Isidore Choiselat (1815-1858) et Stanislas Ratel (1824-1904)
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Isidore Choiselat (1815-1858) et Stanislas Ratel (1824-1904)

Le rade de Toulon, 1845

Details
Isidore Choiselat (1815-1858) et Stanislas Ratel (1824-1904)
Le rade de Toulon, 1845
daguerréotype pleine plaque, monté sous verre
étiquette portant les mentions "FRANCOIS ADOLPHE CERTES/1805-1887/Toulon - Sept. 1845" (montage, verso)
image (vue) : 15 x 20.8 cm. (5 7⁄8 x 8 ¼ in.)
montage : 26 x 32 cm. (10 ¼ x 12 5⁄8 in.)

full-plate daguerreotype, mounted under glass
label bearing the following information "FRANCOIS ADOLPHE CERTES/1805-1887/Toulon - Sept. 1845" (mount, verso)
Provenance
Collection Roger Therond, Paris
Literature
G. Beaugé et M. Frizot, La photographie en Provence : 1839-1895 : culture photographique et société au XIXe siècle, J. Laffitte, Marseille, 1995, p. 20 (cette plaque)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Vers 1840, Charles-Isidore Choiselat et Stanislas Ratel, passionnés de chimie et d'alchimie, unissent leurs efforts autour du daguerréotype, réalisant ainsi les premières des vues d'architecture et de paysage. Ils perfectionnent le procédé, notamment avec la mise au point du bromoforme, une liqueur au brome qui réduit le temps de pose à deux secondes.

Entre 1841 et 1849, ils produisent un ensemble remarquable d'images au cours de leurs voyages dans le Midi de la France. Ils photographient notamment les arènes d'Arles et de Nîmes, Marseille, le port de Sète, le port et la rade de Toulon. Plusieurs de ces œuvres constituent aujourd'hui parmi l'un des plus anciens témoignages photographiques conservés de ces sites emblématiques.

Réalisée en 1845, la vue de la rade de Toulon revêt une importance particulière. Principal port militaire français en Méditerranée, Toulon incarne alors la puissance maritime nationale avant que la physionomie de sa rade soit profondément bouleversée. Le musée d'Orsay conserve un exceptionnel panorama composé de cinq daguerréotypes assemblés, considéré comme l'une des réalisations les plus ambitieuses de la première décennie de la photographie.

L'œuvre présentée ici correspond à une autre version de la vue centrale de ce célèbre panorama. On y retrouve toute la subtilité esthétique propre à Choiselat et Ratel : de délicates tonalités bleu acier, parfois légèrement violacées, animent la surface argentée de la plaque. Ces reflets lumineux, caractéristiques de leurs plus beaux daguerréotypes, confèrent au paysage une remarquable profondeur atmosphérique et traduisent avec sensibilité la lumière limpide de la Méditerranée.

Around 1840, Charles-Isidore Choiselat and Stanislas Ratel, both passionate about chemistry and alchemy, joined forces around the daguerreotype, producing some of the earliest photographic views of architecture and landscapes. They refined the process, notably through the development of bromoform, a bromine-based solution that reduced exposure times to just two seconds.

Between 1841 and 1849, they created a remarkable body of work during their travels through southern France. Among their subjects were the amphitheaters of Arles and Nîmes, Marseille, the port of Sète, and the harbor and roadstead of Toulon. Several of these works are now among the earliest surviving photographic records of these iconic sites.

Made in 1845, the view of the Toulon roadstead holds particular significance. As France’s principal military port on the Mediterranean, Toulon then embodied the nation’s maritime power before the appearance of its harbor was profoundly transformed. The Musée d’Orsay preserves an exceptional panorama composed of five assembled daguerreotypes, regarded as one of the most ambitious achievements of photography’s first decade.

The work presented here is another version of the central view from this celebrated panorama. It displays all the aesthetic subtlety characteristic of Choiselat and Ratel: delicate steel-blue tones, at times tinged with violet, animate the silvered surface of the plate. These luminous reflections, characteristic of their finest daguerreotypes, lend the landscape a remarkable atmospheric depth and sensitively convey the clear light of the Mediterranean.

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