and place very little emphasis on the model, thus making the military uniform the focal point of the picture.

This precision in the representation of the uniform allows us to identify our soldier as belonging to the 1st regiment of chevau-léger-lancier of the Imperial guard. According to Bazin, his kurtka, the double breasted jacket adorned with aiguillettes on the left shoulder and an epaulette on the right shoulder- attributes of all the chevau-léger regiments- is in fact blue, but appears red as a result of the lapel being buttoned on the left (Bazin, op. cit., p. 168). It is this confusion as to the colour of the kurtka which has resulted in our model being erroneously referred to as the red lancer, a title reserved to the 2nd regiment of chevau-léger-lancier. Our soldier, who is not an officer, as he sometimes is described, is in campaign dress wearing dark blue trousers with a red piped trim (Bazin, op. cit., p. 46).

Our picture is not just historic documentation of Napoleon I’s armies, its distinguished provenance testifies also to its artistic merits : mentioned in the painter Eugène Delacroix’s (1798-1873) post-mortem inventory, it then enters the collection of prince Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879), son of the emperor (1808-1873), before becoming a part of the part of the prestigious Rothschild collection.

Brought to you by

Pierre Etienne
Pierre Etienne International Director, Deputy Chairman, Old Master Paintings

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Lot Essay

Passionné de chevaux dès son plus jeune âge, Théodore Gericault (1791-1824) entre dans l’atelier de Carle Vernet (1758-1836) en 1808, le talent du maître dans les représentations équestres et les scènes militaires étant alors bien établi. Carle Vernet avait en effet reçu la légion d’honneur de Napoléon 1er (1769-1821) pour son tableau Le matin de la bataille dAusterlitz exposé au Salon de 1808 (Versailles, musées des châteaux de Versailles et du Trianon, inv. MV 1550).
Pendant son apprentissage, Gericault pratique assidûment la copie des tableaux de maîtres rassemblés par l’empereur au musée Napoléon. Il y découvre la peinture italienne et flamande, notamment les œuvres de Rubens (1577-1640) et de van Dyck (1599-1641). C’est ainsi que son goût pour la matière et les étoffes se manifeste, affinité donnée à voir dans notre tableau, et qui lui vaut d’être surnommé le ‘cuisinier de Rubens’ par ses camarades d’atelier.
Talent précoce, Gericault est rapidement reconnu par la critique et le public pour ses tableaux à sujet militaire. Il reçoit, en 1812, à l’âge de 21 ans, la médaille d’or au Salon pour son Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant, conservé au musée du Louvre (inv. INV 4885). Deux ans plus tard, il présente au Salon le Cuirassier blessé quittant le feu (Paris, musée du Louvre, inv. INV 4886).

Germain Bazin (1901-1990) date notre tableau de la même période que ces deux œuvres. Nous pouvons ainsi rapprocher stylistiquement, thématiquement et chronologiquement Lancier du 1er régiment de chevau-légers-lanciers de la Garde, dits polonaise d’une série de tableaux du début des années 1810, dont la Trompette du 2e régiment de chevau-léger-lanciers en tenue de gala (Glasgow, Glasgow Art Gallery and Museum, inv. 35⁄270) et l’esquisse pour l’Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (Paris, musée du Louvre, inv. RF 210) (G. Bazin, op. cit., p. 44). Ces tableaux résistent à toute tentative de classification : ce ne sont ni des portraits, ni des scènes de genre, ni des tableaux d’histoire. Si Gericault les considéraient comme indignes d’être exposés, Eitner nous rappelle que ces compositions sont néanmoins trop abouties en termes de finesse d’exécution pour être considérées comme de simples études (L. Eitner, ricault. His life and work, p. 43).

La rigueur et le souci de précision que Gericault accorde aux uniformes caractérise en effet son œuvre, et témoigne de l’influence de son maître, Vernet, qui avait activement participé à la réforme des uniformes de la Grande Armée en 1812. Il avait alors été sollicité par la commission Bourcier afin de réaliser ‘un officier et un soldat de toutes les armes de l’armée de la ligne’, projet pour lequel nous comptons une série 244 gouaches (F. Lacaille, Uniformes Napoléoniens, Paris, 2001, p. 6). Tout comme dans notre tableau, c’est l’uniforme qui est mis en avant, au-delà de la mise en valeur du modèle ou de la représentation de détails symboliques ou anecdotiques.

Ceci nous permet d’identifier notre soldat comme appartenant au 1er régiment de chevau-léger-lanciers de la garde, dits polonais. D’après Bazin, sa kurtka, veste au boutonnage croisé et ornée d’une aiguillette sur l’épaule gauche et d’une épaulette sur l’épaule droite, attributs des chevau-légers de la Garde, est bleu roi, mais parait écarlate dû au revers rabattu et boutonné à gauche (Bazin, op. cit., p. 168). C’est cette confusion quant à la couleur de la kurtka qui valut à notre militaire le titre de lancier rouge, erroné car réservé au 2e régiment de chevau-léger-lanciers, dits hollandais, dont la kurtka est entièrement rouge. Notre soldat, qui n’est pas un officier comme il est parfois décrit, est en tenue de campagne, portant un pantalon bleu foncé au passepoil rouge (Bazin, op. cit., p. 46).

Témoignage historique des armées de Napoléon Ier, la provenance distinguée de notre tableau atteste également de sa valeur artistique : repris dans l’inventaire après-décès du peintre Eugène Delacroix (1798-1863), il passe ensuite entre les mains du prince Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879), fils de l’empereur (1808-1873) avant d’intégrer la prestigieuse collection Rothschild.

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