Lot Essay
Après une carrière internationale – notamment aux États-Unis (1946-1951), où il collabore avec Harper's Bazaar – et une longue présence dans la presse féminine française, dont Marie Claire, Tabard se retire de la vie professionnelle en 1966. Il poursuit néanmoins ses recherches plastiques, dont témoigne la série de cinq Compositions aux lunettes réalisée en 1970, dont les trois tirages de la collection Therond sont issus.
Maurice Tabard renoue ici avec l'impression en négatif, procédé qu'il pratique depuis au moins 1928. Une paire de lunettes, probablement les siennes, posée sur un tissu plié suffit à faire surgir une étrange forme dans laquelle on peut voir un masque ou un museau animal.
Les trois épreuves de cet ensemble déclinent par degrés les valeurs du négatif et celles inversées du positif. La multiplication du motif – lisible indifféremment dans un sens ou dans l'autre, de haut en bas comme de gauche à droite – renforce les thèmes du double et de l'inversion, constants dans l'œuvre de Tabard. L'utilisation inversée de mêmes prises de vue lui permet d'évoquer la transparence du négatif. La progression tonale donne à lire la série comme une méditation sur le procédé photographique lui-même, où l'image se révèle autant qu'elle se dérobe, entre noir et blanc, négatif et positif, ombre et lumière.
« S’il tient des surréalistes le sens du merveilleux et le goût de la trouvaille poétique, ses influences sont plus larges, qu’il mêle de l’héritage du Bauhaus, et plus particulièrement des recherches constructives de Moholy-Nagy et de son Malerei, Fotografie, Film, empreintes de la règle du nombre d’or. »
– Xavier Canonne, Directeur du Musée de la Photographie de Charleroi, 2002.
Following an international career, notably in the United States (1946-1951), where he collaborated with Harper’s Bazaar, and a long presence in the French women’s press, including Marie Claire, Maurice Tabard retired from professional life in 1966. He nevertheless continued his formal experiments, as evidenced by the series of five Compositions aux lunettes produced in 1970, from which the three prints in the Therond Collection are drawn.
Here, Maurice Tabard returned to negative printing, a process he had practiced since at least 1928. A pair of eyeglasses, probably his own, placed on a folded piece of fabric, is enough to conjure a strange form in which one can discern either a mask or an animal muzzle.
The three prints in this group explore, by degrees, the values of the negative image and the inverted values of the positive. The repetition of the motif, legible equally well in either direction, from top to bottom as from left to right, reinforces the themes of doubling and inversion that are constant throughout Tabard’s work. The reversed use of the same exposures allows him to evoke the transparency of the negative. The tonal progression invites the series to be read as a meditation on the photographic process itself, in which the image reveals itself even as it withdraws, between black and white, negative and positive, shadow and light.
“If he shares with the Surrealists a sense of the marvelous and a taste for poetic discovery, his influences are broader, combining that legacy with the heritage of the Bauhaus, and more particularly with the constructive investigations of Moholy-Nagy and his Malerei, Fotografie, Film, marked by the principle of the golden ratio.”
– Xavier Canonne, Director of the Musée de la Photographie de Charleroi, 2002.
Maurice Tabard renoue ici avec l'impression en négatif, procédé qu'il pratique depuis au moins 1928. Une paire de lunettes, probablement les siennes, posée sur un tissu plié suffit à faire surgir une étrange forme dans laquelle on peut voir un masque ou un museau animal.
Les trois épreuves de cet ensemble déclinent par degrés les valeurs du négatif et celles inversées du positif. La multiplication du motif – lisible indifféremment dans un sens ou dans l'autre, de haut en bas comme de gauche à droite – renforce les thèmes du double et de l'inversion, constants dans l'œuvre de Tabard. L'utilisation inversée de mêmes prises de vue lui permet d'évoquer la transparence du négatif. La progression tonale donne à lire la série comme une méditation sur le procédé photographique lui-même, où l'image se révèle autant qu'elle se dérobe, entre noir et blanc, négatif et positif, ombre et lumière.
« S’il tient des surréalistes le sens du merveilleux et le goût de la trouvaille poétique, ses influences sont plus larges, qu’il mêle de l’héritage du Bauhaus, et plus particulièrement des recherches constructives de Moholy-Nagy et de son Malerei, Fotografie, Film, empreintes de la règle du nombre d’or. »
– Xavier Canonne, Directeur du Musée de la Photographie de Charleroi, 2002.
Following an international career, notably in the United States (1946-1951), where he collaborated with Harper’s Bazaar, and a long presence in the French women’s press, including Marie Claire, Maurice Tabard retired from professional life in 1966. He nevertheless continued his formal experiments, as evidenced by the series of five Compositions aux lunettes produced in 1970, from which the three prints in the Therond Collection are drawn.
Here, Maurice Tabard returned to negative printing, a process he had practiced since at least 1928. A pair of eyeglasses, probably his own, placed on a folded piece of fabric, is enough to conjure a strange form in which one can discern either a mask or an animal muzzle.
The three prints in this group explore, by degrees, the values of the negative image and the inverted values of the positive. The repetition of the motif, legible equally well in either direction, from top to bottom as from left to right, reinforces the themes of doubling and inversion that are constant throughout Tabard’s work. The reversed use of the same exposures allows him to evoke the transparency of the negative. The tonal progression invites the series to be read as a meditation on the photographic process itself, in which the image reveals itself even as it withdraws, between black and white, negative and positive, shadow and light.
“If he shares with the Surrealists a sense of the marvelous and a taste for poetic discovery, his influences are broader, combining that legacy with the heritage of the Bauhaus, and more particularly with the constructive investigations of Moholy-Nagy and his Malerei, Fotografie, Film, marked by the principle of the golden ratio.”
– Xavier Canonne, Director of the Musée de la Photographie de Charleroi, 2002.
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