André Giroux (1801-1879)
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Sans titre (Maisons de pierre), vers 1855

Details
André Giroux (1801-1879)
Sans titre (Maisons de pierre), vers 1855
épreuve sur papier salé, contrecollée sur support cartonné
image/feuille : 27.2 x 36.3 cm. (10 ¾ x 14 ¼ in.)
planche : 47.5 x 62.3 cm. (18 ¾ x 24 ½ in.)
salted paper print, mounted on card
Provenance
Collection Roger Therond, Paris
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 89 (reproduit au catalogue d'exposition p. 136-137 et p. 326)

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Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Peintre formé à l’académie des Beaux-Arts, lauréat du Grand prix de Rome de Paysage historique en 1825 et proche du cercle de Corot, André Giroux s’inscrit dans les premières années de la photographie sur papier. Fils d’ Alphonse Giroux, fabricant de la première chambre daguerréotype commercialisée, il pratique la photographie au cours des années 1850, portant un regard contemplatif sur une architecture rurale alors peu documentée. La mention honorable obtenue à l’Exposition universelle de 1855 consacre cette démarche : le critique Ernest Lacan y relève « l’effet extraordinaire de ces épreuves ».

Sous un ciel chargé, des masures aux toits de lauzes se serrent au bord d’un ruisseau. Maison de Pierre a probablement été photographiée dans les Cévennes, en Lozère ou dans l’Aveyron, régions que Giroux parcourt à plusieurs reprises, comme en témoignent ses vues présentées à la Société française de photographie en 1857 et en 1870.

Tirée sur papier salé a partir d’un calotype l’image révèle une approche profondément picturale du médium. L’épreuve offre une gamme de tonalités douces, dominée par des bruns et des gris chauds, les contours fondus par le négatif papier et le ciel constellé de nuages repris au pinceau composent une image dont la matière et les nuances portent l’empreinte du peintre.

L’œuvre s’inscrit ainsi dans une tradition où la photographie dialogue étroitement avec la peinture de paysage du XIXe siècle, notamment avec les scènes rurales de Jean-François Millet, tout en affirmant sa singularité : celle d’une image née du contact direct avec le réel, mais transfigurée par la matière, le temps et la lumière. Giroux fait ainsi de la photographie sur papier une véritable poésie visuelle, capable de rivaliser avec la peinture sans simplement l’imiter.

Sous un ciel chargé, des masures aux toits de lauzes se serrent au bord d’un ruisseau. Maison de Pierre a probablement été photographiée dans le Dauphiné, en Lozère ou dans l’Aveyron, régions que Giroux parcourt à plusieurs reprises, comme en témoignent ses vues présentées à la Société française de photographie en 1857 et en 1870.

Trained at the École des Beaux-Arts, winner of the Grand Prix de Rome for Historical Landscape in 1825 and closely associated with Corot’s circle, André Giroux was among the early practitioners of paper photography. The son of Alphonse Giroux, manufacturer of the first commercially marketed daguerreotype camera, he practiced photography during the 1850s, bringing a contemplative gaze to rural architecture that was then little documented. The honorable mention awarded to him at the 1855 Exposition Universelle recognized this endeavor: the critic Ernest Lacan noted “the extraordinary effect of these prints.”

Under a brooding sky, cottages roofed with stone slabs cluster along the edge of a stream. Maison de Pierre was probably photographed in the Cévennes, Lozère, or Aveyron, regions that Giroux traveled through on several occasions, as evidenced by the views he exhibited at the Société française de photographie in 1857 and 1870.

Printed as a salt print from a calotype negative, the image reveals a profoundly painterly approach to the medium. The print offers a range of soft tonalities dominated by browns and warm grays; contours softened by the paper negative and a cloud-filled sky heightened with brushwork combine to create an image whose materiality and subtle gradations bear the mark of the painter.

The work thus belongs to a tradition in which photography engages in a close dialogue with nineteenth-century landscape painting, particularly the rural scenes of Jean-François Millet, while at the same time asserting its own distinctive character: that of an image born from direct contact with reality yet transformed by materiality, time, and light. In this way, Giroux made paper photography a true visual poetry, capable of rivaling painting without merely imitating it.

Under a brooding sky, cottages roofed with stone slabs cluster along the edge of a stream. Maison de Pierre was probably photographed in the Dauphiné, Lozère, or Aveyron, regions that Giroux traveled through on several occasions, as evidenced by the views he exhibited at the Société française de photographie in 1857 and 1870.

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