Frédéric Flachéron (1813-1883)
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Vue de Rome, Palais du Quirinal, 1851

Details
Frédéric Flachéron (1813-1883)
Vue de Rome, Palais du Quirinal, 1851
épreuve sur papier salé, d'après un négatif papier, contrecollée sur support cartonné
signé et daté "F. Flachéron./1851" dans le négatif (image, recto)
image/feuille : 24.2 x 33.6 cm. (9 ½ x 13 ¼ in.)
montage : 28.2 x 39.4 cm. (11 1⁄8 x 15 ½ in.)

salted paper print, from a paper negative, mounted on card
signed and dated "F. Flachéron./1851" in the negative (image, recto)
Provenance
Rouillac, Vendôme, Photographies anciennes : Succession du Comte Frédéric de Flachéron, IIe partie, 4 juin 1987, lot 1/A.3
Collection Roger Therond, Paris (acquis lors de cette vente)
Literature
A. Cartier-Bresson, M. F. Bonetti et M. Maffiol, Éloge du négatif : les débuts de la photographie sur papier en Italie, 1846-1862, Paris Musées, Paris, 2010, p. 86
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 10 (reproduit au catalogue d'exposition p. 59 et p. 306)
Rome, Musée du Capitole (novembre-janvier), Paris, Maison européenne de la photographie (février-avril), Roma 1850 : Il Circolo dei pittori fotografi del Caffè Greco - Rome 1850 : Le Cercle des artistes photographes du Caffè Greco, 2003-2004, n° III. 7 (reproduit au catalogue d'exposition p. 120)

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Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Formé à l’École royale des Beaux-Arts, Frédéric Flachéron obtient en 1839 le deuxième Grand Prix de Rome en gravure de médailles. Installé peu après dans la capitale italienne, où sa belle-famille dirige un commerce de couleurs et de toiles place d’Espagne, il fréquente assidûment les milieux artistiques romains, et notamment la Villa Médicis. Dans les années 1850, auteur d’un procédé d’impression innovant, il joue un rôle de premier plan dans la naissance de l’école romaine de photographie, dont il devient la figure de proue. Aux côtés d’Alfred-Nicolas Normand, d’Eugène Constant, de James Anderson et de Giacomo Caneva, qui se retrouvent régulièrement au Caffè Greco pour échanger, il contribue à adapter le calotype aux conditions particulières de lumière et de climat de la Ville éternelle. Entre 1849 et 1853, Flachéron consacre l’essentiel de son activité à la photographie de la cité et de ses environs. À une époque où Rome demeure l’étape incontournable du « voyage en Italie », les monuments antiques et les grands édifices de la ville offrent aux photographes un terrain d’expérimentation privilégié. Héritier de sa formation artistique, Flachéron construit ses vues avec une attention particulière portée à l’architecture, à l’équilibre de la composition et aux effets de lumière, conférant à ses images une dimension sensible.
Cette vue de Rome de Flachéron évoque celle que Johann Georg von Dillis peignit depuis la Villa Malta. Le Quirinal, comme suspendu à l’horizon, se dessine dans la clarté du ciel romain, tandis que les tonalités chaudes du papier salé, enveloppent le paysage d’une douceur veloutée et en caressent délicatement les contours.Parmi les photographies les plus caractéristiques de cette période, elle traduit un regard où l’intérêt pour l’architecture et l’archéologie s’allie à une véritable recherche plastique. À travers ces vues, Flachéron contribue à définir un langage photographique propre à l’école romaine, au moment où le négatif sur papier participe à renouveler profondément la représentation du patrimoine italien.

Trained at the École Royale des Beaux-Arts, Frédéric Flachéron was awarded the Second Grand Prix de Rome for medal engraving in 1839. Soon afterward, he settled in the Italian capital, where his in-laws operated a business specializing in artists’ pigments and canvases on the Piazza di Spagna. There, he became closely involved with Rome’s artistic circles, particularly those centered around the Villa Medici.
During the 1850s, Flachéron, who had developed an innovative printing process of his own, played a leading role in the emergence of the Roman School of photography, of which he became a central figure. Alongside Alfred-Nicolas Normand, Eugène Constant, James Anderson, and Giacomo Caneva, who met regularly at the Caffè Greco to exchange ideas, he helped adapt the calotype process to the particular light and climatic conditions of the Eternal City.
Between 1849 and 1853, Flachéron devoted most of his activity to photographing Rome and its surroundings. At a time when Rome remained an essential destination on the Grand Tour, the city’s ancient monuments and major architectural landmarks provided photographers with an ideal field for experimentation. Drawing upon his artistic training, Flachéron composed his views with particular attention to architecture, compositional balance, and the effects of light, endowing his images with a distinctive sensitivity.
This view of Rome recalls the scene painted by Johann Georg von Dillis from the Villa Malta. The Quirinal, seemingly suspended on the horizon, emerges in the clarity of the Roman sky, while the warm tones of the salted paper print envelop the landscape in a velvety softness, delicately caressing its contours.
Among the most characteristic photographs of this period, the image reflects a vision in which an interest in architecture and archaeology is combined with a genuine search for aesthetic expression. Through works such as this, Flachéron helped define a photographic language unique to the Roman School at a moment when the paper negative was profoundly renewing the representation of Italy’s architectural heritage.

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